Tapage Culture

C’est sur la scène du Théâtre Lucernaire que ce « monument historique de la chanson » reprend vie, illuminé par les feux de la rampe, magnifiquement réincarné par une chanteuse inspirée, MTatiana, avec des textes en français, mais aussi sur-titrés en anglais pour un public international qui permet à cette scène d’afficher complet en cette période d’exode estival !

Edith Piaf, née selon la légende, qu’elle a elle même inventée, à même le pavé  d’une rue de Belleville, à Paris, en 1915, fait partie de notre patrimoine national. Qui n’a pas, même inconsciemment, un de ses célèbres refrains en tête?  Milord, La vie en rose, Ca sert à quoi l’amour, l’Hymne à l’amour, Je ne regrette rien, Ciel de Paris, Mon Dieu, et tant d’autres… C’est comme un héritage précieux laissé par nos grands parents et nos parents. Il est là, dans un tiroir de notre mémoire et Jacques Pessis, l’auteur de ce spectacle « I love Piaf » nous en redonne la clé. Et qui sait que  » La Môme« , comme l’appelait le Tout Paris qui l’adulait, a été aussi une immense vedette mondiale, notamment aux Etats-Unis qui, en un soir, au Versailles de New york, en avaient fait « leur star » et ne voulaient plus plus la lâcher?

 

 

Mais la chanteuse était avant tout une éternelle amoureuse, et ses amants anglo-saxons ( Marlon Brandon, dit on…) ne pouvaient pas lui faire oublier les français, comme Yves Montand, Paul Meurisse, Marcel Cerdan, Théo Sarapo, pour ne citer qu’eux !  On évoque même une certaine relation avec Marlène Dietrich, qui savait la charmer à Paris en lui chantonnant de sa voix rauque  » Ich bin von kopf bis fuss auf liebe einsgestellt » ( Je suis faite de la tête aux pieds pour l’amour) .

 

Edith Piaf et son mari Théo Sarapo 

Ce spectacle « I love Piaf« , qui a fait le tour du monde, et qui  aurait aussi bien pu s’intituler  » Piaf is love », a été écrit par Jacques Pessis avec justement un amour admiratif pour ce petit bout de femme née dans la misère, qui a connu en quarante sept ans d’existence une gloire phénoménale, enchaînant des tubes planétaires avec des refrains criant la solitude, la passion, la liberté d’aimer, la trahison, le désespoir, bref, tous les chemins de la Carte du Tendre.

 

MTatiana ( photo Michel Le Hô) 

Quelle chanteuse peut reprendre aujourd’hui son fameux répertoire sans nous choquer, tant la voix d’Edith a été unique ? C’est pourtant ce qu’arrive à faire Mtatiana qui a l’intelligence artistique de ne rien tenter pour la copier ni l’imiter. Elle ne se tord pas les mains comme le faisait la Môme avec les siennes, arthritiques. Elle ne porte pas la même petite robe noire avec une croix autour de son cou et elle n’arbore pas les mêmes petits cheveux courts, rares et frisés. Mtatiana est une jeune femme au corps explosif, à la beauté solaire, à la joie de vivre inhérente, et on imagine bien qu’elle n’a jamais mendié en chantant dans la rue, comme son aînée. Mais, grâce à son talent d’interprète, et au respect qu’elle affiche pour Piaf, non sans émotion et même avec des larmes sur les joues, on a l’impression qu’Edith est là, à côté d’elle, avec elle, et avec nous. Elle est ressuscitée !

 

 Patrice Maktav

Deux comédiens chanteurs et musiciens entourent Mtatiana dans une mise en scène de François Chouquet, dont l’accordéoniste sacré champion du monde en1999 Aurélien Noël, et Patrice Maktav, guitariste, chanteur, révélé par la Star Academy, confirmé dans plusieurs comédies musicales comme « Mozart, l’opéra Rock »  et « Le rouge et le noir »,  et acteur récurrent  dans « Plus belle la vie ». Patrice Maktav a une présence d’autant plus remarquable qu’il est censé incarner tous les amants d’Edith Piaf, c’est à dire de symboliser l’Amour ! Mesdames, il y arrive très bien !

 

Grégoire Colard

 

Théâtre du Lucernaire , 53 rue Notre Dame des Champs, Paris 6eme

Spectacle à 21 heures, en français et sur-titré en anglais.

 

 

 

 

 

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Nichée au coeur de la Butte Montmartre, la Villa Cadet est devenue jusqu’au 29 juillet la « Villa Extraordinaire », offrant ses dix pièces et son jardin-forêt d’un hectare, tout autant extraordinaire, au talent d’artistes contemporains et à la promenade émerveillée de tous.  

