Tapage Culture

Michel Drucker a aujourd’hui 76 ans et être en aussi bonne santé est pour lui une source d’inquiétude permanente. Un contresens! Une aberration!

On le dit hypocondriaque, mais ce n’est pas le bon mot, car un hypocondriaque est un malade imaginaire. Ce qui inquiète Michel Drucker, c’est d’avoir la forme!  Il fait du vélo, on le sait, du sport à domicile , il n’a aucun symptôme de quoi que ce soit , mais pour lui, ce n’est pas normal. Il y a forcément un vice, un virus, quelque part. Alors, il lui faut consulter tous les grands spécialistes de son entourage, qui lui expliquent que, désolés, il n’a rien de rien, ce qui ne rassure pas ce patient -qui ne l’est pas!- qui retourne les voir dès qu’il le peut, toujours aussi incrédule.

Alors, Michel se surveille, se tâte, se palpe , fait attention. Déjà , il se pèse deux fois par jour, parfois trois, suit un régime draconien, dont il publie dans cet ouvrage le menu de tous ses repas de la semaine, ne fume pas, ne boit pas , s’endort avant minuit, et se demande s’il ne va pas se faire injecter, comme le lui avait confié Claude François, un anti vieillissement à base de testicules de taureau de Roumanie!

Sa plus grande peur a été récemment celle d’être viré de la télévision. Il n’en est pas passé loin. Lui, le fauve apparemment invincible, il en a véritablement tremblé, la sueur au front, face aux grands pontes de sa direction. Pour lui, on le mettait à mort. Alors, il a réagi, rugi publiquement, remportant finalement de nouveaux contrats. « Mon rêve, mon idéal, est de déclencher plus tard la mode « Vieille », avec par exemple non plus l’élection des Miss France, mais des Miss Centenaires! Oui, je me vois centenaire sur un plateau de télévision. Pour le moment, finalement, je suis encore beaucoup trop jeune!!!! ».

Un livre étonnant, d’une franchise déconcertante.

Grégoire Colard

Michel Drucker: Il faut du temps pour rester jeune. Editions Robert Laffont/ 21,50 euros

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Il existe des artistes phénomèmaux, qui ont tous les talents, qui enchantent les publics de tous âges
et de toutes origines et qui ont tout pour devenir des stars. Il faut juste aller les voir!

Jovany, qui va fêter ses 3O ans en 2019, est né sur scène. Ou presque! C’est en effet un enfant de la balle, dans la mesure où son grand père enchantait des salles combles avec sa verve de bonimenteur et de saltimbanque. Le petit garçon a repris son flambeau et mène depuis dix ans une carrière de clown, comique, chanteur, acteur, musicien, moqueur, vanneur, danseur et performer. Une carrière qui lui déjà rapporté plus d’une vingtaine de récompenses, dont, en 2017, le prix de l’humour Raymond Devos. Ce n’est pas rien!

Sur scène, ce garçon est un fou furieux qui saute, qui tombe, qui remplit la scène à lui tout seul. Il est a droite, à gauche, fonce dans la salle, revient en hurlant. Il déforme son visage comme le ferait Jim Carrey, dont il pourrait être aussi son digne héritier. Il chante à côté de la plaque, s’effondre dans un fauteuil, se relève pour jouer de la guitare qu’il menace de fracasser, se saisit à tour de rôle d’une dizaine de clochettes avec lesquelles il joue avec talent un air presque symphonique ( un numéro qui l’avait fait remarquer dans « La France a un incroyable talent ») et hop, il est reparti pour d’autres facéties clownesques. Son débit de paroles est absolument ahurissant et on reste étourdi face à une telle succession de performances diverses. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec Jovany , on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le temps qu’on applaudisse l’une de ses performances, il est déjà passé à une autre, aussi irrésistible, sinon plus!


Jovany, qu’on a pu voir en tant qu’acteur dans « Missing », sur la BBC et dans « Credo », en Allemagne, est un artiste vraiment difficile à décrire, mais un artiste complet, qui veut distraire et faire rêver les gens. Pari réussi!

