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Frédéric Deban est dans la mémoire populaire. Dans le rôle de Grégory, il a enchanté la mythique série française « Sous le soleil » , diffusée aussi dans 150 pays et participé à de nombreux films, comme « Alger la Blanche » , de Cyril Collard, Parole de Flic, de José Pinheiro, aux côtés d’Alain Delon, pour ce citer que ceux-ci , ainsi que dans une kyrielle de grandes séries de télévision, comme  » Les coeurs brûlés ». Aujourd’hui, il est sur la scène du Théâtre du Gymnase où il se produit dans un seul-en-scène bouleversant où il raconte la traversée du désert sonore qu’il a vécu pendant cinq ans et qui n’a pas réussi à l’abattre. Aujourd’hui, il a percé le mur du son et entend, à nouveau, notamment, les applaudissements du public ému aux larmes.

Frédéric Deban dans « Sous le soleil »

S’agit t’il d’un spectacle? Non, plutôt du partage privilégié d’un homme qui a souffert, qui a pensé ne pas survivre à l’invasion soudaine et inattendue d’acouphènes dans son cerveau, d’un coup martyrisé. Aujourd’hui, appareillé, il a retrouvé l’ouïe et est déterminé avec cette pièce co-écrite avec son ami le plus fidèle, Dominic Lozac’h, et mise en scène de façon pudique, sans aucun artifice malsain, du remarquable et très respecté Dominique Coubes, à porter l’espoir de s’en sortir à ceux qui en souffrent, mais aussi à travers aussi un livre « Journal d’une renaissance« , paru en mai dernier aux Editions Trédaniel.

Grégoire Colard

Journal d’un malentendant…..de Frédéric Deban et Dominic Lozac’h Théâtre du Gymnase: 01 42 46 79 79

Journal d’une renaissance: Editions Trédaniel/ 17 euros.

Le mur du son!

  • Dans cinema Livres Théâtre
  • Le 28 Avr 2021
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  • Frédéric Deban est un acteur populaire, l’une des figures emblématiques du feuilleton télé français « Sous le soleil », créé en 1995 et diffusé dans plus de 135 pays! Il a aussi joué dans de nombreux films, que ce soit pour le cinéma ou la télévision Le jour de ses 50 ans, il devient brutalement sourd et passe plusieurs années de souffrances dues aux acouphènes, avant de trouver et de suivre le chemin semé d’épines qui le mène à dominer son handicap et à bientôt remonter sur scène. Ce livre émouvant est celui de l’espoir jamais abandonné, et donc du combat d’une vie.

    Frédéric Deban dans « Sous le soleil ».

    Aujourd’hui, Frédéric Deban a une oreille appareillée, tandis que l’autre semble toujours entendre des rugissements de moteurs d’avions supersoniques ! Mais le principal est qu’il perçoive à nouveau le son de sa propre voix. Il est devenu le parrain d’une association , L’oreille blanche, et vient d’écrire aussi une pièce, mise en scène par Dominique Coubes, qu’il va jouer sur scène en septembre à Paris au Théâtre du Gymnase et qui raconte son combat, qui est aussi celui de milliers de personnes en France. En attendant, avec ce livre, il montre un courage inébranlable, celui qu’il faut avoir pour dominer le silence du désespoir, avancer envers et contre tout, ne rien céder et avancer peu à peu vers la lumière du son .

    Frédéric Deban

    Ce livre, une fois que vous l’avez commencé, vous tient au coeur, sans jamais tomber dans le pathos, et vous amène à vous intéresser à cette déficience physique qui n’est pas si rare que cela….

    Grégoire Colard

    Journal d’une renaissance/Frédéric Deban/Guy Trédaniel Editions/17 E

    www.loreilleblanche.fr

    LAURENT ARTUFEL, AVEC LE MAQUILLEUR FÉLIX SUROWY

    Petit prince de la télévision, de la radio et du théâtre, Laurent Artufel n’est pas encore une star, mais déjà un personnage extrêmement populaire, dont la gentillesse et la sincérité déroutent dans ce milieu du Show-Business qui ne professe pas toujours ces qualités…et même très rarement ! Après vingt ans d’un parcours artistique étonnant, où se mêlent succès et drames, il se. dévoile en toute sincérité.

