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Le groupe BTS

Les 7 et 8 juin , le Stade de France accueillera sur son immense scène le show du groupe sud-coréen BTS, digne représentant de cette vague musicale, la K-pop, ( korean pop), partie de Séoul, qui submerge les ados du monde entier et aujourd’hui de France. Un véritable tsunami!

Loin du rap et de la musique urbaine dans lesquels baignent actuellement nos chanteurs les plus successful, ce sont des ados sud-coréens qui déferlent chez nous pour déchaîner nos enfants pré-pubères! Préparez vos économies: le groupe BTS, qui sera à guichets fermés à Paris cette semaine a vu au marché noir le prix des places s’envoler à 4.500 euros! On a du mal à y croire! Les BlackPink (quatre jeunes filles) avaient déjà fait un ravage au Zénith de Paris en mai dernier, et l’annonce de la venue en octobre d’un autre kid’s band, G O T 7, chatouille déjà l’enthousiasme de nos plus jeunes.

Les BTS

Les BTS comptent 4 milliards de vues et sont inscrits au Guiness des records sur Twitter et leur tout nouveau titre « Boy with luv » a été visionné 78 millions de fois en 24 heures! Leur troisième album « Love Yourself: Answer » a été classé 1er au Billboard américain ! Ils ont même pris la parole en septembre à ONU! Leur style? Sucré, pop , très « yéyé »‘ des années 60, formaté à mort, adapté aux tracas quotidiens des ados: l’acné juvénile, les flirts, etc… mais qui prône aussi l’estime de soi et l’amour des autres. Ils sont d’ailleurs affiliés à l’Unicef. Ces jeunes, que ce soient des groupes de filles ou de garçons, sont recrutés vers 15 ans, et doivent être parfaitement beaux, androgynes, habillés flashy. Engagés par un « slave contract » ( contrat d’esclave) de 7 ans, ils doivent rembourser intégralement l’argent engagé en cas de non-renouvellement ! L’alcool, la drogue et le sexe sont formellement interdits ! Une ambiance tellement militaire que ces jeunes artistes appellent leurs fans une…armée ( « army »). Ce n’est pas étonnant que le dictateur de la Corée du Nord, Kim Jung-Un les apprécie, paraît -il, au point qu’il a autorisé dans son propre pays la formation d’un girl’sband , le Moranbond Band, où toutes les filles sont des …militaires !

Le groupe nord-coréen Moranbong Band

Grégoire Colard

 

Pour ses vingt ans, Solidays, le festival organisé par Solidarité Sida, a rassemblé le week-end dernier à Longchamp 220.000 spectateurs. Un record.  

Avec l’aide de 3.000 bénévoles, une organisation d’enfer, des structures gigantesques pour accueillir nombre de groupes et de chanteurs, un village solidaire accueillant une centaine d’associations, une sécurité à la fois inflexible et discrète, Solidays propose chaque année une vraie fête musicale et des centres d’information sur les immenses prairies vertes de Longchamp, le long du Bois de Boulogne.

Le public, composé pratiquement uniquement de jeunes gens, sait parfaitement pourquoi il est présent, certes pour s’amuser, mais aussi pour soutenir des causes , s’investir, s’engager et aider. La cause est entendue et il est impressionnant de ne rencontrer que des milliers de visages aimables et souriants ! Il est vrai qu’avec ses 20 millions d’euros de bénéfices récoltés depuis sa création, Solidays a pu les reverser équitablement à différentes sources d’entraide.

« Je me dis qu’on a eu raison de faire confiance à la jeunesse pour changer le monde », assure Luc Barruet, le directeur fondateur de Solidays. « Sensibilisation de tous, engagement, soutien au tissu associatif, autant de satisfactions pour moi au fil de ces années. Le fléau est malheureusement loin d’être éradiqué, et a muté, mais la solidarité est là, toujours plus forte. Nous avons pu réduire quelque peu la détresse humaine face au virus. » 

 

 

Cette année, Brigitte Macron a tenu le premier jour à venir longuement témoigner de son intérêt, sans son mari, occupé ailleurs. Peut-être viendra-t-il l’année prochaine ? François Hollande, on s’en souvient, a été le seul président en exercice, en 2014, à faire acte de présence pendant quatre heures, ne cachant pas son plaisir d’être làne manquant pas non plus d’aller visiter non seulement le village solidaire mais aussi l’exposition érotique Happy Sex, de Zep, proche du pavillon « Sex in the City »!  Il n’avait en revanche pas essayé le préservatif à taille humaine !

 

 

La plus grande attraction de Solidays, dont Antoine de Caunes est le président d’honneur, est évidemment celle de la musique, propulsée sur d’immenses scènes érigées ça et là, avec des prestations artistiques de tous styles, dont cette fois-ci  celles de David Guetta  et de  Juliette Armanet, en passant par Eddy de Pretto, Jain, Nekfeu, Shaka Ponk, Big Flo et Oli, Amadou et Mariam, Feu! Chatterton, Iam, etc… sans oublier la découverte passionnante du  groupe électro, Polo & Pan, produit par Raphaël Hamburger, et qui compte déjà une dizaine de millions de vues sur les réseaux sociaux !