Grégoire Colard

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Entretien avec Thomas Chaumette qui nous présente le 18 Paris, son bel hôtel, situé 41 rue Letort, dans le 18 ème arrondissement de Paris , récipiendaire du Laurier d’Or 2018 décerné par la Fédération Internationale du Tourisme. De nombreuses figures du monde artistique sont venues fêter cet évènement…

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Il y a des jours comme ça où vous allez sans grand enthousiasme à un concert où se produisent plusieurs artistes ou groupes encore inconnus, et là, le choc ! C’est ce qui est arrivé pour Tapage Culture, invité au O’Sullivan de la Place Pigalle, où le groupe Flavie et les Garçons, en quelques sept ou huit titres en français et en anglais a déchaîné un public qui ne le connaissait pas. Une vraie révélation, à suivre de près ! Nous avons rencontré la chanteuse…

Flavie et deux de ses trois Garçons sur la scène du O’Sullivan

« Flavie, on vous découvre sur scène, mais qui êtes vous ?

Flavie:  Je suis quelqu’un de passionné par la musique. J’ai dix-neuf ans, et je chante depuis ma plus tendre enfance. Je pense musique, je respire musique, et même si je poursuis des études de droit pour rassurer mes parents et leur faire plaisir, je ne me vois pas faire autre chose que de la musique ! Cela dit, le droit ne me sera pas peut-être pas inutile dans ce métier où j’aurai, on ne sait jamais, à discuter de milliers de contrats (rire)! On peut toujours rêver!

-D’où vient cette passion ?

Flavie: Toute petite, j’ai eu à subir le divorce de mes parents, la maladie de ma tante et c’est à travers les chansons de Christophe Maé que j’adorais, que j’arrivais à extérioriser mon mal être, en changeant souvent les paroles de ses textes, pour  y inclure mes mots à moi! Serge Gainsbourg aussi m’a influencée, surtout quand il affirmé un jour  » Je dérange, mais je le sais « .  J’ai compris que j’étais une petite fille qui dérangeait aussi, mais cela m’a déterminée jusqu’à maintenant . Je sais où je vais. 

-Et où allez vous ?

Flavie : Je vais à la rencontre du public, je veux faire de la scène, encore et encore, avec mes trois Garçons, des musiciens que je connais depuis plusieurs années. Je me suis produite à 13 ans pour la première fois en public à la Fête de la Musique. A 15 ans, j’ai commencé à enregistrer des titres avec eux, et aujourd’hui nous avons un premier CD. 

Vous écrivez vos textes et vous composez?

Flavie: Pour le moment, je ne joue d’aucun instrument, mais quand j’écris mes textes dont certains avec Alain Morel, écrivain et journaliste,  j’ai déjà une idée de ce que ce pourraient être le rythme, en général pop rock,  et le style de la future chanson. Ce que je dis dans mes titres, c’est souvent assez personnel, car j’ai subi des troubles émotionnels et physiques durant mon adolescence, à cause des émois familiaux, donc, mais aussi à la suite de harcèlement sexuels et d’une tentative de viol. Aujourd’hui, je suis devenue forte, sensible au mouvement Me Too , et ma dernière chanson « Ne me touche pas « , avec le clip qui vient d’être réalisé et qui est sur U Tube, est le reflet  de ma détermination à m’affirmer en tant que femme, chanteuse et en tant que personne solidaire, à l’écoute des autres.

Pour vous, la chanson est une arme ?

Flavie:  Grâce à elle, je me solidifie pour combattre. Là, je reviens de Mongolie où j’ai pratiqué un voyage équitable en traversant la steppe, en parlant et chantant avec les gens, en partageant leur quotidien. L’été prochain, j’irai à Madagascar pour aider des enfants à travers une association, « Nosy Komba ». Je suis très sensible à l’actualité du monde, qui me révolte et me met dans une rage folle. La chanson est un vecteur pour aller à la rencontre des autres et, si possible, les aider.   

Quels sont vos modèles artistiques?