    Laurent Artufel , né sous le soleil de Marseille en 1977, a suivi dès ses vingt ans, une seule ligne directrice, celle d’aller vers la lumière des projecteurs, débutant cette année-là en tant qu’animateur et magicien aux côtés de Jacques Martin dans ses fameux dimanches après- midis télévisés sur la scène de l’Empire ! Sa carrière est immédiatement lancée, qui l’amène ensuite à être sur Pink TV, pendant deux ans dans les « Morning Live » de Michaël Youn, mais aussi sur Canal +, Direct 8 et France 2, etc…, de participer en tant qu’animateur à différentes grandes radios, d’écrire des scènarii, et même d’écrire pour le théâtre et de jouer dans 13 pièces différentes, dont l’une écrite par Patrick Hernandez. Sans oublier de présenter à travers la France ces fameuses tournées de chanteurs de toujours, telles Stars 80, devant des milliers de personnes. Autant dire que son énergie et sa réactivité sont toujours en ébullition !

    Le côté masqué de Laurent Artufel, qui n’hésite pas à le dévoiler dans ce livre qui peut-être poignant, est celui de son coeur, qu’il est prêt à offrir, à partager, mais que ses partenaires finissent par briser, même une certaine fois quelques jours avant le mariage, après des années de vie commune. Alors, comme James Dean, il plonge alors dans des déprimes et invite son mal être dans des bolides qui se fracassent dramatiquement. Aujourd’hui, il fait le point, et est prêt pour de nouvelles aventures médiatiques et…amoureuses : « Je reste un éternel enfant! ».

    Les plus gentils ne sont pas…./ Editions Jets d’encre/ 21, 50 euros

    Gorge Profane, Florian Montas, Martin Poppins, Fanta Touré( D.A. de « Madame Arthur), Charlie Voodoo, Odile de Mainvile

    Starmania, le célèbre opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon, créé sur scène à Paris en 1979, est célébré pour son 40 ème anniversaire par la troupe du Cabaret Madame Arthur. Un grand moment !

    Michel Berger, qui, on ne le sait pas trop, avait beaucoup d’humour et possédait, on le sait parfaitement, le sens de la scène et du spectacle, avait déjà créé, pour Starmania, un personnage plus qu’ambigü, Ziggy, à l’image de David Bowie, et une chanson , « Travesti« , interprètée alors par Nanette Workman. Il serait sûrement honoré de voir l’hommage que « Madame Arthur« , le plus célèbre cabaret de travestis, justement, vient d’offrir à un public composé surtout de jeunes adultes, hommes et femmes, aussi déchaîné d’enthousiasme que celui lors de la création de l’oeuvre originale devenue mythique. Un hommage orchestré par le metteur en scène et comédien Florian Montas ( qui se dénude aussi sur scène pour le bonheur de toutes et de…tous! ).

    Florian Montas, metteur en scène dans la vie et sur scène
    (photo Charlène Yves)

    Avec quatre chanteurs (dont une chanteuse) aux voix exceptionnelles, l’hommage à Starmania déroule une dizaine de chansons avec lesquelles la troupe revisite de façon cocasse, sensuelle, burlesque, insensée, outrée même, cette oeuvre visionnaire, à l’époque, qui illustrait la rivalité entre les loubards d’une capitale mégapole à son dirigeant, du style Donald Trump, qui aurait voulu être un artiste, et où ces lascars kidnappaient la plus grande star de la télé. « J’aime faire rire, oser« , confie Florian Montas, qui joue son propre rôle de metteur en scène aux côtés de sa troupe déjantée. « C’est un cadeau que « Madame Arthur », et notamment sa directrice artistique, Fanta Touré, me fassent confiance. Je suis trop jeune pour avoir connu Starmania sur scène, mais toutes ses chansons m’ont toujours enchanté. »

    Odile de Mainvile
    (photo Charlène Yves)

    « Madame Arthur » a proposé quatre soirs ce spectacle qui a affiché complet, et qui pourrait se décliner en province, si celle-ci le souhaite. Lors de la dernière représentation, Fabienne Thibeault, la cultissime créatrice à l’époque de  » Le monde est stone » et de « Les uns contre les autres« , est venue saluer sur scène le génie de cette reprise déjantée et interpréter un duo émouvant avec le pianiste à la voix d’or Charlie Voodoo. Avec quelle chanson? « Ziggy, un garçon pas comme les autres… »! Evidemment !

