Tapage Culture

 

 

Charleville-Mezières serait-elle  la cité couveuse d’insubordonnés ? Arthur Rimbaud y est né, comme Jérémy Ferrari, et chacun d’eux a quitté à dix-sept ans sa ville natale, le premier pour mettre le feu à la poésie traditionnelle qu’il trouvait trop ampoulée, le second à l’humour actuel qu’il juge sage et formaté.

En effet, à 33 ans, Jérémy Ferrari, sur scène, n’a peur de rien ! Devant les milliers de spectateurs qui remplissent tous les Zénith de France, et aussi de très grandes salles en Belgique, en Suisse, au Québec et même récemment aux Etats Unis, il balance son humour ravageur sur les défauts et les méfaits de notre société. Dans son dernier spectacle « Vends 2 pièces à Beyrouth« , qui été acclamé par plus de 300.000 spectateurs, le hissant aux toutes premières places des humoristes les plus populaires de France, il n’hésite pas à incarner les terroristes et les spectateurs du Bataclan et à dénoncer les dérives budgétaires de certaines associations caritatives. Ferrari est un bulldozer qui aime écraser toutes les idées reçues, et s’il le fait volontairement de façon clownesque, c’est pour mieux nous convaincre de sa lucidité.  Notre rire irrésistible est une acceptation de ce qu’il ose dire et que nous n’aurions jamais osé formuler.

Alors, Jérémy Ferrari dérange nos médias, que ce soit la télévision ou la radio. Il n’est pas blackisté, non, mais il n’est pas invité, ce qui revient au même. Ce n’est pas un bon « client »,  un béni-oui-oui ! En 2016, il s’est d’ailleurs fait remarquer sur le plateau de « On n’est pas couché », reprochant au premier ministre d’alors, Manuel Valls, la récupération politique des récents attentats. Cela n’a pas plus aux instances dirigeantes….Pourtant, Ferrari  n’est pas un anarchiste va-t-en guerre  ! C’est juste et surtout un homme qui affirme ce qui le révolte avec force et drôlerie, comme le faisaient à leur manière Guy Bedos, Desproges et Raymond Devos

Pourtant, samedi prochain, le 24 novembre prochain, la chaîne C8 va lui consacrer une soirée spéciale, en diffusant à 21h la captation de son spectacle donné au Zénith de Lille, et, à 23h30 « Emporté par fougue« , un magnifique reportage, réalisé par Thierry Colby, qui l’a suivi pendant un an à travers ses pérégrinations scéniques. Pour l’avoir vu, TapageCulture peut vous assurer que ce document est un évènement car on y découvre au quotidien un Jérémy Ferrari attachant, humain, sensible, presque timide, mais qui ne baisse jamais les yeux face à vous ou au spectacle du monde actuel…

Grégoire Colard

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Révélé  en 2018  par l’émission emblématique The Voice, Frédéric Longbois est un chanteur à part, étonnant, extravagant, dans la lignée des comiques troupiers et même de Chantal Goya, dont il a d’ailleurs repris « Bécassine » dans l’émission, faisant exploser l’Audimat.

 

 

Ces émissions de télécrochets qui séduisent ou révulsent tant le public peuvent être assassines pour l’éventuelle carrière des candidats, ou révélatrices de leur charisme. Au choix des jurés et des téléspectateurs ! Pour Frédéric Longbois, cela a été comme un feu d’artifice dans son ciel artistique pourtant déjà bien étoilé. Ce chanteur, né à Trouville  a en effet connu d’innombrables scènes dès ses onze ans, raflé des premiers prix de piano et de chant la vingtaine venue, et connu des débuts éclatants en…Roumanie, après la chute de Ceaucescu, où il a fait des tournées pendant trois ans, entouré de 78 musiciens ! Son répertoire était alors composé de ses propres chansons et de grands classiques du répertoire français, de Brel, Bécaud, Ferré, Aznavour, Marie Dubas, et des titres d’Edith Piaf et de Barbara, ses deux  idoles. Mais il a toujours, aussi, le spectre de sa voix étant à la fois très large et très étendu, repris nombre d’airs d’opéra, comme Nessun Dorma, de Puccini. Tout est possible avec cet artiste ovni qui affirme : « Tout est cosmique et karmique dans ma vie ! ».

