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César est un artiste sculpteur plasticien français, reconnu dans le monde entier . Il est magnifiquement salué par une immense exposition qui lui est consacrée à Paris, au Centre Pompidou, initiée par le commissaire Bernard Blistène.

Né à Marseille en 1921, César Baldaccini est surtout connu de tous pour sa fameuse statuette remise chaque année à la cérémonie des … »César« ! Quel acteur ne rêve de pas l’accrocher à ses rêves les plus fous?  Elle est le symbole de la réussite, de la reconnaissance de ses pairs et du public.  Il est juste que César, disparu en 1988, soit mis  à son tour sur l’autel  de l’admiration à la fois officielle et publique, grâce aux installations  des oeuvres les plus emblématiques de son talent étonnant dans un gigantesque open space qui déborde à travers les baies vitrées sur Montmartre et les toits de Paris .

 

Le César du cinéma/1975 

 

Sur le sol semblent traîner des coulées irrépressibles de chocolat, de crème, symboles pour l’artiste des débordements de la vie et de la nature. Une direction artistique, qu’il définit comme celle de l’expansion, qui lui est venue quand, jeune homme, il s’est rendu à Pompéï et a été sidéré par les corps à jamais pétrifiés  dans la lave qui avait submergé la ville. La plupart de ces oeuvres  sont réalisées à base de mousse de polyuréthane. Est-ce à dire que César est un artiste « industriel »? En tous cas, c’est un créateur témoin et visionnaire de son temps, qui utilise les matériaux générés et dégénérés par l’homme et les divinise.

 

Quelques expansions

 

Dans une autre partie de cette exposition sont proposées des compressions de carcasses de voitures cabossées, écrasées, qu’on ne cesse de regarder pour certaines non sans regret de ne pas les avoir conduites  quand elles étaient neuves, sublimes et éblouissantes ! Nos désirs les plus fous sont ainsi réduits en tas de tôles alors même qu’ils s’érigent à tout jamais en oeuvres d’art ! C’est la consécration de l’éphémère…

 

La formule 1 Ricard/1962

 

C’est en 1958, à l’âge de 37 ans, que César découvre les presses hydrauliques et compresse sa première voiture, une Dauphine, pour se jeter ensuite sur d’autres engins, comme des formules 1 ou des carrosses de luxe. Ses oeuvres font alors scandale et déclenchent une cabale, qui perdure encore aujourd’hui pour certains, qui n’acceptent pas que l’art sublime des détritus de la consommation. Ce qui est sûr, c’est l’acuité du regard de l’artiste sur notre monde contemporain consumériste.

 

César/1997. Paris, France.Photo Ulf Andersen

 

Un autre corps de cette installation du Centre Pompidou présente un aspect tout aussi connu de César, mais discutable aussi pour beaucoup, celui de son bestiaire et de ses oeuvres en fer. Quand il était encore tout jeune, issu d’une famille aux très modestes moyens, César avait déjà bricolé pour son petit frère des jouets en fer à base de boîtes de conserve. Plus tard, toujours sans le sou, incapable d’acquérir du marbre, c’est tout naturellement qu’il a conçu des oeuvres avec des déchets métalliques.  Et là, dès le départ, le  succès national et international lui a permis d’accéder au vertige de la notoriété et de l’acceptation de son imaginaire.

 

Le scorpion/1955

 

Exposition César/Centre Pompidou, jusqu’au 13 mars 2018.

 

 

Grégoire Colard