Flavie: Ce sont presque toujours des femmes fortes (rire)! Comme Lady Gaga, Adèle. Et même Amy Winehouse.  Chez les garçons, Stromae. 

 

Physiquement, vous ressemblez à Lady Gaga dans A star is Born !

Flavie: Ah oui? Je prends cela comme un compliment! Merci! Le moins que l’on puisse  dire, c’est que c’est quelqu’un qui ose ! Sa carrière de chanteuse, et maintenant de comédienne, est hallucinante. Elle peut m’inspirer, en toute modestie, mais ce qui est sûr, c’est que je suis quelqu’un de déterminé! Je vis et j’irai en tous cas au bout de moi-même. Et vers les autres. Et vers l’amour. C’est déjà ça! Non? 

 

 

Grégoire Colard

 

Flavie et les Garçons, en concert le 12 janvier au Flow/ 4 Port des Invalides Paris 7eme/ 01 44 05 39 50

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

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On peut se dire: « Encore un livre  sur Johnny!!! ». C’est vrai qu’actuellement il en sort au moins un, sinon plus, par semaine. Et trop, c’est trop. Sauf que celui-ci s’affranchit des ragots actuels et des rumeurs nauséabondes pour illustrer de façon abécédaire, à travers des textes brillants et dignes du journaliste Alain Morel et des photos de Patrick Carpentier, dont beaucoup inédites, toutes les facettes de la légende de l’artiste et du quotidien de l’homme.

Dans ce livre très exhaustif de 160 pages, il est facile de s’y retrouver car les chapitres se retrouvent grâce aux 26 lettres de l’alphabet, suivant l’urgence de votre intérêt: A comme amours, C pour cinéma, H comme Harley, M pour motos ,T pour Tatouages, V pour voitures ou  Vegas, etc….D’autres sont plus inattendues, comme le F, qui annonce des Facéties! Oui, Johnny adorait faire des farces à son entourage, à ses amis, comme Michel Drucker qu’il appelait pour rien plusieurs fois la nuit, juste pour  lui demander s’il dormait bien!  « J’ai toujours fait mon métier sérieusement, mais après le salut final, dès qu’on me laisse oisif, je déconne « confia t’il à  Alain Morel, alors grand reporter au Parisien, qui l’a suivi durant de très longues années. Et l’on découvre que c’est surtout avec Jean-Paul Belmondo qu’il a le plus vécu comme un  fou. Celui-ci raconte: »Avec Johnny, nous avons fait les 400 coups et même les 400 cents coups de poing ! On partageait le goût du danger, et un appétit pour le plaisir assez insatiable!« .

Beaucoup de confidences accordées à Alain Morel au fil de toutes ces années définissent mieux le séducteur que Johnny a pu être: »Je n’ai pas de type de femme, encore que, de Catherine Deneuve à Sylvie, en passant par Nathalie et, maintenant, Laeticia, il doit bien y avoir un petit côté BCBG qui m’attire fortement, avec des idées saines dans la tête, mais l’oeil disons…malicieux!« . Par contre, l’homme qu’il était a toujours été loin d’être séduit par les Guignols de l’Info, sur Canal plus, dont la poupée à son effigie mais au nez gigantesque ( qu’il a coupé un jour  avec une paire de ciseaux en direct sur le plateau! ) professait des textes débiles qui le faisaient passer pour un sombre crétin et que la France entière reprenait en riant « Ah que coucou ! ». D’autant plus que Laura, sa fille en souffrait affreusement à l’école, harcelée par les moqueries de toutes les élèves. Et ça, ce n’était pas supportable pour Johnny.

Dans ce livre, tous les clichés sont de Patrick Carpentier, photographe de la star pendant près de quarante ans ( dont plus de 20 ans officiellement) et refont surgir un Johnny intime, avec sa famille, ses femmes de coeur, ses enfants, ses amis, ses maisons, mais aussi le show man avec ses guitares, ses musiciens, ses looks, ses fans et bien sûr sur scène, ce qui n’est pas chose aisée et même tout un art quand il faut se jouer des lumières stromboscopiques, des projecteurs, des lasers et des nuages de fumigènes ! Le résultat est là, avec plus de 300 photos, dont beaucoup jamais vues, illustrant la vie et l’âme de notre Johnny national. De A à Z !