 

 Marco Oranje, Arielle Dombasle, Frédéric Longbois /Don Quichotte contre l’Ange Bleu 

Ce qu’il aime, on l’aura compris, c’est la scène, avec, aussi, des participations dans des comédies musicales, comme dans Irma Douce, avec Clotilde Courau, dans une mise en scène de Jérôme Savary, dans Paris Frou Frou, dans la Belle et la toute petite bête, avec Arielle Dombasle, Don Quichotte contre l’Ange Bleu, toujours avec Arielle Dombasle, et dans Une trompinette au Paradis, de Boris Vian.  Il a aussi joué dans de nombreux films, au théâtre et pour des pièces produites pour la télévision, comme celles adaptées d’Agatha Christie. La célébrité n’était pas là, mais il attendait d’autant plus son heure qu’un mage lui avait prédit qu’elle l’auréolerait après ses 50 ans ! Aujourd’hui, il les a atteints et son impact archi populaire pendant The Voice vient de lui permettre de s’approprier plusieurs soirs la scène mythique de La Nouvelle Eve, à Paris où un public de fans déchaînés l’a ovationné et lui a lancé des gerbes de fleurs. Ce lieu magnifique à la fois baroque, kitsch et rococo était l’idéal pour ce personnage décalé, qui déchaînent les rires, avec Bécassine, bien sûr, mais qui sait émouvoir avec son interprétation de l’Aigle noir, de Barbara, ou de Maman, une chanson originale inspirée par la disparition récente de sa mère adorée, sa colombe de bonheur, Colette Blanc, comédienne.

 

 

Frédéric Longbois est aujourd’hui épanoui, désormais soutenu par une équipe de production, menée par Gérard Louvin, et par des cellules de communication, de community managers, d’auteurs, comme Daniel Moyne, et s’il a déjà deux musiciens brillants et inventifs sur scène, il attend avec impatience d’être entouré de danseuses ou de Blue Bell Girls empluméescomme il les aime ! Il devrait maintenant enchaîner des concerts, partout en France, et des émissions populaires à la télévision, comme début décembre (avec des girls !), chez Patrick Sébastien. En attendant, il vient d’éditer un CD de 11 titres, « Je viens vers vous« , 11 parfaits reflets de son talent multiple, iconoclaste et éclectique.

 

 

Grégoire Colard

 

 

 

Frédéric Longbois en concert le 19 février à la Nouvelle Eve, à Paris.25 rie Pierre Fontaine 9eme/ 01 48 74 69 25

Chaque samedi soir en intervenant dans l’After de The Voice, à partir du 9 février.

 

 

 

 

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Jane Birkin est une actrice et une chanteuse populaire, applaudie, vénérée, adulée. Et pourtant, on sait peu de choses sur elle. Elle a toujours préservé sa vie privée et, dans le premier tome de ses mémoires, « Munkey Diaries », qui vient de paraître, elle se met à nu beaucoup plus intensément qu’elle ne l’a fait sur grand écran ou dans les textes de ses chansons.

 

Une autobiographie, c’est souvent un peu romancé, édulcoré. Il est difficile de tout mettre sur papier de ses failles, de ses faiblesses, de ses ratés. On préfère célébrer ses propres qualités et ses plus grandes réussites. Jane Birkin, qui a toute sa vie tenu la nuit un journal intime, livre aujourd’hui, non sans audace, une sorte de bilan détaillé de son parcours de jeune fille, de femme et de mère de famille. Avec ses doutes, ses maladresses, ses bonheurs aussi, bien sûr, mais le tout avec cette impression continuelle de ne pas être à la hauteur. Pas professionnellement, avec plus de 90 films tournés en cinquante ans de carrière, et une vingtaine d’albums, même si son succès populaire ne laisse pas aujourd’hui encore de l’étonner, mais personnellement.

 

Jane Birkin et John Barry 

Dans ce premier tome, après avoir relaté sa merveilleuse enfance dans son Angleterre natale, elle revient notamment sur son premier mariage, à moins de 20 ans, avec le déjà célébrissime compositeur de films John Barry. Elle est alors encore innocente, follement amoureuse, et sent vite coupable, terriblement coupable, que son mari n’honore son corps que très rarement. Elle pleure. Elle tombe quand même enceinte, met au monde Kate, mais son mariage n’a d’autre solution qu’elle ne le dissolve au bout de deux ans. Jane, le bébé sous le bras, déprimée, alors que pourtant devenue célèbre Outre Manche après sa participation au film d’Antonioni, « Blow Up« , primé Palme d’Or à Cannes, se réfugie en France d’où des propositions de travail lui sont parvenues.

 

Jane Birkin et Serge Gainsbourg.