 

 

Qui sait que Montmartre, cette ancienne colline pauvre rattachée à Paris en 1860, autrefois lieu d’inspiration de tant de peintres, tels ToulouseLautrec, Suzanne Valadon, Géricault, Corot, Renoir, Degas, Pissaro, Van Gogh, etc…, et aujourd’hui devenu l’un des quartiers le plus recherché et le plus cher de la capitale, recèle précieusement nombre de jardins que des promoteurs immobiliers seraient avides de défricher pour y élever des immeubles de luxe ? Il y existe pourtant rue de l’Abreuvoir, place Dalida, une propriété, la Villa Cadet, qui, pour la première fois cette année, dévoile au public son hectare de forêt dont la canopée aveugle les yeux du voisinage ! Tout cela le temps d’une exposition artistique éphémère organisée par la Cité Internationale des Arts, qui a déjà une assise dans le Marais.

 

 

L’idée de cet évènement est d’inviter des artistes résidents, issus du monde entier, à installer leurs oeuvres soit dans la villa de trois étages, soit dans la verdure extérieure, suivant un patchwork d’inspirations totalement différentes les unes des autres. Du Street Art, des arts plastiques, une chambre de lumières conçue par Eric Michel, des assemblages métalliques, un tracteur tagué, une montgolfière, une jungle de salon ( photo d’ouverture ci-dessus) ) créée par le groupe musical Polo@Pan (produit par Raphaël  Hamburger) et un espace musical dans lequel les chaises ont grimpé aux murs et où des groupes viennent performer le soir. On trouve aussi dans cet espace contemporain nombre d’objets  du quotidien recyclés pour notre regard par le site Leboncoin !

 

 

A l’air libre, des chemins de terre, recelant çà et là des oeuvres diverses, percent la densité des arbres, découvrant des terrasses et des bars éphémères où sont servis de jus de gingembre et autres, des tartes à la cannelle, et où il fait bon s’effondrer dans des hamacs ou se prélasser sur des lits de piscines à baldaquins… Là, l’expression, « prendre du bon temps », est tout à fait appropriée. Pas un bruit, du soleil si on veut, de l’ombre si on préfère, le tout est est un havre de paix dans ce Montmartre envahi de touristes, dans ce Paris toujours pressé.

 

 

Si l’entrée est gratuite, le temps ici prend une valeur inestimable grâce à sa beauté intemporelle et à sa  richesse culturelle. Et à sa petite forêt…

 

 

Grégoire Colard 

 

La Villa Extraordinaire, 15 rue de l’Abreuvoir, Place Dalida, Paris 18eme .Jusqu’au 29 juillet.

Exposition: mardi et mercredi :11 à 22 heures/ jeudi à dimanche: jusqu’à minuit.

Accès jardin: de mardi au vendredi: 11h à 22 h / samedi et dimanche: jusqu’à 23 heures.

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Anny Duperey entame avec émotion une nouvelle carrière, celle de photographe, comme l’était son père, dont elle ose enfin exposer avec fierté des clichés enfouis dans un tiroir depuis sa disparition, en 1955 !

 

Du 14 juillet au 19 août, à Saint Hilaire-Lac, en Corrèze, se tiendra une double exposition de photos, l’une dans l’église, avec celles de Lucien Legras, le papa d’Anny, et dans le Carré du Fournil, un bâtiment tout juste restauré, les prises de vues de la belle comédienne.

Brume/ photo Anny Duperey 

« A la mort soudaine et dramatique de mes parents alors que je n’avais que huit ans et dont j’ai parlé dans mon livre « Le voile noir », j’ai été comme frappée d’amnésie, avec aucun souvenir de ma petite enfance ni d’eux. On m’a dit qu’ils étaient photographes, et, quand j’ai commencé au cours de ma vie à m’intéresser à la photo, apprendre à développer en chambre noire, à cadrer et à faire des tirages, j’ai pris cela comme juste un hobby personnel. Je n’avais aucune idée des oeuvres de mon père. Ni de son visage. C’était un inconnu, pour moi… Il a fallu des années pour je découvre ses traits sur papier glacé, et avec moi ».  

LUCIEN LEGRAS ET ANNY DUPEREY 

En effet, chez elle, dans un tiroir qu’elle n’osait jamais ouvrir, dormaient des classeurs dont elle savait bien qu’ils renfermaient la mémoire et l’âme de ses géniteurs. Mais, de la même façon qu’elle n’a jamais pu aller sur leur tombe, elle a laissé les années s’écouler, sa carrière de comédienne s’épanouir, ses amours l’entourer, ses enfants naître et grandir, l’écriture l’inspirer. La vie quoi ! Avancer !