    Charlie Voodoo et Fabienne Thibeault

    Grégoire Colard

    Comédienne, sculpteure, Sylvie Malys est une artiste complète et inspirée, mais aussi Ministre de l’Oenologie dans le gouvernement de la République de Montmartre, dont le président est Alain Coquard. Cette semaine, elle a, aux côtés du maire du 18ème, Eric Lejoindre, régné sur les vendanges de cette vigne historique, datant du 12ème siècle, enracinée sur les pentes de ce petit village touristique rattaché à Paris en 1859, sur des terres appartenant autrefois au chansonnier et écrivain Aristide Bruant, aménagées par le dessinateur Francisque Poulbot. 

     

    Le Clos Montmartre 

    Forte de 30 cépages différents, la vendange de cette vigne, dénommée « Clos Montmartre », est chaque année un grand moment pour les vignerons de la Ville de Paris et nombre de bénévoles et de poulbots qui récoltent 2.000 kilos de raisins sur 1.750 ceps. Le tout est ensuite pressé dans le 18 ème arrondissement et vendu aux enchères lors d’une immense Fête des Vendanges en octobre dans les rues de la Butte, parrainée par Michou, le monument hystérique du quartier ! Longtemps considéré comme de la piquette sans intérêt, les crûs de Montmartre procurent aujourd’hui des saveurs distinguées par les connaisseurs qui font claquer leurs langues !

     

    Sylvie Malys et le responsable en chef des poulbots. 

    Cette année, les vendanges ont été enchantées par le sourire irrésistible de Sylvie Malys, parfaite tastevin, ayant même écrit et produit un spectacle particulièrement enivrant, « Le génie du vin« , un Wine Woman Show, qu’elle donne actuellement avec succès au « Théâtre du Gymnase », toujours suivi d’une dégustation partagée avec son public !

     

     

    Par ailleurs, un autre talent de cette belle comédienne (Trophée Profemina) et donc aussi ministre est d’être sculpteure, un don hérité de son arrière grand oncle, un célèbre graveur japonais, Kiyoshi Hasegawa. Elle a déjà été récipiendaire d’une Médaille de Bronze Arts Sciences et Lettres.  Elle enchaîne les expositions dont la dernière, fort courue, s’est tenue dans les écuries de la Garde Républicaine, à Paris, avec, sur des bottes de foin, des oeuvres en grès et en bronze, émaillées pour certaines de pierres précieuses ( jade, quartz rose, améthyste du Brésil, corail, lapis lazuli, etc…).

     

    « Preciosa », une oeuvre de Sylvie Malys 

    En attendant sa prochaine exposition et d’aller l’applaudir au théâtre, vous pourrez assister aux prochaines Fêtes des Vendanges de Montmartre du 14 au 18 octobre, qui accueillent chaque année plus de 500.000 personnes dans les rues de la Butte, avec Sylvie Malys et son écharpe de Ministre de l’Oenologie ! A votre santé!

     

    Défilé de poulbots pendant la Fête des vendanges 

    Grégoire Colard

     

    Le génie du Vin: le mardi 20h et le samedi à 18h au Théâtre Gymnase, 38 Bd Bonne Nouvelle 10 ème Fête des Vendanges: à Montmartre, du 14 au 18 octobre, mais aussi dans tout le 18 ème arrondissement.

     

     

    COMIQUE , IMITATEUR , CHANTEUR, L’ARTISTE ICONOCLASTE ET POPULAIRE GÉRALD DAHAN  A LE NEZ FIN  ( MAIS ROUGE) POUR METTRE EN VALEUR LE TALENT DES AUTRES SUR SON BATEAU THEÂTRE LE NEZ ROUGE , UN NOUVEAU LIEU INCONTOURNABLE DE LA SCÈNE PARISIENNE.

     

    Depuis vingt ans, Gérald Dahan, né à Cognac, a beaucoup navigué dans les eaux tumultueuses du show-business, s’amarrant  tout d’abord aux Mini Keums, jetant l’ancre ensuite aux côtés de du capitaine  Laurent Ruquier dans Rien à cirer, sur France Inter,  de rejoindre enfin le commandant Michel Drücker dans l’émission Vivement Dimanche, en tant que chroniqueur et imitateur acerbe,  et de mener son propre équipage  de drôles de flibustiers au Festival d’Avignon,  en 2009, avec la Bande à Dahan, pour Radio Star.  A part quelques débarquements forcés de quelques médias  pour avoir outrepassé le cap de la bienséance, il a gagné ses galons  de popularité avec notamment ses 500 canulars outrecuidants dont  certains devenus mémorables,  n’hésitant pas à se faire passer au téléphone pour Jacques Chirac, ou encore Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, et piégeant Nicolas Sarkozy qui avait juré par Neptune qu’il ne se ferait jamais avoir. Touché, coulé!