Grégoire Colard 

 

Inoubliable Johnny Hallyday, de A à Z.  /Editions l’Archipel/ 18 euros

Photos de luxe de Johnny, signées et numérotées sur www.patrickcarpentier.fr 

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Charleville-Mezières serait-elle  la cité couveuse d’insubordonnés ? Arthur Rimbaud y est né, comme Jérémy Ferrari, et chacun d’eux a quitté à dix-sept ans sa ville natale, le premier pour mettre le feu à la poésie traditionnelle qu’il trouvait trop ampoulée, le second à l’humour actuel qu’il juge sage et formaté.

En effet, à 33 ans, Jérémy Ferrari, sur scène, n’a peur de rien ! Devant les milliers de spectateurs qui remplissent tous les Zénith de France, et aussi de très grandes salles en Belgique, en Suisse, au Québec et même récemment aux Etats Unis, il balance son humour ravageur sur les défauts et les méfaits de notre société. Dans son dernier spectacle « Vends 2 pièces à Beyrouth« , qui été acclamé par plus de 300.000 spectateurs, le hissant aux toutes premières places des humoristes les plus populaires de France, il n’hésite pas à incarner les terroristes et les spectateurs du Bataclan et à dénoncer les dérives budgétaires de certaines associations caritatives. Ferrari est un bulldozer qui aime écraser toutes les idées reçues, et s’il le fait volontairement de façon clownesque, c’est pour mieux nous convaincre de sa lucidité.  Notre rire irrésistible est une acceptation de ce qu’il ose dire et que nous n’aurions jamais osé formuler.

Alors, Jérémy Ferrari dérange nos médias, que ce soit la télévision ou la radio. Il n’est pas blackisté, non, mais il n’est pas invité, ce qui revient au même. Ce n’est pas un bon « client »,  un béni-oui-oui ! En 2016, il s’est d’ailleurs fait remarquer sur le plateau de « On n’est pas couché », reprochant au premier ministre d’alors, Manuel Valls, la récupération politique des récents attentats. Cela n’a pas plus aux instances dirigeantes….Pourtant, Ferrari  n’est pas un anarchiste va-t-en guerre  ! C’est juste et surtout un homme qui affirme ce qui le révolte avec force et drôlerie, comme le faisaient à leur manière Guy Bedos, Desproges et Raymond Devos

Pourtant, samedi prochain, le 24 novembre prochain, la chaîne C8 va lui consacrer une soirée spéciale, en diffusant à 21h la captation de son spectacle donné au Zénith de Lille, et, à 23h30 « Emporté par fougue« , un magnifique reportage, réalisé par Thierry Colby, qui l’a suivi pendant un an à travers ses pérégrinations scéniques. Pour l’avoir vu, TapageCulture peut vous assurer que ce document est un évènement car on y découvre au quotidien un Jérémy Ferrari attachant, humain, sensible, presque timide, mais qui ne baisse jamais les yeux face à vous ou au spectacle du monde actuel…

Grégoire Colard

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Révélé  en 2018  par l’émission emblématique The Voice, Frédéric Longbois est un chanteur à part, étonnant, extravagant, dans la lignée des comiques troupiers et même de Chantal Goya, dont il a d’ailleurs repris « Bécassine » dans l’émission, faisant exploser l’Audimat.