Ginette, la maman d’Annie Duperey, qui n’en avait aucun souvenir/Photo Lucien  Legras

« Un soir, pourtant, avec ma soeur, nous avons ouvert une boîte, qui renfermaient des photos de paysages, belles, mais donc impersonnelles. Et ensuite, d’autres, des portraits que je ne pouvais pas identifier et, alors tremblantes, nous avons vite tout remis dans le tiroir. Pour des années encore. J’en parlai un  jour à un ami qui proposa de tout emporter chez lui et qui me fit part ensuite de son émerveillement, m’assurant de la qualité et de la beauté du travail de mon père. « C’est une oeuvre véritable ! ». Ainsi, peu à peu, j’ai pris la dimension de son talent et la connaissance de ce passé dont je n’avais aucune image dans ma tête, dont celle de mon père, mort à  30 ans. Et j’ai été saisie par la similitude incroyable entre certains sujets saisis par lui, comme des arbres émergeant de la brume, par exemple, et les miens ! J’avais aussi flashé sur un certain escalier en pierre. Comme lui ! Des années et des années après, sans le savoir! ». 

Photo Lucien Legras 

Aujourd’hui, après une carrière de comédienne récompensée par un César, 5 Molière, et deux Sept d’Or, un chemin d’écrivaine best-seller balisé de multiples prix, dont celui de l’Académie Française, pour L’admiroir,  Anny Duperey est aujourd’hui une artiste archi populaire, d’autant plus depuis 14 ans, avec la série cultissime « Une famille formidable« , dont elle tourne actuellement de nouveaux épisodes. Femme discrète, protégeant le plus possible sa vie privée et ses intimes, elle est aussi connue pour être généreuse de son temps, soutenant sans faillir des associations comme, entre autres, « Sos Papa« ,  » Sos Villages d’Enfants » et… »Les amis de Saint Hilaire-Lac », et élevant publiquement sa voix contre certains maux de la société, comme la violence conjugaleMais, cet été, ce sont des portraits et aussi une part de sa mémoire enfin reconstituée qu’elle va exposer, à côté des clichés pris par son père, dévoilant non sans émotion la liaison artistique et héréditaire entre leurs propres inspirations. Comme un air de famille. Une famille…formidable !

« Isabelle Adjani, 18 ans et un gros rhume des foins » / Photo Anny Duperey

 

Grégoire Colard 

 

Exposition du 14 juillet au 19 août. De 14 à 19 heures.

Eglise et Carré du Fournil/ Saint Hilaire-Lac/Corrèze.

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Pour ses vingt ans, Solidays, le festival organisé par Solidarité Sida, a rassemblé le week-end dernier à Longchamp 220.000 spectateurs. Un record.  

Avec l’aide de 3.000 bénévoles, une organisation d’enfer, des structures gigantesques pour accueillir nombre de groupes et de chanteurs, un village solidaire accueillant une centaine d’associations, une sécurité à la fois inflexible et discrète, Solidays propose chaque année une vraie fête musicale et des centres d’information sur les immenses prairies vertes de Longchamp, le long du Bois de Boulogne.

Le public, composé pratiquement uniquement de jeunes gens, sait parfaitement pourquoi il est présent, certes pour s’amuser, mais aussi pour soutenir des causes , s’investir, s’engager et aider. La cause est entendue et il est impressionnant de ne rencontrer que des milliers de visages aimables et souriants ! Il est vrai qu’avec ses 20 millions d’euros de bénéfices récoltés depuis sa création, Solidays a pu les reverser équitablement à différentes sources d’entraide.

« Je me dis qu’on a eu raison de faire confiance à la jeunesse pour changer le monde », assure Luc Barruet, le directeur fondateur de Solidays. « Sensibilisation de tous, engagement, soutien au tissu associatif, autant de satisfactions pour moi au fil de ces années. Le fléau est malheureusement loin d’être éradiqué, et a muté, mais la solidarité est là, toujours plus forte. Nous avons pu réduire quelque peu la détresse humaine face au virus. » 

 

 

Cette année, Brigitte Macron a tenu le premier jour à venir longuement témoigner de son intérêt, sans son mari, occupé ailleurs. Peut-être viendra-t-il l’année prochaine ? François Hollande, on s’en souvient, a été le seul président en exercice, en 2014, à faire acte de présence pendant quatre heures, ne cachant pas son plaisir d’être làne manquant pas non plus d’aller visiter non seulement le village solidaire mais aussi l’exposition érotique Happy Sex, de Zep, proche du pavillon « Sex in the City »!  Il n’avait en revanche pas essayé le préservatif à taille humaine !