    Gérald Dahan aime innover, inventer, déranger, souvent dans l’insolence, jamais dans l’indécence. C’est sa marque de fabrique. Et son rêve de toujours a été de vivre sur un bateau. Il s’est d’ailleurs marié voici deux ans sur une  péniche et il en a découvert ensuite une autre, mise en vente par le comédien Michel Galabru, conçue autrefois comme le premier bateau-théâtre navigant parisien, avec un bandeau écarlate peint sur l’étrave, comme un nez rouge. Quelques travaux de rénovation plus tard, une nouvelle salle de spectacles parisienne d’une centaine de places archi confortables était née !

     

    Quelques jeunes artistes autour de Gérald Dahan dont le groupe Lucas Gang et David Bacci 

     

    Gérald Dahan a décidé d’en faire un lieu laboratoire, parrainé par le mime Julien Cottereau et la comédienne Firmine Richard, permettant à de jeunes talents de venir faire leurs armes devant un public de 100 personnes, que ce soient des humoristes, des chanteurs, des musiciens,  sans distinguo de genre particulier.  » J’ai eu la chance qu’on me fasse confiance alors que j’étais débutant, et je n’ai jamais oublié cela. Je vais à beaucoup de spectacles, je m’informe sur Internet,  j’écoute des CDs, je visionne des vidéos, et quand je repère  une perle rare, je lui propose de se produire au Nez Rouge, non seulement une fois, mais éventuellement régulièrement, en suivant l’évolution de son travail. Et il peut m’arriver de devenir le producteur de l’une de ces jeunes pousses, comme je l’ai fait pour Max Bird, aujourd’hui devenu très populaire, et actuellement pour un groupe détonant,  Lucas Gang. J’ai découvert une chanteuse  québécoise, Madmoiselle, venue pour un soir, que j’ai  immédiatement réinvitée et je suis régulièrement les performances du chanteur David Bacci. Mickael Jones, Jean-Félix Lalanne, Charlotte Valandrey, Fabienne Thibeault, Slimane et l’incroyable Victoria Petrosillo, des 3 Mousquetaires et du Roi Soleil,  

     

    Victoria Petrosillo

     

    sont venus enchanter le plateau,  comme Renaud Hantson, avec son « Hommage à Michel Berger », un spectacle devenu au fil des mois une institution maison. Pierre Santini va venir bientôt chanter du Paolo Conté, ainsi que Marcel Amont, prévu pour quatre soirs !  Original, non? Et je suis à la trace certaines  carrières, comme celles d’Elodie Poux, Hélène Arden , Mémé Casse Bonbons. Je ne peux pas citer tout le monde, mais le Nez Rouge est devenu une pépinière artistique familiale ! » 

     

    Gérald Dahan et Renaud Hantson 

     

    C’est  en effet en famille que Gérald Dahan  mène sa barque, ou plutôt sa péniche, avec sa femme Claire et sa maman Michèle, proposant aussi les après midi de vacances scolaires des spectacles pour enfants. Il se produit aussi régulièrement au Nez Rouge entre deux spectacles personnels en province avec ses imitations, ses sketches désopilants, seul ou accompagné de la délicieuse humoriste et imitatrice Sandrine Alexi. Tout ce qu’on peut souhaiter à Gérald Dahan, c’est d’être un capitaine au long cours !

     

    Grégoire Colard 

     

    Le Nez Rouge, 13 quai de l’Oise,  Paris 19eme

     

     

     

    Jamel Debbouze, sur scène, se montre toujours  aussi iconoclaste et vibrionnant. Après trois semaines de triomphe total en décembre dernier à La Cigale  affichant complet,  il se prépare à laminer toutes les plus grandes salles de France de son humour à la fois karcher et plein de générosité.

     

    Le retour de Jamel sur les planches  est une bonne nouvelle! Il nous manquait pendant toutes ces dernières années où il se consacrait non seulement à sa femme et à leurs deux enfants , mais aussi à toutes sortes d’activités artistiques. Il nous manquait car on a besoin de lui, de le voir courir, que dis je, bondir, d’un côté à l’autre de la scène , où il se présente seul, comme toujours, mais qu’il habite comme s’il y était entouré de tous ses amis et de toute sa famille. « Ma mère est la personne qui me fait le plus rire au monde! ». C’est sa vie à lui qu’il nous raconte, son quotidien, ses étonnements, ses effarements, et même ses révoltes face au monde insensé qui nous entoure, avec ses bêtises, ses scandales, mais aussi ses bonheurs.