 

 

Ces émissions de télécrochets qui séduisent ou révulsent tant le public peuvent être assassines pour l’éventuelle carrière des candidats, ou révélatrices de leur charisme. Au choix des jurés et des téléspectateurs ! Pour Frédéric Longbois, cela a été comme un feu d’artifice dans son ciel artistique pourtant déjà bien étoilé. Ce chanteur, né à Trouville  a en effet connu d’innombrables scènes dès ses onze ans, raflé des premiers prix de piano et de chant la vingtaine venue, et connu des débuts éclatants en…Roumanie, après la chute de Ceaucescu, où il a fait des tournées pendant trois ans, entouré de 78 musiciens ! Son répertoire était alors composé de ses propres chansons et de grands classiques du répertoire français, de Brel, Bécaud, Ferré, Aznavour, Marie Dubas, et des titres d’Edith Piaf et de Barbara, ses deux  idoles. Mais il a toujours, aussi, le spectre de sa voix étant à la fois très large et très étendu, repris nombre d’airs d’opéra, comme Nessun Dorma, de Puccini. Tout est possible avec cet artiste ovni qui affirme : « Tout est cosmique et karmique dans ma vie ! ».

 

 Marco Oranje, Arielle Dombasle, Frédéric Longbois /Don Quichotte contre l’Ange Bleu 

Ce qu’il aime, on l’aura compris, c’est la scène, avec, aussi, des participations dans des comédies musicales, comme dans Irma Douce, avec Clotilde Courau, dans une mise en scène de Jérôme Savary, dans Paris Frou Frou, dans la Belle et la toute petite bête, avec Arielle Dombasle, Don Quichotte contre l’Ange Bleu, toujours avec Arielle Dombasle, et dans Une trompinette au Paradis, de Boris Vian.  Il a aussi joué dans de nombreux films, au théâtre et pour des pièces produites pour la télévision, comme celles adaptées d’Agatha Christie. La célébrité n’était pas là, mais il attendait d’autant plus son heure qu’un mage lui avait prédit qu’elle l’auréolerait après ses 50 ans ! Aujourd’hui, il les a atteints et son impact archi populaire pendant The Voice vient de lui permettre de s’approprier plusieurs soirs la scène mythique de La Nouvelle Eve, à Paris où un public de fans déchaînés l’a ovationné et lui a lancé des gerbes de fleurs. Ce lieu magnifique à la fois baroque, kitsch et rococo était l’idéal pour ce personnage décalé, qui déchaînent les rires, avec Bécassine, bien sûr, mais qui sait émouvoir avec son interprétation de l’Aigle noir, de Barbara, ou de Maman, une chanson originale inspirée par la disparition récente de sa mère adorée, sa colombe de bonheur, Colette Blanc, comédienne.

 

 

Frédéric Longbois est aujourd’hui épanoui, désormais soutenu par une équipe de production, menée par Gérard Louvin, et par des cellules de communication, de community managers, d’auteurs, comme Daniel Moyne, et s’il a déjà deux musiciens brillants et inventifs sur scène, il attend avec impatience d’être entouré de danseuses ou de Blue Bell Girls empluméescomme il les aime ! Il devrait maintenant enchaîner des concerts, partout en France, et des émissions populaires à la télévision, comme début décembre (avec des girls !), chez Patrick Sébastien. En attendant, il vient d’éditer un CD de 11 titres, « Je viens vers vous« , 11 parfaits reflets de son talent multiple, iconoclaste et éclectique.

 

 

Grégoire Colard

 

 

 

Frédéric Longbois en concert le 19 février à la Nouvelle Eve, à Paris.25 rie Pierre Fontaine 9eme/ 01 48 74 69 25

Chaque samedi soir en intervenant dans l’After de The Voice, à partir du 9 février.

 

 

 

 

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Jane Birkin est une actrice et une chanteuse populaire, applaudie, vénérée, adulée. Et pourtant, on sait peu de choses sur elle. Elle a toujours préservé sa vie privée et, dans le premier tome de ses mémoires, « Munkey Diaries », qui vient de paraître, elle se met à nu beaucoup plus intensément qu’elle ne l’a fait sur grand écran ou dans les textes de ses chansons.

 

Une autobiographie, c’est souvent un peu romancé, édulcoré. Il est difficile de tout mettre sur papier de ses failles, de ses faiblesses, de ses ratés. On préfère célébrer ses propres qualités et ses plus grandes réussites. Jane Birkin, qui a toute sa vie tenu la nuit un journal intime, livre aujourd’hui, non sans audace, une sorte de bilan détaillé de son parcours de jeune fille, de femme et de mère de famille. Avec ses doutes, ses maladresses, ses bonheurs aussi, bien sûr, mais le tout avec cette impression continuelle de ne pas être à la hauteur. Pas professionnellement, avec plus de 90 films tournés en cinquante ans de carrière, et une vingtaine d’albums, même si son succès populaire ne laisse pas aujourd’hui encore de l’étonner, mais personnellement.