 

 

La plus grande attraction de Solidays, dont Antoine de Caunes est le président d’honneur, est évidemment celle de la musique, propulsée sur d’immenses scènes érigées ça et là, avec des prestations artistiques de tous styles, dont cette fois-ci  celles de David Guetta  et de  Juliette Armanet, en passant par Eddy de Pretto, Jain, Nekfeu, Shaka Ponk, Big Flo et Oli, Amadou et Mariam, Feu! Chatterton, Iam, etc… sans oublier la découverte passionnante du  groupe électro, Polo & Pan, produit par Raphaël Hamburger, et qui compte déjà une dizaine de millions de vues sur les réseaux sociaux !

 

Polo & Pan 

 

Des moments émouvants aussi, avec notamment l’assemblage sur la pelouse  de dizaines de patchworks  confectionnés par des proches de disparus du SIDA;  avec l’apparition folle-dingue des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, un mouvement militant LGBT créé en 1979 à San Francisco, et avec les hommages rendus aux militants africains, asiatiques, maghrébins, du Moyen Orient, de France et d’Europe.

 

Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence

 

Pour ceux qui ont connu comme nous dans les années 90 la montée du SIDA, avec les premières actions d’Act Up, une association dont le seul but était d’alerter l’opinion, de dénoncer l’indifférence des laboratoires et de bousculer les esprits chagrins gouvernementaux et médiatiques, avec, entre autres,  des projections de  sang ( de la peinture rouge) sur des monuments ou des bâtiments administratifs, et en recouvrant l’Obélisque d’un préservatif géant, il est réconfortant de voir les nouvelles générations afficher en musique leur solidarité. Bravo Solidays !

 

 

Grégoire Colard 

 

Pour vous engager ou vous informer sur les actions de Solidarité Sida, c’est Ici !

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Mal, il est mal. Et il a mal, face aux sévices subis par tant de femmes battues. Et pourtant ce jeune chanteur qui a fait le tour du monde pendant dix ans en a vu de toutes les couleurs sur les cinq continents, que ce soit au niveau des différences de civilisation, de religion, et de respect humain.  

Son bilan, au retour de ses pérégrinations incessantes, est que la femme, quel que soit le pays, n’est jamais aussi respectée qu’elle devrait l’être. Que ce soit humainement, sexuellement, personnellement, et même physiquement. Et tout cela le révulse au plus haut point. Comment porter la main, taper, frapper, mutiler et même tuer celles qui sont les femmes, les mères, les filles et les soeurs de l’humanité?

 

Au Maroc/ Photo Mehdi Mounir

 

« Après une première carrière de chanteur à grand succès régional en Haute Savoie, tout autour de Genève  j’ai décidé à vingt ans de prendre un billet sans retour pour nowhere, au hasard, à savoir en Indonésie, pour aller à la rencontre du monde. Je suis passé d’un pays à l’autre, d’un continent au suivant. J’avais juste un sac sur mon dos,  je travaillais au jour le jour et je dormais chez l’habitant. Ou dehors.  Dans des tribus, parfois, qui n’avaient jamais vu un étranger. J’en ai vu, des choses ! Et tellement différentes.

Le point commun, c’est que les femmes restaient la plupart du temps les yeux baissés, n’avaient pas  le droit de me parler, de me répondre, ni même de me regarder. Elles étaient en totale soumission. Et j’ai dû me taire et regarder ailleurs, sous peine de représailles, quand l’une d’elles était frappée par un mari, un oncle, un père, un frère, un fils même ! Que dire? Que faire ? Cette violence, elle est, dans certains pays, banale, admise, voire recommandée ! C’est fou! 

Aujourd’hui que je suis revenu définitivement  en France, je suis anéanti quand je dois faire face à de tels drames dans mon propre pays. J’ai l’impression que je partage la douleur de toutes ces femmes rabaissées, battues, blessées, violentées, violées, handicapées et pour certaines, tuées.  Au jour le jour, je suis dans la révolte, totalement en empathie avec elles. »

Co-auteur du  texte de la chanson « Sales barbares » avec Véronique Seruch, elle-même grande victime, et  Grégoire Colard, David Bacci est un chanteur globe-trotter qui s’engage dans sa vision du monde, on l’aura compris, mais aussi dans celle de l’amour et du partage. Avec ses musiciens, il a, depuis son retour au pays, donné nombre de concerts, en France et à l’étranger, entonnant l’hymne à la vie et à l’espoir à travers ses chansons, ce qui peut paraître naïf, mais il a le courage d’affirmer que l’univers peut être meilleur. Un voeu pieux ? Il est persuadé que non et l’affirme à un public qui le suit avec ferveur et lui témoigne le besoin de son regard positif et solidaire.