A Paris, un casting, notamment, l’attend, pour un film,  » Slogan« , où elle doit donner la réplique en français, qu’elle ne parle pas, à un acteur qu’elle ne connaît pas, un certain Serge Gainsbourg , qui se montre particulièrement désagréable avec elle. Elle perd ses moyens, bredouille, éclate en sanglots, mais est finalement engagée! Horripilé, Gainsbourg lui tourne le dos! On connaît la suite, mais ce que Jane Birkin livre aujourd’hui, c’est donc le quotidien de cette une union folle et passionnée qui a duré douze ans. Et on comprend qu’au fil du temps, la jeune femme, au départ soumise, dépendante, parfois maltraitée, au point de tenter de se jeter un soir dans la Seine, a su peu à peu prendre le pouvoir sur cet homme particulier, génial certes, mais compliqué, presque invivable, en l’aidant à dominer au mieux ses démons, à croire en lui-même et à accomplir son oeuvre géniale. Elle lui donne une fille, Charlotte, qui le fait fondre d’amour et devient l’intendante de sa vie, le débarrassant de toutes les contingences quotidiennes, et quand elle l’a finalement quitté  pour un autre homme, le réalisateur  de films, Jacques Doillon, qui a dû patienter de longs mois, cela a été pour finir sa mue, sortir de sa propre chrysalide et devenir enfin une femme à part entière. Seule responsable de sa propre vie. Tout en restant l’amie et la confidente de Serge, qu’elle a continué à défendre de lui-même.

 

Jane Birkin et Jacques Doillon 

Dans « Munkey Diaries« , Jane est terriblement émouvante et passionnante. On connaissait très bien l’artiste, pas la femme, et pas ses désirs les plus tendres. Elle glisse entre les pages quelques poèmes personnels et beaucoup de dessins faits au crayon de sa vie familiale. Si la vie et les hommes ne l’ont pas toujours ménagée, elle ne paraît plus leur en vouloir. Sauf, et c’est une révélation, vis à vis de Claude François, qui l’aurait plus qu’atteinte et rabaissée en lui faisant une proposition indigne, ce qu’elle précise avec la seule rage présente dans cet ouvrage que TapageCulture recommande vivement. En attendant le second tome, à paraître en 2019.

 

 

Grégoire Colard 

 

 

Jane Birkin/ Munkey Diaries/ Editions Fayard/ 351 pages/ 22, 50 euros.

 

 

 

 

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Jean-Michel Basquiat est « le » peintre dont la cote monte actuellement vers l’infini, rejoignant rapidement celle des plus grands maîtres de tous les temps. Actuellement exposées à la Fondation Vuitton, à Paris, ses oeuvres néo-expressionnistes illustrent à la fois sa courte vie chaotique et la flamboyance artistique des années 80 à New York.

 

 

Né à Brooklyn en 1960 d’un père haïtien et d’une mère aux origines portoricaines, Basquiat a montré dès son plus jeune âge une grande aptitude à dessiner. N’importe où, n’importe quoi, avant que sa mère ne lui offre un livre illustré de l’anatomie humaine, qui l’a passionné. sans avoir la moindre opportunité de suivre des cours de dessin ni de peinture. Il passait son temps à croquer tout ce qu’il voyait, sur un mur, un bout de carton, un papier, et, quand il a pris ses ailes et claqué la porte du domicile familial, sur des cartes postales qu’il essayait de vendre un dollar pour survivre, tout en s’essayant aussi à la musique avec des copains, formant avec eux, un groupe, Gray, fortement inspiré par le style de John Cage, avec une rythmique mi jazzy, mi synth-pop et par le talent de Miles Davis, de Dizzy Gillespie et Charlie Parker. Sans oublier la musique Zydéco, typique alors de la Louisiane, aux accents africains.Et Basquiat les a tous aussi célébrés dans des tableaux…

 

Basquiat: le groupe Gray 

 

Au coeur de ce New-York artistique en pleine effervescence où il est facilement accepté par de tous, il fait une rencontre qui s’avère essentielle pour lui, celle du graffeur Al Diaz. Et ils forment sous le nom de Samo. Mais Basquiat définit aussi rapidement sa propre peinture, dont un échantillon sidère en 1980 Andy Warhol qui décide de le prendre sous son aile, de l’inclure dans sa bande de la Factory, de lui proposer un appartement-atelier. Il lui présente aussi des artistes à l’odeur de scandale comme un autre graffeur, Keith Haring, avec qui il travaillera, ou un photographe sulfureux, Robert Mapplehorpe. L’admiration d’Andy Warhol est telle pour Basquiat qu’il peint avec lui une centaine de toiles, au point qu’ils feront nombre d’expositions ensemble, jusqu’au jour où la critique considérera avec fracas que Warhol profite honteusement du talent de son jeune protégé, qui est en fait largement devenu son maître.

