Tapage Culture

 

 

 

Fou, fou, fou, Tutu est un spectacle ébouriffant qui vient du sud de l’Europe et qui vous fait perdre le nord ! En 1 heure 20, vous vivez hors du temps,  emporté dans un autre monde, celui de la danse, évidemment, mais aussi de l’humour, du grotesque,  de la poésie grinçante et du rêve.

 

Tutu est un véritable show qui s’est déjà produit au Festival d’Avignon, en 2015 (  y remportant le prix du Public) ,  à Paris en 2017 ( à guichets fermés) . Il s’affiche actuellement  à Bobino, jusqu’au 14 janvier 2018. Pour le voir, il faut vite réserver, car le succès est là, et bien là ! Le public est enthousiaste, rieur, heureux.

 

 

Créée en 1994 à Barcelone par un chorégraphe français, Philippe Lafeuille, la Compagnie « Chicos Mambo« , composée de six danseurs masculins aux physiques complètement différents,  ne laisse de surprendre à chaque instant en arborant des costumes aussi  surprenants que possible, soit sous forme de gros poussins ventrus et fessus, soit avec d’ immenses ou de minuscules, tutus,  ou encore avec sur la tête de gros pompons muticolores  dominant les torses nus des artistes. Le comique est là, immédiat et on se laisse aller à suivre de bon coeur des parodies de shows télévisés, d’une interprétation exacerbée du Lac des Cygnes  ou des scènes allégoriques, les  garçons virevoltant en tous sens en faisant des pointes, ce qui n’est pas le moins surprenant, étant donnée la performance physique que cela suppose chez un homme…

 

 

Les chorégraphies, justement, exigent une perfection d’attitudes et de maintien qui déclenche l’admiration, alors même que le comique et le dérisoire des situations et des scènes, mais aussi les jeux de lumière entre  les couleurs et  les costumes nous entraînent dans un monde comique et halluciné, où toutes les conventions sont largement dépassées. Des effets spéciaux ont même été imaginés  par Philippe Lafeuille afin de faire voler et danser les corps dans l’espace avant qu’ils ne redescendent sur scène recevoir les bravos hystériques du public, enchanté par cet instant de grâce onirique.

Tutu, un spectacle familial grandiose et unique, à ne pas rater….

 

G.C.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A 86 ans, Michou publie sa première autobiographie, truculente en diable, « Prince bleu de Montmartre« , aux Editions du Cherche Midi, préfacée par Anny Duperey.

Michou est un homme modeste, et s’il se définit comme un prince dans le titre de son livre, il est plutôt considéré à Montmartre, où trône son célèbre cabaret, comme le roi de ce petit territoire! Pas de jour sans qu’il n’arpente en fin de journée les rues de son royaume en saluant de la main comme la reine d’Angleterre, le sourire habillé de dents éclatantes, son éternel habit bleu d’apparat rutilant sous les réverbères!

Il a d’ailleurs une chaise royale à son nom dans une brasserie de la rue des Abbesses, où il reçoit les hommages de son peuple d’amis et d’admirateurs venus des quatre coins de la France, sinon du monde. Oui, Michou, est considéré par les Français et par les touristes prêts à mille selfies comme un monument historique ( il s’amuse à se prétendre « monument hystérique! » ) de Paris!

Depuis 60 ans, il anime chaque soir en effet de façon unique son cabaret  » Chez Michou » où des artistes masculins, qu’il appelle ses Michettes, se produisent tour à tour avec un talent prodigieux en travestis, imitant à s’y tromper France Gall, Céline Dion, Edith Piaf, Brigitte Bardot, Line Renaud, Nana Mouskouri, Chantal Goya, Sylvie Vartan , Véronique Sanson, Marylin Monroe et tant d’autres…La phrase la plus entendue venant des clients qui se pressent à chaque spectacle est  » On dirait la vraie! C’est fou! « . Un compliment qui a valeur d’Oscar pour Michou. Surtout aujourd’hui pour le nouveau numéro d’un Stromaé époustouflant de vérité. Un chef d’oeuvre à découvrir absolument. Bluffant!

Ce qui enchante aussi notre Michou,   c’est d’avoir reçu non seulement la visite des véritables stars imitées, mais de tout le gratin de ces dix dernières décennies, qu’il soit du cinéma, comme hier Alice Sapritch ou Sophia Loren, et récemment Belmondo et Delon, de la littérature comme Françoise Sagan, mais encore Joséphine Baker, Diana Ross, Bette Midler. Sans oublier tant de ministres, d’hommes et femmes politiques et tous les Présidents de la République ( dont Jacques Chirac, avec une une Légion d’Honneur à la clef ) qui s’inclinent devant ce soldat connu de la nuit.