 

David Bacci en concert humanitaire à la Bastille devant 60.000 personnes 

 

« Je ne me sens pas innocent, je fais partie de ce monde qui maltraite et rabaisse les femmes, mais je me sens responsable de la lumière qu’il faut porter sur tous ces drames qu’elles subissent et dont la société préfère trop souvent détourner les yeux. Chanter ? C’est une façon de propager la parole. Si on m’écoute, c’est peu, mais c’est déjà ça ! » 

Avec un clip tourné à Nîmes par une équipe dirigée par le réalisateur André Dalcan, avec deux jeunes comédiens, Sébastien Cascio et Pauline Nyrls, David Bacci a tenu à arborer physiquement les outrages que la jeune femme subit, la peau constellée de sang et de blessures, comme si c’était lui qui était frappé au plus profond de son intégrité. Comme si son coeur battait au rythme effréné de la jeune femme meurtrie et de toutes ses semblables. Comme si sa peau était la leur. Comme si leur douleur était la sienne.

 

 

Composée, écrite et enregistrée il y a un an, cette chanson,  » Sales barbares « , qui dénonce la brutalité des hommes, est malheureusement de plus en plus en d’actualité. Même si l’opinion, enfin sensible, commence à réagir.

 « Les choses semblent bouger, mais le chemin à faire est là, devant nous! Alors, en avant ! « 

Tristan

 

« Sales Barbares »:

Paroles David Bacci, Véronique Séruch, Grégoire Colard.

Musique:  Didier Hayat

Réalisateur: Jean-Luc Dettome

Réalisation André Dalcan.

Comédiens: Sébastien Cascio et Pauline Nyrls.

Maquilleuse: Mademoiselle Bulle.

 

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Hélène Arden, née à Marseille, est actrice, chanteuse et danseuse. Fan de Claude François, elle lui rend hommage dans un one woman show, « Clodette for ever ».  

Claude François, disparu en 1978, aurait fêté ses 80 ans le 1er février 2019 ! Lui qui avait si peur de vieillir et qui prenait tant de soin de lui, il n’aurait sûrement pas supporté de devoir affronter les outrages du temps. Dans le coeur de ses fans de toujours, et dans l’esprit du public multi-générationnel qui, jusqu’à aujourd’hui,  continue à danser et à faire la fête sur ses tubes comme s’il était toujours là, il n’a pas pris une ride. Une jeune artiste talentueuse, Hélène Arden,  lui rend hommage à travers  un spectacle,  ‘ »Clodette for ever« , qu’elle a écrit avec une plume caressant des souvenirs imaginaires avec lui.

 

Dès l’âge de 5 ans, Hélène a été éblouie par Cloclo, qu’elle voyait danser et chanter sur le petit écran de ses parents. Elle reprenait en choeur les paroles de ses chansons qu’elle connaissait sur le bout des lèvres et reprenait ses chorégraphies dans sa chambre en écoutant ses CDs dans son mange–disques . Elle était fascinée par les danseuses  qui entouraient son idole et affirmait à ses parents, amusés: « Un jour, plus tard, je ferai Clodette ! ». Déterminée, elle a obtenu d’eux de pouvoir prendre des cours de danse et de chant et à se produire dans des petits spectacles ici et là. Montée à Paris pour ses 20 ans, elle a enregistré un disque,  » Toi et moi« ,  avec Claude Engel, l’un des anciens musiciens de Michel Berger et à commencé à se produire régulièrement sur la scène du cabaret parisien Les Trois Maillets, où elle a plongé vocalement dans les répertoires de d’Edith Piaf, de Barbara, de Jacques Brel et de Patricia Kaas. Des reprises, certes , mais pas celles de son idole !

 

A la suite d’une rencontre inopinée avec Félix Bussy, ancien collaborateur artistique  d’Yves Montand, l’idole de son père,  elle lui confie son désir d’être non seulement chanteuse à part entière mais aussi comédienne, et se penche sur des biographies de l’interprète des « Feuilles mortes« . Elle  écrit un premier spectacle musical, «  Montand le French Lover« ,  dans lequel elle interprète la soeur présumée du chanteur, racontant les amours de celui-ci avec Edith Piaf et Marylin Monroe, dont elle interprète des titres, et avec Simone Signoret. Donné déjà plus de 200 fois, et actuellement au Théâtre Lucernaire, ce show original, soutenu par ses sous-titres en anglais pour le public international de cette star mondiale, remporte l’adhésion du public et celles de Carole Amiel, la dernière femme  d’Yves Montand et de leur fils Valentin…!