 

Jane Birkin et John Barry 

Dans ce premier tome, après avoir relaté sa merveilleuse enfance dans son Angleterre natale, elle revient notamment sur son premier mariage, à moins de 20 ans, avec le déjà célébrissime compositeur de films John Barry. Elle est alors encore innocente, follement amoureuse, et sent vite coupable, terriblement coupable, que son mari n’honore son corps que très rarement. Elle pleure. Elle tombe quand même enceinte, met au monde Kate, mais son mariage n’a d’autre solution qu’elle ne le dissolve au bout de deux ans. Jane, le bébé sous le bras, déprimée, alors que pourtant devenue célèbre Outre Manche après sa participation au film d’Antonioni, « Blow Up« , primé Palme d’Or à Cannes, se réfugie en France d’où des propositions de travail lui sont parvenues.

 

Jane Birkin et Serge Gainsbourg.

A Paris, un casting, notamment, l’attend, pour un film,  » Slogan« , où elle doit donner la réplique en français, qu’elle ne parle pas, à un acteur qu’elle ne connaît pas, un certain Serge Gainsbourg , qui se montre particulièrement désagréable avec elle. Elle perd ses moyens, bredouille, éclate en sanglots, mais est finalement engagée! Horripilé, Gainsbourg lui tourne le dos! On connaît la suite, mais ce que Jane Birkin livre aujourd’hui, c’est donc le quotidien de cette une union folle et passionnée qui a duré douze ans. Et on comprend qu’au fil du temps, la jeune femme, au départ soumise, dépendante, parfois maltraitée, au point de tenter de se jeter un soir dans la Seine, a su peu à peu prendre le pouvoir sur cet homme particulier, génial certes, mais compliqué, presque invivable, en l’aidant à dominer au mieux ses démons, à croire en lui-même et à accomplir son oeuvre géniale. Elle lui donne une fille, Charlotte, qui le fait fondre d’amour et devient l’intendante de sa vie, le débarrassant de toutes les contingences quotidiennes, et quand elle l’a finalement quitté  pour un autre homme, le réalisateur  de films, Jacques Doillon, qui a dû patienter de longs mois, cela a été pour finir sa mue, sortir de sa propre chrysalide et devenir enfin une femme à part entière. Seule responsable de sa propre vie. Tout en restant l’amie et la confidente de Serge, qu’elle a continué à défendre de lui-même.

 

Jane Birkin et Jacques Doillon 

Dans « Munkey Diaries« , Jane est terriblement émouvante et passionnante. On connaissait très bien l’artiste, pas la femme, et pas ses désirs les plus tendres. Elle glisse entre les pages quelques poèmes personnels et beaucoup de dessins faits au crayon de sa vie familiale. Si la vie et les hommes ne l’ont pas toujours ménagée, elle ne paraît plus leur en vouloir. Sauf, et c’est une révélation, vis à vis de Claude François, qui l’aurait plus qu’atteinte et rabaissée en lui faisant une proposition indigne, ce qu’elle précise avec la seule rage présente dans cet ouvrage que TapageCulture recommande vivement. En attendant le second tome, à paraître en 2019.

 

 

Grégoire Colard 

 

 

Jane Birkin/ Munkey Diaries/ Editions Fayard/ 351 pages/ 22, 50 euros.

 

 

 

 

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Jean-Michel Basquiat est « le » peintre dont la cote monte actuellement vers l’infini, rejoignant rapidement celle des plus grands maîtres de tous les temps. Actuellement exposées à la Fondation Vuitton, à Paris, ses oeuvres néo-expressionnistes illustrent à la fois sa courte vie chaotique et la flamboyance artistique des années 80 à New York.