 

Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat 

En quelques mois, Basquiat est devenue une star, un « people », un statut qui le grise, comme son goût pour l’alcool et la drogue. Il s’affiche avec Madonna qui partage un moment sa vie mais il ne cesse jamais de peindre, encore et encore,  incluant dans ses tableaux des portraits, des dessins, des phrases, des collages, affichant aussi son admiration sans borne pour des boxeurs stars comme Cassius Clay et Sugar Ray Robinson, symboles pour lui, dans une Amérique encore raciste, de l’intégration rêvée des noirs luttant à poings égaux avec des blancs.

 

 

Quand son ami et parrain Andy Warhol meurt, en 1987, trois ans après leur rencontre, Basquiat  qui n’a encore que 27 ans, s’enfonce dans la détresse et les produits dopants. Seul, son travail, à la renommée époustouflante, le maintient encore debout, alors même que l’idée de la mort, avec cette montée du Sida qui ravage ses amis, le hante, le dévaste et lui inspire certains tableaux déprimants, loin de son habituelle explosion de couleurs.

 

Basquiat: « Riding with death ». 1988.  D’après un dessin de Léonard de Vinci 

 

Trop tôt disparu, Basquiat laisse une oeuvre conséquente, émouvante et exaltante, avec 800 tableaux et 1500 dessins, qui s’arrachent aujourd’hui à prix d’or et dont le public s’enchante, notamment à travers cette exposition à la Fondation Louis Vuitton,  150 de ses oeuvres, dont certaines inédites, nous font suivre le chemin de sa vie.

 

 

Grégoire Colard

 

Fondation Louis Vuitton: 8 rue du Mahatma Gandhi, Paris 75016, de 11h à 19 heures. 

Bus navette : avenue de Friedland, sortie 2 Métro Etoile. 2 euros à régler uniquement par carte bancaire.

( Il est prudent de réserver son billet pour l’exposition via Internet ).

Renseignements: 01 40 69 96 00

 

 

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Les Forbans

  • Dans Artistes Chanson Rock
  • Le 6 Oct 2018
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    Les Forbans, 40 ans de rock juvénile !

    Le 3 octobre dernier, l’Olympia, archi complet, a croulé sous le succès des Forbans, ces quatre garçons qui ont démarré leurs carrières en 1978 et qui s’apprêtent à refaire un tour de France des plus belles scènes françaises.

     

     

    A l’heure où nos plus grandes gloires de la chanson avancent sérieusement en âge et dont certaines quittent  malheureusement  la scène, comme Charles Aznavour, Higelin, France Gall et Johnny Hallyday, et où une nouvelle génération passionne le public, comme Orelsan, Vianney, Louane, Soprano, Eddy de Pretto et tant d’autres, il existe aussi des chanteurs et des groupes, comme les Forbans, qui ne sont pas forcément sur toutes les grandes chaînes de télévision, mais qui passionnent les foules, comme ils viennent de le faire à l’Olympia. Quarante ans qu’ils existent, sans perdre une once de leur passion pour le Rock’n Roll , celle qui faisait danser les ados de leurs débuts. Et ceux qui ont vingt ans aujourd’hui paraissent aussi enthousiastes que l’étaient les générations précédentes. Apparemment, le relais a été fait !

     

    Photo AlVZ

    Sur scène, ils sont quatre, plus des choristes, et si le public de tous âges est habillé en perfectos noirs et chaussé de bottes texanes, le tout agrémenté de lourdes chaînes en argent autour du cou et des hanches , et de bagues aux doigts, les Forbans, eux, restent fidèles à eux mêmes, vêtus de vestes blanches et les cheveux ( pour trois d’entre eux qui en ont encore!  ) gominés. Bébert, avec sa voix toujours aussi parfaite, chaleureuse et tonitruante, s’agite comme un diable autour de son micro, affichant son sourire irrésistible et son charme ravageur ( devant la scène, les jeunes filles étaient au bord de l’hystérie!).