Photo Paul Evrard 

 

Mais si le succès a du bon, Hélène Arden est toujours taraudée par son rêve d’enfant, celui de danser et de chanter sur du Claude François! « Suivant le Principe de Peter, c’était devenu avec le temps une évidence! ». C’était maintenant ou jamais ! Je me suis remise à la barre, j’ai lu des biographies sur Claude, je suis allé visiter son Moulin de Dannemois, et je me suis dit qu’il aurait adoré mon côté enthousiaste et accepté ma démarche. Ce qu’a d’ailleurs fait son fils, Claude François Junior« .

 

Et voici Hélène Arden enfin devenue  Clodette !  Elle  danse, bien sûr, ressuscitant parfaitement les chorégraphies légendaires, mais entonnant aussi avec grand talent les tubes de son idole de toujours, narrant quelques anecdotes sur sa personnalité et sa vie, le tout dans un vrai spectacle de variétés, mis en scène par Valéry Rodriguez, qui aurait assurément plu à Cloclo, et qui ravit non seulement le public, mais aussi les fans qui ont elles vraiment connu le chanteur et aussi les vraies et anciennes Clodettes venant retrouver avec bonheur leur jeunesse extraordinaire …Donné récemment plusieurs fois au Théâtre Trévise, qui affichait complet, « Clodette for ever » va sillonner la France avant de revenir à Paris, le tout à des dates dont nous vous informerons au fur et à mesure…

 

Grégoire Colard 

Clodette for ever:   19 octobre Berre l’Etang/ 20 et 21 octobre Marseille/ 23, 24, 25 octobre Cugnaux, 16 décembre Viry Châtillon/  31 décembre Saint Quentin.

Montand le French Lover: du 17 juin au 19 août au Théâtre Lucernaire

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La princesse Hermine de Clermont-Tonnerre a toujours été exposée médiatiquement et mondainement   mais, depuis peu, ce sont ses créations artistiques, picturales et plasticiennes, qui prennent la pose devant l’oeil des collectionneurs…

 

  Hermine de Clermont-Tonnerre avec  son oeuvre, « Le bouc » et devant l’une de ses toiles. 

 

Issue de l’une des plus vieilles familles de France, cette princesse au titre pontifical est depuis toujours  l’une des reines de la jet set française et internationale,  au point de créer dans les années 90 une sorte de cercle de jeunes mondains, le « Club du Tonnerre« , qui réunissait des centaines d’aficionados bien nés,  avides d’être systématiquement invités à des soirées chics et chocs grâce à elle, avec toujours des  bénéfices et des dons  reversés à des associations, à des oeuvres humanitaires, sauvant entre autres nombre d’enfants.  Longtemps journaliste pour Gala et Point de vue, elle a aussi enchaîné quelques tournages de films,  été une styliste-égérie de Dior,  participé plusieurs années au fameux Rallye des Princesses, écrit plusieurs livres sur le thème cher à sa rivale amicale Nadine de Rothschild, à savoir  « comment se tenir en société » et  même participé à l’émission populaire « La Ferme Célébrités! ». Frivole, la princesse ? Non, épicurienne. Et joyeuse. Définitivement. Elle pioche le bonheur là où  il est, et surtout, sa passion, c’est de le transmettre, de le partager, avec ses enfants, son entourage, ses amis, mais aussi  tout ceux qui l’approchent, quand elle ne va pas elle-même au devant de ceux qui souffrent. Et c’est avec le public qu’elle veut aujourd’hui dialoguer avec humour et sérieux, à travers ses oeuvres, dont elle vient d’exposer certaines avec succès au dernier salon de l’Art Contemporain, au Carrousel du Louvre.

« Les vanités du 21 ème siècle » 

 

Son inspiration d’artiste aurait pu puiser dans son goût supposé immodéré pour les mondanités, mais, en fait elle se porte sur  le temps qui passe, sur la nature saccagée par l’homme, sur la temporalité des objets et de l’argent, sur la vanité de la société. Son travail  se définit donc comme conceptuel.

 

« La mer est une poubelle » 

 

Ce qui ne change pas, avec cette princesse créatrice, rock’n roll et incroyablement fantasque, c’est sa dérision  ravageuse, même quand il s’agit d’amour !

 

 

Avant sa toute prochaine exposition,  il est facile d’en savoir plus sur ses oeuvres en consultant son site: princessehermine.com. 