 

 

Né à Brooklyn en 1960 d’un père haïtien et d’une mère aux origines portoricaines, Basquiat a montré dès son plus jeune âge une grande aptitude à dessiner. N’importe où, n’importe quoi, avant que sa mère ne lui offre un livre illustré de l’anatomie humaine, qui l’a passionné. sans avoir la moindre opportunité de suivre des cours de dessin ni de peinture. Il passait son temps à croquer tout ce qu’il voyait, sur un mur, un bout de carton, un papier, et, quand il a pris ses ailes et claqué la porte du domicile familial, sur des cartes postales qu’il essayait de vendre un dollar pour survivre, tout en s’essayant aussi à la musique avec des copains, formant avec eux, un groupe, Gray, fortement inspiré par le style de John Cage, avec une rythmique mi jazzy, mi synth-pop et par le talent de Miles Davis, de Dizzy Gillespie et Charlie Parker. Sans oublier la musique Zydéco, typique alors de la Louisiane, aux accents africains.Et Basquiat les a tous aussi célébrés dans des tableaux…

 

Basquiat: le groupe Gray 

 

Au coeur de ce New-York artistique en pleine effervescence où il est facilement accepté par de tous, il fait une rencontre qui s’avère essentielle pour lui, celle du graffeur Al Diaz. Et ils forment sous le nom de Samo. Mais Basquiat définit aussi rapidement sa propre peinture, dont un échantillon sidère en 1980 Andy Warhol qui décide de le prendre sous son aile, de l’inclure dans sa bande de la Factory, de lui proposer un appartement-atelier. Il lui présente aussi des artistes à l’odeur de scandale comme un autre graffeur, Keith Haring, avec qui il travaillera, ou un photographe sulfureux, Robert Mapplehorpe. L’admiration d’Andy Warhol est telle pour Basquiat qu’il peint avec lui une centaine de toiles, au point qu’ils feront nombre d’expositions ensemble, jusqu’au jour où la critique considérera avec fracas que Warhol profite honteusement du talent de son jeune protégé, qui est en fait largement devenu son maître.

 

Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat 

En quelques mois, Basquiat est devenue une star, un « people », un statut qui le grise, comme son goût pour l’alcool et la drogue. Il s’affiche avec Madonna qui partage un moment sa vie mais il ne cesse jamais de peindre, encore et encore,  incluant dans ses tableaux des portraits, des dessins, des phrases, des collages, affichant aussi son admiration sans borne pour des boxeurs stars comme Cassius Clay et Sugar Ray Robinson, symboles pour lui, dans une Amérique encore raciste, de l’intégration rêvée des noirs luttant à poings égaux avec des blancs.

 

 

Quand son ami et parrain Andy Warhol meurt, en 1987, trois ans après leur rencontre, Basquiat  qui n’a encore que 27 ans, s’enfonce dans la détresse et les produits dopants. Seul, son travail, à la renommée époustouflante, le maintient encore debout, alors même que l’idée de la mort, avec cette montée du Sida qui ravage ses amis, le hante, le dévaste et lui inspire certains tableaux déprimants, loin de son habituelle explosion de couleurs.

 

Basquiat: « Riding with death ». 1988.  D’après un dessin de Léonard de Vinci 

 

Trop tôt disparu, Basquiat laisse une oeuvre conséquente, émouvante et exaltante, avec 800 tableaux et 1500 dessins, qui s’arrachent aujourd’hui à prix d’or et dont le public s’enchante, notamment à travers cette exposition à la Fondation Louis Vuitton,  150 de ses oeuvres, dont certaines inédites, nous font suivre le chemin de sa vie.

 

 

Grégoire Colard

 

Fondation Louis Vuitton: 8 rue du Mahatma Gandhi, Paris 75016, de 11h à 19 heures. 

Bus navette : avenue de Friedland, sortie 2 Métro Etoile. 2 euros à régler uniquement par carte bancaire.

( Il est prudent de réserver son billet pour l’exposition via Internet ).

Renseignements: 01 40 69 96 00

 

 

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