     

    Bébert et Martial Allart/ Photo ALVZ

    Leur répertoire est évidemment composé de leurs titres les plus connus, comme « Flip flap », « Fête la fête« et « Tape des mains« , et leur tube de toujours  » Chante« , mais il est dorénavant émaillé de nouveaux puisqu’ils viennent d’éditer un album composé de 10 morceaux, qui restent dans la lignée de leur style intangible, illustrant un rock sympathique, bon enfant et dynamisant. La différence avec le temps est que les Forbans ont récemmentsuivi les traces de Johnny sur la route 66 des Etats-Unis et que leur son et leur inspiration se sont quelque peu américanisés, au point d’être flamboyants dans certains morceaux , comme « Il était une fois » , forcément inspiré  par Sergio Leone. Toutes les chansons, dont certaines, comme « Ma fille » ou « Quelques mots » sont très personnelles, ont été écrites par Bébert et composées par le nouveau guitariste du groupe, le flamboyant Martial Allart et par le talentueux Michel Pin, bassiste.

     

    Le nouvel album des Forbans

    En première partie de leur concert se produit maintenant un tout jeune chanteur de dix-sept ans, Raffi Arto, que Bébert a découvert il y a quatre ans, et qui a participé avec un succès remarquable à The Voice 2017 en ne chantant que du Rock’n Roll façon années 60, le look teen-ager et les cheveux aussi …gominés ! Ses idoles sont Elvis Presley dont il possède parfaitement le déhanché sexy et la voix de velours, et Chuck Berry, qui lui a apparemment légué sa folie. Ce garçon s’accompagne debout sur son clavier qu’il manipule avec une science de prestidigitateur, entouré d’un batteur et d’un guitariste, sans oublier, à l’Olympia,  son petit frère de 14 ans, Viken, saxophoniste émérite!  Quelle famille! Et Bébert lui écrit actuellement pour Raffi des chansons qui s’inséreront dans son répertoire de reprises rock.

     

    Raffi Arto 

    Réservez bien vos dates pour passer une excellente soirée typiquement Rock ‘n Roll avec les Forbans et Raffi Arto. Et en famille! Le Rock n’a pas d’âge!

     

    Et voici leur tout dernier clip sur Maria, une nouvelle chanson.

     

     

    Grégoire Colard 

     

    Quelques dates de concerts: 
    13/10: Saint-Gaudens (31)

    23/11/Claye Souilly (77)

    30/11 Lavelanet (09)

    31/12 Sainte Gemmes le Robert (56)

    2/2/2019 Wasquehal(59)

    15/2 Drancy (93)

     

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    Comédienne, sculpteure, Sylvie Malys est une artiste complète et inspirée, mais aussi Ministre de l’Oenologie dans le gouvernement de la République de Montmartre, dont le président est Alain Coquard. Cette semaine, elle a, aux côtés du maire du 18ème, Eric Lejoindre, régné sur les vendanges de cette vigne historique, datant du 12ème siècle, enracinée sur les pentes de ce petit village touristique rattaché à Paris en 1859, sur des terres appartenant autrefois au chansonnier et écrivain Aristide Bruant, aménagées par le dessinateur Francisque Poulbot. 

     

    Le Clos Montmartre 

    Forte de 30 cépages différents, la vendange de cette vigne, dénommée « Clos Montmartre », est chaque année un grand moment pour les vignerons de la Ville de Paris et nombre de bénévoles et de poulbots qui récoltent 2.000 kilos de raisins sur 1.750 ceps. Le tout est ensuite pressé dans le 18 ème arrondissement et vendu aux enchères lors d’une immense Fête des Vendanges en octobre dans les rues de la Butte, parrainée par Michou, le monument hystérique du quartier ! Longtemps considéré comme de la piquette sans intérêt, les crûs de Montmartre procurent aujourd’hui des saveurs distinguées par les connaisseurs qui font claquer leurs langues !

     

    Sylvie Malys et le responsable en chef des poulbots. 

    Cette année, les vendanges ont été enchantées par le sourire irrésistible de Sylvie Malys, parfaite tastevin, ayant même écrit et produit un spectacle particulièrement enivrant, « Le génie du vin« , un Wine Woman Show, qu’elle donne actuellement avec succès au « Théâtre du Gymnase », toujours suivi d’une dégustation partagée avec son public !

     

     

    Par ailleurs, un autre talent de cette belle comédienne (Trophée Profemina) et donc aussi ministre est d’être sculpteure, un don hérité de son arrière grand oncle, un célèbre graveur japonais, Kiyoshi Hasegawa. Elle a déjà été récipiendaire d’une Médaille de Bronze Arts Sciences et Lettres.  Elle enchaîne les expositions dont la dernière, fort courue, s’est tenue dans les écuries de la Garde Républicaine, à Paris, avec, sur des bottes de foin, des oeuvres en grès et en bronze, émaillées pour certaines de pierres précieuses ( jade, quartz rose, améthyste du Brésil, corail, lapis lazuli, etc…).