 

Grégoire Colard 

 

Exposition « Fin de chantier »: 30 rue des  Mathurins 75008// 6, 7 et 8 juillet 2018

 

 

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Lassaàd Metoui est un artiste peintre calligraphiste dont l’art et la manière s’inscrivent aujourd’hui sur les murs du Prado, du British Museum, de Beaubourg et aujourd’hui sur trois étages de l’Institut du Monde Arabe, avec notamment 135 oeuvres, dont certaines monumentales. Une reconnaissance qui invite à faire sa connaissance …

Initié dès sa prime jeunesse passée à Gabès, en Tunisie, à la calligraphie coranique ancestrale, Lassâd Metoui  a découvert en France, durant son adolescence, la peinture occidentale à travers les oeuvres de Picasso, de Matisse, de Delacroix, de Soulages, de Kandinsky et de Paul Klee.  Il y a retrouvé sa propre générosité naturelle et sa recherche de transmission d’un optimisme  universel. L’écrivain algérien Yasmina Khadra souligne son âme:

« Lassaàd est un généreux, un ermite fraternel, un trappeur de lumières, qui puise dans la pénombre de son atelier les prières d’un monde meilleur, c’est à dire un monde de partage et d’éblouissement. Enfant du Sahara, il porte en lui l’empreinte de l’éternité, le sceau de la sagesse et l’éloge de la charité humaine »

 

Lassaàd Metoui dans son atelier, à Nantes.

En tant que peintre, Lassaàd s’est beaucoup imprégné  des formes géométriques à la fois de Picasso mais aussi des anciens grands mathématiciens anciens, avec leurs dessins proches de la calligraphie, issus de leur culture arabe. Il y ajoute souvent des graphismes floraux avec des ronds de couleurs  le tout suggérant une notion poétique de parfums enivrants.

 

 

Travaillant sur du papier japonais et utilisant des encres asiatiques traditionnelles rares, Lassaàd aime aussi intégrer dans ses tableaux des collages ou des dessins aux motifs coraniques  anciens, tels qu’on peut les trouver sur des céramiques ou dans des tissus arabes traditionnels.

« Amour »: calligraphie classique et collage 

 

Lassaàd Metoui, dont l’écrivain David Foenkinos affirme que « son existence entière semble être une conversation entre le céleste et le terrestre« , et dont Jack Lang salue le talent fougueux, a participé aussi à l’illustration d’une quarantaine d’ouvrages, de Kkalil Gibran, Amélie Nothomb, Alain Rey, etc…  Il se livrera le 19 mai prochain, pendant la Nuit des Musées  à une performance publique au sein de l’Institut du Monde Arabe.

Grégoire Colard 

 

Le pinceau ivre: Lassaàd Metoui, jusqu’au 30 septembre 2018

À l’Institut du Monde Arabe

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Autrefois usine à deuil, le 104 est devenu un lieu de vie artistique incontournable au nord de Paris…

Quand on pénètre au 104, situé au 5 rue Curial, dans le 19éme arrondissement de Paris, la désorientation s’empare de votre esprit. Est-ce là une ancienne gare, de vieux entrepôts ou abattoirs ? Alors on visite ces  grands bâtiments en pierre de taille, comprenant en leurs seins des halles aux immenses plafonds élevés, des cours intérieures où le soleil s’alanguit, des coursives étroites où vous poursuivez un labyrinthe énigmatique et de larges plates formes où  s’entraînent à leur gré des musiciens, des mimes, des acrobates,  des danseurs de hip hop ou de salsa.

Tout est là, à votre disposition, si vous voulez vous prélasser sur une chaise longue, boire un verre, déjeuner, rêvasser, lire un livre que vous empruntez en l’échangeant contre l’un des vôtres, ou vous poser au coeur d’un groupe d’artistes. L’espace est  pour eux, pour vous, pour tout le monde. Un air de liberté est là, qui vous apaise et vous inspire.

 

L’une des halles 

 

Autrefois, ce lieu qui s’étend sur 220 m de long et 75 de large était depuis 1874 le siège du Service Municipal des Pompes Funèbres de Paris, connu comme une usine à deuil, avec ses convois, ses cercueils, ses chevaux harnachés de plumes noires, ses écussons, ses linceuls, ses cochers à hauts de forme. Depuis 2014, sous la houlette de la Ville de Paris, deux hommes, Robert Cantarella et Frédéric Isbach, ont fait de ce lieu funèbre un espace dédié à l’inspiration, à la performance, à la recherche artistique, quelle que soit sa forme.

 

Frank Herfort : soldats russes et rêve hawaïen. 

 

C’est ainsi que depuis quelques années s’y tient régulièrement,  au milieu de toute cette agitation créatrice,   « Circulations« , un festival de la jeune photographie européenne. La petite circulation, sans ticket d’entrée, vous permet d’évoluer dans les grands espaces afin d’estimer le travail de ces jeunes artistes, et la grande circulation , avec ticket d’entrée, de pénétrer dans les bâtiments où des centaines d’autres oeuvres sont accrochées.