Les années passent, Michou se souvient avec bonheur de tout dans son livre et prépare avec précision son départ: un cercueil bleu, un caveau bleu, des hortensias bleus, les poulbots de Montmartre, et les invités portant du bleu. Une vraie fête à la Michou, qui n’a jamais cessé de voir la vie en …bleu !

G.C.

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Depuis le 16 octobre, et jusqu’au 14 janvier 2018, Le Centre Pompidou lance  une école ouverte à tous en offrant un MOOC d’art moderne et contemporain.

 

Un Mooc ( prononcer « mouc » ) , c’est un lien numérique qui offre des cours massifs et une formation à distance. Il est accessible à tous , comme celui que le Centre Pompidou propose gratuitement depuis quelques jours , pour une première session de trois mois. Ce projet qui a pour but de vulgariser l’art moderne et contemporain au plus grand nombre a été instauré par Jean-Max Colard,  responsable du Service de la Parole , de l’Ecole et du Mooc. Plus de 17.000 étudiants virtuels se sont déjà inscrits ! Il s’agit d’une pédagogie ouverte où les élèves peuvent visionner chez eux des vidéos d’experts, participer à des activités, échanger en direct avec des artistes et des professeurs,  et répondre à des quiz qui leur permettent en cas de réussite de recevoir sur leur écran un  badge, avec un diplôme d’attestation au bout de cinq.

Chacun peut aussi se rendre au Centre où des personnalités de l’art, que ce soit des plasticiens, des musiciens, des cinéastes, des photographes, des chercheurs et même des cuisiniers haut de gamme,   invitent les élèves à concevoir une oeuvre avec elles, à des conférences. Comme le fait l’immense et toujours époustouflante  plasticienne et photographe Sophie Calle ( actuellement aussi en exposition au Musée de la Chasse et la Nature , à Paris 3ème ), ou encore Vincent Ganivet, qui monte en direct et en équilibre instable une immense arche dans le hall de Pompidou grâce au soutien de dizaines d’élèves ou de personnes lambdas qui tiennent l’ensemble, les bras levés ! Très amusant ! C’est éphémère, mais cela rassemble un temps les énergies de tous. De l’art vivant !

 

Jean-Max Colard et Sophie Calle 

 

Les cours tournent autour de cinq gestes  qui illustrent la démarche de tout créateur  : reproduire, assembler, détruire, réduire et critiquer. Cette nouvelle école du Centre Pompidou se veut donc à la fois sérieuse , avec des cours clairs, précis et très accessibles dispatchés sur le site à travers cinq séquences de trois heures chacune,  que l’on peut suivre chez soi à son rythme, tranquillement, et ludique , avec donc des quiz à remporter , mais aussi en se rendant au Centre pour rencontrer nombre d’artistes et échanger avec eux, sinon même élaborer et finaliser un projet commun.

Pour vous inscrire, rendez-vous ici !

G.C.

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Jérôme Anthony, l’animateur vedette de M6, signe aux Editions Chêne un beau livre, L’Age d’or du Disco. Ce mouvement musical des années 80 est la passion de sa vie, alors qu’il était trop jeune pour l’avoir connu !

Originaire de Nancy, Jérôme Anthony est issu d’une famille de commerçants qui ont pignon sur rue près de la fameuse place Stanislas. Si sa maman a des velléités de devenir chanteuse, en se rendant régulièrement à Paris au Petit Conservatoire de Mireille, le petit garçon, lui, aime flâner chez le disquaire du coin, où il écoute gratuitement et sans grand enthousiasme dans une cabine les nouveautés de la chanson française, jusqu’au jour,  où, en 1978, il  découvre l’album de Starmania.

A dix ans, il se prend de passion pour Daniel Balavoine, Michel Berger, France Gall,  mais aussi pour Claude Francois et Elton John. Les jours et les mois passant, il comprend qu’ un nouveau son et un rythme différent  semblent envahir toute la production musicale française et internationale. La Disco est née ! Jérôme n’a pas l’âge d’aller en discothèque, alors il se dandine en rythme dans sa chambre, une brosse à cheveux dans la main comme micro, sur les tubes des Village People, de la Fièvre du Samedi Soir, de Donna Summer , de Karen Cheryl et de Dalida.  Et il rêve de porter des vêtements à paillettes!