     

    « Preciosa », une oeuvre de Sylvie Malys 

    En attendant sa prochaine exposition et d’aller l’applaudir au théâtre, vous pourrez assister aux prochaines Fêtes des Vendanges de Montmartre du 14 au 18 octobre, qui accueillent chaque année plus de 500.000 personnes dans les rues de la Butte, avec Sylvie Malys et son écharpe de Ministre de l’Oenologie ! A votre santé!

     

    Défilé de poulbots pendant la Fête des vendanges 

    Grégoire Colard

     

    Le génie du Vin: le mardi 20h et le samedi à 18h au Théâtre Gymnase, 38 Bd Bonne Nouvelle 10 ème Fête des Vendanges: à Montmartre, du 14 au 18 octobre, mais aussi dans tout le 18 ème arrondissement.

     

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    Dans son livre « Tu t’appelais Maria Schneider« , sa cousine germaine, Vanessa Schneider, offre un regard affectueux mais sans retouche sur la vie tumultueuse et explosive de celle qu’elle considérait comme sa soeur, jamais remise de son viol par Marlon Brando dans le film mythique « Le dernier tango à Paris ».

     

     

    Le « Dernier tango à Paris », tourné par le cinéaste Bernardo Bertolucci, avec Marlon Brando, 47 ans, et Maria Schneider, 19 ans, est sorti en France en décembre 1972 et ensuite pratiquement dans le monde entier, sauf là où il a été interdit, déchaînant tous les désirs et tous les scandales. Un déchaînement  qui aurait dû porter aux nues la toute jeune actrice qui n’avait jusque là interprété grâce à Alain Delon qu’un tout petit rôle dans « Madly« . Elle a certes été consacrée star du jour au lendemain, mais surtout elle est devenue celle que les gens insultaient dans la rue, lui crachaient au visage, et même la giflaient quand ils le pouvaient, sans oublier, en ville, les rires stridents quand, à table, un convive demandait narquoisement à sa voisine « Passe moi le beurre« !  Et jusque dans les écoles où les garçons lançaient cette phrase aux petites filles ! Une horreur qui la marquera et lui fera perdre ses repères pour toujours. Pourquoi tant de déchaînements?  A cause de cette fameuse scène où Marlon Brando l’écrase par terre et la viole, s’aidant effectivement d’une motte de beurre.

     

     

    Et pourtant, ce viol n’a jamais existé en vrai, seulement simulé pour les caméras, mais il en a été un quand même, dans la mesure où cette scène n’existait pas dans le scénario qu’avait lu Maria Schneider, mais que les deux hommes, Bernardo Bertolluci et Marlon Brando, se concertant secrètement, avaient prévu de lui imposer sans qu’elle puisse la refuser, et lui affirmant faussement ensuite que les images en seraient détruites. Ne les croyant plus, folle de rage, humiliée, Maria avait alors tout cassé sur le plateau. Elle ne leur a jamais pardonné et n’a plus jamais fait confiance ensuite à même de très grands réalisateurs, qui l’ont engagée, le plus souvent pour des rôles dénudés, forcément, comme Vadim, Antonioni, René Clément, Jacques Rivette, Comencini, Enki Bilal, Zefirelli , Bertrand Blier et d’autres, ni à aucun homme. Ni en personne. Jusqu’à la fin de sa vie, en 2011, à l’âge de 59 ans, Maria a dû porter cette image sexuelle comme un tatouage, au point d’errer dans les méandres de la drogue et de l’alcool, dénigrant cette gloire internationale que « Le dernier tango à Paris « , devenu cultissimene cessait de coller à sa peau à travers les décennies. A son décès, une autre star autrefois sulfureuse, Brigitte Bardot, qui l’avait hébergée chez elle avec une certaine compréhension après son burn out à la sortie du « …Tango« , a écrit un message qu’Alain Delon a lu sur la tombe, et Bernardo Bertolucci a fait part publiquement de ses excuses. Enfin! Mais trop tard…

     

    Vanessa Schneider a posé une plume affectueuse sur la mémoire de sa cousine dans un livre qui décrit enfin la vraie Maria Schneider, star mondiale du sexe malgré elle, éternellement à la recherche de l’affirmation de son vrai Moi.