Certaines sont simplement belles, d’autres étonnantes, voire déconcertantes et décalées,  recherchées, élaborées. Les sujets sont extrêmement divers, qu’ils soient politiques, sociaux, floraux, religieux, sexuels ou simplement esthétiques.  Chacun des  photographes exposés a droit à son propre regard sur le monde, sur son pays, sur sa vie,  qu’il soit personnel, familial, esthète, collégial ou citoyen.

 

Crestani Arthur

À chaque visiteur d’arpenter à sa guise, et de prendre son temps,  de s’arrêter, son bonheur étant alors de se figer devant telle ou telle photo, de noter le nom  de son capteur d’image. Et peut-être d’imaginer de saisir lui-même des clichés différents, improbables.

 

Frank Herfort 

 

Grégoire Colard 

 

Au Centquatre jusqu’au 6 mai. Exposition  » Circulations »

Le 104, 5 rue Curial, Paris 19éme.

 

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Le photographe Tony Frank n’a jamais été un paparazzo voleur d’images. Respecté et aimé des stars depuis les années 70, il était souvent invité par elles à s’immiscer dans leur intimité, comme chez Serge Gainsbourg,  au 5 bis rue de Verneuil. Un grand privilège…

Tony Frank a commencé sa carrière de photographe à 15 ans ( !) avec le magazine de jeunes  Salut les Copains, créé par Daniel Filippachi. Au fil des années, ayant le même âge que les vedettes yéyés de l’époque, il a su créer avec elles une proximité amicale grâce à sa bonhomie et sa jovialité naturelles. Impossible de résister à son sourire et de ne pas lui faire confiance. C’est ainsi qu’Eddy Mitchell, Véronique Sanson, Johnny Hallyday, Michel Berger, France Gall, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Nathalie Baye, mais aussi les Who et Bob Dylan, pour ne citer qu’eux, ont toujours apprécié son oeil d’artiste.  C’est lui qui  créa la fameuse affiche  de Michel Polnareff avec ses fesses nues, ou, par exemple, la pochette de Melody Nelson, avec Jane Birkin, illustrant cet album écrit par Serge Gainsbourg.

Tony Frank 

Ah, rue de Verneuil, entre Serge et Tony,  là, c’est l’histoire de toute une vie partagée, avec des fêtes, des bons mots, des repas et des bonnes bouteilles, des séances de travail, et des pauses  dans la quiétude  de cet antre aux murs noirs de la rue de Verneuil,  découvert par l’artiste avec Brigitte Bardot. Un habitat baroque  aux fenêtres toujours fermées, où Maître Serge alignait avec minutie dans un ordre que nulle spontanéité ne devait déranger, pas même celles de  ses enfants, des objets, des bibelots précieux et fétiches des tableaux, des stages, des poupées anciennes collectionnées par Jane.  Sans oublier des médailles, des diplômes,  des décorations, et des trophées qu’il remportait. Sa cuisine était tout aussi ordonnée. « La spécialité de Serge, raconte Tony Frank, était de mitonner des plats marinés et de concocter des cocktails,  comme le Gibson, avec la précision et la dextérité d’un barman professionnel ! ». 

 

Photo Tony Frank 

Tony Frank a eu l’insigne honneur pendant des années de pouvoir prendre des photos de ce décor dont Serge Gainsbourg était si fier et dont il rapporte aujourd’hui les propos rieurs :  » Voilà, c’est chez moi. Je ne sais pas ce que c’est : un sitting room, une salle de musique, un bordel, un musée…Je ne sais pas ce qui est le plus précieux ici. Si ce sont les objets ou moi ! Qui est hors de prix ? Je pense que c’est moi ! « .  

 

Photo Tony Frank 

Le photographe a aussi immortalisé les innombrables graffitis d’admiration qui avaient complètement envahi le mur extérieur comme, déjà, une expression spontanée de street art et qui perdurent encore aujourd’hui, sans cesse recouverts par d’autres. Selon Tony Frank, Serge était ému et amusé de ce lien direct avec ses fans anonymes et repérait immédiatement  les nouveaux messages du jour .  » Ma maison est célèbre!… ».

 

Charlotte et Serge Gainsbourg/Photo Tony Frank

 

Aujourd’hui, la maison, devenue un monument artistique secret de Paris,  que Charlotte Gainsbourg rêve toujours d’en faire un musée, espérant être officiellement aidée pour cela, est restée telle quelle après la mort de Serge, en 1991, offrant pour les seuls murs noirs les trésors de toute une vie. Des trésors que Tony Frank a sublimé par ses clichés, que l’on peut détailler et admirer dans son livre et dans une exposition éclectique à la Galerie de l’Instant qui permet d’être virtuellement invité chez Gainsbourg

 

Grégoire Colard

 

 

 

 

 

 

 

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