     

     

     

    Jamel n’a peur de rien ni de personne. Il tchatche toujours comme une mitraillette, trop heureux d’être libre de nous faire partager sa joie de vivre, son sens du partage et son humanisme qui débordent de sa verve. Il donne l’impression d’improviser sans limite de ton ni de temps, au gré éventuel des interpellations qui fusent ça et là du public. Son spectacle sera t’il le même le lendemain ?  Pas sûr!

     

     

    Il n’oublie jamais ses origines marocaines ni de préciser être né à Paris, avoir grandi à Trappes, et revendique haut et fort, tout en en riant, le composite de sa vie. Le tableau qu’il dresse de lui-même, avec une large palette de couleurs, Jamel va l’accrocher pendant tout 2018 au fronton des plus grandes salles de France.  Quelle qu’en  soit la région, gageons que chacun l’y accueillera à chaque fois comme le plus sympa de ses compatriotes !

     

     

    Grégoire Colard

     

    Quelques villes et quelques dates…

     

    27/1  Châlons en Champagne

    28/1  Saint Dizier

    31/1  Beauvais

    1/2   Amiens

    2/2   Rouen

    3/2   Le Havre

    6/2.  Caen

    7/2.  Rennes

    8/2   Brest

    9/2   Nantes

    10/2  Angers

    13/2  Montpellier

    14/2  Marseille

    15/2  Toulon

    etc….

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C’est au Théâtre, enfin réouvert, du Musée Grévin, que l’improbable Raphaël Mezrahi nous fait fondre comme de la cire devant ses facéties tellement hasardeuses, paraissant pour certaines avoir ni queues ni têtes, au point de se demander si cet homme est bien fini dans sa tête.

    Découvert par le grand public en 1995 grâce à ses vraies-fausses interviews dans l’émission  » Osons » de Patrick Sébastien et ensuite dans Nulle Part ailleurs, sur Canal Plus, Raphaël Mezrahi,   » alias Hughes Delatte, journaliste aux cheveux gras et au chandail marronnasse troué, jamais avare de questions idiotes et totalement décalées », a découvert sa voie de  vrai comique-faux journaliste en visionnant  à 12 ans les shows satiriques de l’Américain Norman Gunston, mais aussi  un certain entretien devenu cultissime entre Pierre Desproges et Françoise Sagan.

     

     

    Photo extraite de l’interview de Françoise Sagan par Pierre Desproges dans l’émission Le Petit Rapporteur ( 1975)

     

    A l’heure où la cabale court aujourd’hui, affirmant que  tous nos plus grands humoristes français  copient largement leurs collègues américains, leur volant des idées de sketches, on pourrait très bien accuser Mezrahi  d’avoir plagié Desproges. Il en rit:  » Pierre  n’a pas inventé l’absurde, il l’a sublimé ! Cela été la révélation et la confirmation pour moi de ma vraie nature.  Dans la vie, mon entourage s’est toujours étonné que j’instaure, couché dans un pré, une sorte de dialogue nez à nez avec un hérisson !  Pour la télévision, le cinéma ou le théâtre, je mets en scène ceux qui m’inspirent, que ce soient des mamies que j’adore, ou des stars françaises ou internationales, de Nicoletta à Brad Pitt,  en passant par Nabilla, à qui je pose des questions  incongrues qui les déconcertent complètement,  et qui regardent avec stupeur le journaliste que j’incarne alors comme un zombie sorti tout droit d’un asile! « .

     

    Nabilla et Raphaël Mezrahi 

     

    Sa propre originalité, Mezrahi la propose actuellement , jusqu’au 13 janvier, sur la scène du Théâtre du Musée Grévin, après une tournée magistrale en province, et reprendra ce spectacle assument original au Théâtre de la  Madeleine, à partir 20 mars. Il s’agit en fait d’un show sans metteur en scène ( « On ne met pas l’absurde en scène! On le vit, au hasard « ), avec une projection choisie par le public en levant la main d’une vidéo ratée d’une personnalité, et des réflexions qui paraissent improvisées, venues comme ça au détour d’une mouche qui volette dans la lumière des projecteurs. De fait, l’heure et demie que l’on passe à suivre les (fausses) hésitations de notre artiste , et les pérégrinations ( faussement) hésitantes de son esprit moqueur et extrêmement sympathique , toujours chaleureux, jamais méchant,  nous enchantent.