 

 

Depuis, le petit Anthony est devenue une vedette de la télévision,  et d’autres  paillettes, celles de la célébrité, l’ont habillé de pied en cap! Il a pourtant toujours  gardé pour la Disco un amour inconditionnel et une grande nostalgie. C’est ce que l’on ressent au fil de son livre où se mêlent avec bonheur biographies et interviews exclusives des plus grandes stars de cette époque pour lui bénie, comme avec Amanda Lear, Cerrone,  » le pape » de ce mouvement musical, Patrick Juvet, Sheila, Patrick Hernandez, etc…  Des confidences de stars, des révélations, rien ne manque à ce livre qui se lit comme on écoute un CD. En rythme!

G.C.

 

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On aime bien placer les artistes dans des catégories, pas que les artistes d’ailleurs, les étiquettes, ça nous rassure. Bon, avec Mélanie de Biasio, la tâche s’annonce difficile.

L’envoûtante musicienne et chanteuse belge de 39 ans nous balade du blues au jazz, du trip hop à l’électro et réalise avec « Lilies » un album au sommet de son talent.

 

 

Le résultat est un album magnétique. On se retrouve comme suspendu aux lèvres de Mélanie de Biasio. Son phrasé est unique, sa voix feutrée peut se faire caresse ou orage.
Aérienne, elle vient se poser en toute délicatesse sur une mélodie où chaque silence et chaque respiration comptent.

Première écoute, j’interromps la musique, puis me regarde dans le miroir, mes pupilles sont complètement dilatées, je ne suis pas en train d’écouter un disque de jazz, je suis sous le coup d’un sortilège. Qui me fait osciller dans un courant ambivalent entre jardin d’Eden et rivages désolés.

Mélanie de Biasio se mue en prêtresse vaudou et étire ou rétrécit nos têtes à l’envi, tout comme ses notes qu’elle distend à l’infini, sans jamais les faire retomber. Elle les dilue dans le silence. Un silence qui ronge les morceaux et les magnifie, nous maintient en apesanteur tout au long de l’album comme si on était dans du coton.

Le disque commence très fort, avec en ouverture « Your Freedom is the end of me » (sous-titre “the arena of failed obsessions” = l’arène des obsessions déchues”), un morceau entre jazz et trip hop, où Mélanie, sous une apparence de douceur, témoigne de ses angoisses et affiche une sensibilité torturée, l’angoisse de perdre l’être aimé.

Le second morceau « Gold Junkies » , plus rythmé, est une réminiscence du planant morceau de 20 minutes « Blackened Cities », sorti en 2016.
Lillies montre une osmose parfaite avec le piano. Sa voix est poussière, sa voix est soupir. La note maintenue de piano grave fait l’effet d’un bourdonnement où la voix ose à peine se poser.
La note finale qui perdure met en lumière le contraste infime entre le silence et le chant.

Avec « Let me love you » , Mélanie exprime sa fureur dans l’amour. Elle l’avait fait avec la même énergie dans le puissant « I’m gonna leave you » de l’album No Deal en 2013. Une fureur sombre qui prend sa source dans la souffrance « Made of sorrows that follow me all the time ».

Suivent deux blues minimalistes, « Sitting in the stairwell » , dont le dénuement extrême rappelle dans l’émotion le blues des plantations.
Et le splendide « Brothers« , un blues ethéré, presque une prière.

Sa version d’ « Afro Blue » touche au sacré, et pourtant on en a connu des versions réussies, dont la très sensuelle interprétation d’Erykah Badu, mais là, l’émotion est profonde, proche et humide.

Puis, on imagine Mélanie traîner du côté de Bristol, qui a vu naître le trip hop à la fin des années 90. La fin de l’album se liquéfie dans une certaine ivresse des profondeurs, avec l’ambiance sous-marine d’ « All my worlds » et de « And my heart goes on » .

Cette fin n’en n’est pas une. Elle nous invite à suivre les longues notes à travers les montagnes d’octaves et dans les profondeurs océaniques.

Mélanie est une artiste rare dont le talent éclate aujourd’hui dans toute sa splendeur. Oui, elle a l’élégance d’une Nina Simone, et son jeu admirable sur les sons met en valeur la grâce de sa voix.
Elle règne sur un univers où les notes sont libres, de leur durée, de leur fréquence, et les instruments sont les piliers de son royaume.

* interview extraite du magazine Jazz News de septembre 2017

* pro tools est un logiciel de production musicale qui permet d’enregistrer sa musique sur différentes pistes et de la retravailler (mixage-effets-volumes).

 

 

Mylène Aroul

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