     

    Grégoire Colard 

     

    Vanessa Schneider: Tu t’appelais Maria Schneider 

    Editions Grasset/ 250 pages/ 19 euros

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    Johnny à Rio/ Photo Tony Frank/1967

     

    Le public, et même les plus fans des fans de celui qui a su allumer le feu dans leurs vies, tous doivent se ruer à cette exposition, « Johnny« , où chacun découvrira de spectaculaires objets-témoins de la vie de notre idole nationale et nombre de sublimes photos inédites. A ne pas rater!

     

    Photo Pierre Fournier 

     

    Ah! Johnny !!! On sait tout sur lui, ou plutôt on croit tout savoir, de sa vie, de sa carrière, de ses amours, et maintenant de son héritage qui sème la discorde, jusqu’à l’écoeurement.  Et pourtant, la Galerie Joseph, artistiquement cornaquée par Ghislaine Rayer, en accord avec Patrice Gaulupeau, le cadreur préféré du chanteur, propose sur deux étages un immense espace de 850 m2 où sont accrochées d’innombrables photos inconnues, extraites des collections les plus privées de grands photographes amis et complices du chanteur qu’ils n’ont jamais abandonné, que ce soit en France, aux Etats-Unis, au Brésil, en Tchécoslovaquie et ailleurs.  Et même à l’armée, avec ses copains pious pious. On y retrouve notre Jojo sur une plage au Brésil, au volant de super bolides, sur des motos de rêve, sur scène, bien sûr, lors de tournages de films, et aux côtés de stars mondiales., comme Marlène Dietrich. L’élégance et l’originalité de cette exposition font que rien ne tourne autour de sa vie privée, à part quelques clichés jamais vus de son enfance avec son père si souvent absent, de sa mère qui l’avait confié à leur famille. Pas une seule image de ses femmes, de ses mariages, de ses enfants. Seul l’artiste est mis en valeur à travers ses prestations scéniques, ses voyages de rocker, et son parcours de star, avec certains accidents de parcours, notamment en voiture, illustrés aussi ici.

     

    La Gillet Vertigo, toute en carbone. 

     

    La fameuse moto Harley Davidson, surnommée par Johnny « Laura Eyes », en 1995. 

    Ces photographes amis ont pour nom Raymond Depardon, Patrick Demarchalier, PierreFournierBettina Rheims, André Rau, Claude Gassian, Jean Marie Périer et Tony Frank, pour ne citer qu’eux…L’exposition comprend aussi des présentations de costumes de scène de la star, deux de ses Harley Davidson rutilantes, son permis de conduire, plusieurs de ses légendaires guitares ( celles qu’il n’avait pas cassées sur scène ou jetées dans le public!), des disques d’or, des affiches de concert et de ses films.  Bref, un panorama exhaustif  d’une vie aux mille facettes.

     

     

    L’exposition  » Johnny » est très riche et émouvante, et une journée « Dédicace stage »  a eu  lieu à la Galerie Joseph le samedi 8 mars avec nombre de personnalités et amis ayant publié des livres sur le chanteur désormais mythique, comme Sam Bernett, Jean Claude Camus, Tony Frank, Gilles Lhote, Jean Basselin, Patrice Gaulupeau.

     

    Grégoire Colard

    Entrée : 12 euros

     

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    La République Française est peut être en « Marche », mais elle est aussi en danse. C’est ce qui se passe tous les soirs de cet été Place de la République avec cet évènement qui permet à chacun de laisser libre cours à son corps et à son charme.

     

    Il est dix-neuf heures et vous n’avez pas de projet pour ce soir? Vos amis sont en vacances? Vous avez pourtant besoin d’amitié, de rires, d’émotions et ce ne sont pas les monuments de Paris, comme la Tour Eiffel ou le Louvre, assaillis par les touristes, qui déchaînent votre envie de bouger. Il y en a un, pourtant qui devrait vous réjouir, c’est la Place de la République, certes le symbole parfait de notre nation, des mouvements de protestation et des grèves populaires, sans oublier le lieu où tant se sont recueillis en silence ou avec Madonna en pensant au Bataclan, mais aussi un lieu ouvert, rénové récemment, où il fait bon se poser au milieu des skaters et autres jongleurs, et, cet été, parmi des danseurs anonymes. Certains, qui glissent savamment sont apparemment des professionnels, sculptant des chorégraphies personnelles, mais le reste de cette petite foule qui évolue avec eux sur des rythmes divers est composée de toutes sortes de gens, certains parfaitement débutants, de tout âge, le sourire aux lèvres, heureux d’être là en couple ou de pouvoir inviter une ou un inconnu. Peut être avec un gros câlin?