     

     

    Raphaël Mezrahi va aussi prochainement décaler nos esprits, 12 février prochain, en produisant pour la cinquième année consécutive, La Nuit de la Déprime, aux Folies Bergère, où nombre de comédiens, d’humoristes et de chanteurs, voire d’hommes politiques, vont monter sur cette scène mythique afin  de nous tirer des torrents des larmes…de rire !

    Ne ratez pas Raphaël Mezrahi, il est irrésistible…

     

    Grégoire Colard 

     

    Jusqu’au 13 janvier : Théâtre du Musée Grévin. 10 boulevard Montmartre.Paris 9eme.

    12 février : Nuit de la Déprime . Folies Bergère. 32 rue Richer, Paris 9eme.

     

     

     

     

    Le 13 novembre 2015, au Bataclan, Hélène Leiris tombe sous les balles. Antoine, son mari, lui dédie une lettre bouleversante, puis un livre éponyme, « Vous n’aurez pas ma haine », dont le texte est aujourd’hui célébré par le comédien Raphaël Personnaz sur la scène du Théâtre du Rond Point. 

     

    Ce n’est pas facile pour moi de décrire cette pièce qui m’a laissé paralysé par l’émotion. Le plus simple est peut être de citer d’abord le comédien qui mène ce monologue pendant un peu plus d’une heure, une heure qui passe comme un souffle d’air brûlant.

    Raphaël Personnaz, révélé au grand public en 2010 par l’un de ses premiers rôles dans la Princesse de Montpensier, un film de Bertrand Tavernier, a reçu depuis de nombreuses récompenses de ses pairs, dont un César , en 2011, et un Prix Patrick Dewaere, en 2013. Malgré son physique à la beauté angélique qui aurait pu l’entraîner vers une carrière de briseur de coeurs dans des comédies romantiques, nous tenons là un comédien et acteur éclectique qui ne se laisse pas hypnotiser par la lumière de la gloire à tout prix. Avec ce texte d’Antoine Leiris, « Vous n’aurez pas ma haine », qu’il a découvert après sa parution en livre,  grâce au metteur en scène Benjamin Guillard , il a compris que c’était un devoir pour lui de le partager sur scène avec le plus grand nombre, alors même qu’il doutait pouvoir le faire, non pas en tant que comédien, mais en tant qu’homme. Il a finalement choisi de ne pas se mettre dans  peau d’Antoine Leiris, qui a perdu sa femme au Bataclan, mais d’être sa voix. Il a fallu à Raphael des mois de répétitions, tant il y pleurait, pour arriver au bout des mots. Pour dépasser les maux. Et il fait preuve sur scène, d’une force, d’une assurance et d’une virilité à toute épreuve. Un vrai soldat de l’amour.

    Au Théâtre du Rond Point, il est seul, face à une chaise vide, accompagné parfois par quelques notes de musique jouées presque en sourdine par une pianiste délicate que l’on devine derrière une rideau translucide, évoquant comme  une âme féminine planant dans la salle, celle d’Hélène. Peut être. Sûrement.

    Les spectateurs sont pétrifiés, silencieux. Certains pleurent. Moi aussi. Mais on rit aussi, parfois. Comme un exutoire. Tout simplement parce que ce texte est celui du  refus de céder à la haine vis à vis des terroristes, qui n’attendent que cela. Ne pas céder. Continuer, malgré tout. Et surtout. La vie est là, notamment avec cet enfant encore tout petit qu’Antoine a eu avec Hélène. C’est l’heure de lui raconter les souvenirs drôles et heureux et de le faire grandir dans un monde qui ne peut pas, qui ne doit pas être celui de l’horreur absolue , mais de la tendresse, de la joie, du partage et de l’altruisme.

    Dans cette pièce, à la fois dure et tendre, dont on ne sort pas intact, on l’aura compris, s’entremêlent des moments de douleur intense, des cris d’incompréhension et de révolte, mais aussi des envolées d’émotion à corps perdu et de lyrisme absolu. Un véritable hymne à l’amour et à la vie.

    Je ne peux pas critiquer « Vous n’aurez pas ma haine« …. Juste dire: « Allez y! ».

     

    Grégoire Colard

     

    Jusqu’au 10 décembre au théâtre du Rond-Point ( Complet)

    Du 2 mars au  14 avril 2018 au théâtre de l’Oeuvre