     

     

    Ces parties quotidiennes, intitulées  » Gros câlin debout« , ont lieu chaque jour de 19 et 23 heures, au son d’une sonorisation, qui, si elle n’est pas professionnelle, est assez efficace pour pousser chacun à entrer dans la danse ! L’idée d’insuffler cet air de liberté est venue d’un groupe d’aficionados  de cet art de grâce, qui a décidé d’improviser  ces nocturnes quotidiens. Nulle demande d’autorisation officielle n’a été faite auprès de la Mairie de Paris,  qui tolère tous ces mouvements de jambes, d’autant plus qu’aucune participation monétaire n’est demandée par les organisateurs. Il y avait déjà des skaters?  Il y a aussi maintenant des danseurs!

     

     

    Les musiques proposées à la foule sont diverses et pas avariées, passant de la salsa au tango par la bachata, la kizomba, de l’afro-house, sans oublier, bien sûr, du rock et même du swing, avec les couples évoluant en ligne. Au fur et à la mesure de la soirée , il y en a pour tous les âges et tous les niveaux, et même quand une compagnie professionnelle vient spontanément de loin, de Dijon, de Bretagne ou d’ailleurs, pour se mêler aux quidams parisiens, il se dégage un esprit de partage général. Et le sourire qui est sur les lèvres de tous est parfaitement bon enfant.

     

     

    Grégoire Colard

     

    Soirées « Gros câlin debout »

    Tous les jours, de 19 à 23 heures. Gratuit.

    Place de la République, Paris 11eme, Métro République.

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    Le street art, né dans la sauvagerie et l’illégalité dans les années 60, a aujourd’hui pignon sur rue, et la commune du Grand Paris organise désormais des parcours en bateau pour vous le faire admirer. 

    Tout le monde est désormais habitué à découvrir un beau matin un dessin, une fresque sur le mur d’un immeuble voisin, sur une porte, sur le sol, bref, n’importe où. Autrefois, les « taggers » devaient se cacher et travailler de nuit pour échapper à la vindicte policière et éviter des amendes trébuchantes !  Considérés comme des voyous défrayant alertement notre environnement, ces artistes « vandals » de la pénombre n’en menaient pas large, d’autant plus que leurs grafittis étaient comme des cris de rage contre la société.  Certains d’entre eux sont pourtant devenus des stars, dont chacun connaît le style, que ce soit entre autres Keith Haring à New York avec ses fameux petits bonshommes réalisés au  pochoir qui envahissaient les murs du métro et de la ville, ou le français Speedy Graphito.

     

    De Keith Haring/1989 

    Le Street Art est devenu une profession officielle,  sans revendication particulière, que ce soit en France ou dans le monde, largement autorisée par nos édiles municipaux et même acceptée par les plus grands musées. C’est ainsi que la commune du Grand Paris organise chaque été depuis 2016 une sorte de croisière de 2h30, « Le Street Art Avenue Grand Paris » sur le canal Saint Denis qui relie le Stade de France  au parc de la Villette, où chacun peut participer à la découverte d’oeuvres éphémères créées sur des façades, des piliers d’autoroute, des murs, et même sur l’ensemble d’une cimenterie ( redécorée par Guate Mao). 20 artistes ont été ainsi invités à laisser libre cours à leur imagination, comme Telmo Niel, Polar, Alancha Arango, Zest, Swen, Tarek Benaoum, Banksy et Marko 93. Des noms de plus en plus reconnus.

     

    Les félins/ fresque du pochoiriste Marko 93

     

    25 fresques sont ainsi proposées cette année sur le trajet de l’urban boat qui lève l’ancre chaque jour pendant l’été, jusqu’au 18 août, au bassin de la Maltournée, à Saint Denis, devant le  « 6 B« , atelier de création pour artistes résidents. Un conférencier, JP Mano, spécialiste des cultures urbaines et hip hop, éclaire les croisiéristes  sur la diversité discursive des créateurs , sur leurs instruments de travail, qui au pochoir, certes, mais aussi en bombe aérosol, en peinture acrylique, en collage, avec des affiches, etc…Le tout sur un fond musical plutôt…entraînant, du hip hop, danse de la rue,   considéré comme très lié au street art, de par son inspiration citadine.

     

     

     

    En cette période de canicule, n’hésitez pas à embarquer pour cette visite artistique de Paris et à donner votre avis sur l’embellissement ( ou non! ) de notre environnement. N’oubliez pas que l’art est un partage!

     

    Grégoire Colard 

     

    Jusqu’au 18 août. Embarquement au bassin de la Maltournée, à Saint Denis (RER D ou  tramway)

    Prix: 12 euros.

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