 

Polo & Pan 

 

Des moments émouvants aussi, avec notamment l’assemblage sur la pelouse  de dizaines de patchworks  confectionnés par des proches de disparus du SIDA;  avec l’apparition folle-dingue des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, un mouvement militant LGBT créé en 1979 à San Francisco, et avec les hommages rendus aux militants africains, asiatiques, maghrébins, du Moyen Orient, de France et d’Europe.

 

Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence

 

Pour ceux qui ont connu comme nous dans les années 90 la montée du SIDA, avec les premières actions d’Act Up, une association dont le seul but était d’alerter l’opinion, de dénoncer l’indifférence des laboratoires et de bousculer les esprits chagrins gouvernementaux et médiatiques, avec, entre autres,  des projections de  sang ( de la peinture rouge) sur des monuments ou des bâtiments administratifs, et en recouvrant l’Obélisque d’un préservatif géant, il est réconfortant de voir les nouvelles générations afficher en musique leur solidarité. Bravo Solidays !

 

 

Grégoire Colard 

 

Pour vous engager ou vous informer sur les actions de Solidarité Sida, c’est Ici !

Hélène Arden, née à Marseille, est actrice, chanteuse et danseuse. Fan de Claude François, elle lui rend hommage dans un one woman show, « Clodette for ever ».  

Claude François, disparu en 1978, aurait fêté ses 80 ans le 1er février 2019 ! Lui qui avait si peur de vieillir et qui prenait tant de soin de lui, il n’aurait sûrement pas supporté de devoir affronter les outrages du temps. Dans le coeur de ses fans de toujours, et dans l’esprit du public multi-générationnel qui, jusqu’à aujourd’hui,  continue à danser et à faire la fête sur ses tubes comme s’il était toujours là, il n’a pas pris une ride. Une jeune artiste talentueuse, Hélène Arden,  lui rend hommage à travers  un spectacle,  ‘ »Clodette for ever« , qu’elle a écrit avec une plume caressant des souvenirs imaginaires avec lui.

 

Dès l’âge de 5 ans, Hélène a été éblouie par Cloclo, qu’elle voyait danser et chanter sur le petit écran de ses parents. Elle reprenait en choeur les paroles de ses chansons qu’elle connaissait sur le bout des lèvres et reprenait ses chorégraphies dans sa chambre en écoutant ses CDs dans son mange–disques . Elle était fascinée par les danseuses  qui entouraient son idole et affirmait à ses parents, amusés: « Un jour, plus tard, je ferai Clodette ! ». Déterminée, elle a obtenu d’eux de pouvoir prendre des cours de danse et de chant et à se produire dans des petits spectacles ici et là. Montée à Paris pour ses 20 ans, elle a enregistré un disque,  » Toi et moi« ,  avec Claude Engel, l’un des anciens musiciens de Michel Berger et à commencé à se produire régulièrement sur la scène du cabaret parisien Les Trois Maillets, où elle a plongé vocalement dans les répertoires de d’Edith Piaf, de Barbara, de Jacques Brel et de Patricia Kaas. Des reprises, certes , mais pas celles de son idole !

 

A la suite d’une rencontre inopinée avec Félix Bussy, ancien collaborateur artistique  d’Yves Montand, l’idole de son père,  elle lui confie son désir d’être non seulement chanteuse à part entière mais aussi comédienne, et se penche sur des biographies de l’interprète des « Feuilles mortes« . Elle  écrit un premier spectacle musical, «  Montand le French Lover« ,  dans lequel elle interprète la soeur présumée du chanteur, racontant les amours de celui-ci avec Edith Piaf et Marylin Monroe, dont elle interprète des titres, et avec Simone Signoret. Donné déjà plus de 200 fois, et actuellement au Théâtre Lucernaire, ce show original, soutenu par ses sous-titres en anglais pour le public international de cette star mondiale, remporte l’adhésion du public et celles de Carole Amiel, la dernière femme  d’Yves Montand et de leur fils Valentin…!

Photo Paul Evrard 

 

Mais si le succès a du bon, Hélène Arden est toujours taraudée par son rêve d’enfant, celui de danser et de chanter sur du Claude François! « Suivant le Principe de Peter, c’était devenu avec le temps une évidence! ». C’était maintenant ou jamais ! Je me suis remise à la barre, j’ai lu des biographies sur Claude, je suis allé visiter son Moulin de Dannemois, et je me suis dit qu’il aurait adoré mon côté enthousiaste et accepté ma démarche. Ce qu’a d’ailleurs fait son fils, Claude François Junior« .

 

Et voici Hélène Arden enfin devenue  Clodette !  Elle  danse, bien sûr, ressuscitant parfaitement les chorégraphies légendaires, mais entonnant aussi avec grand talent les tubes de son idole de toujours, narrant quelques anecdotes sur sa personnalité et sa vie, le tout dans un vrai spectacle de variétés, mis en scène par Valéry Rodriguez, qui aurait assurément plu à Cloclo, et qui ravit non seulement le public, mais aussi les fans qui ont elles vraiment connu le chanteur et aussi les vraies et anciennes Clodettes venant retrouver avec bonheur leur jeunesse extraordinaire …Donné récemment plusieurs fois au Théâtre Trévise, qui affichait complet, « Clodette for ever » va sillonner la France avant de revenir à Paris, le tout à des dates dont nous vous informerons au fur et à mesure…

 

Grégoire Colard 

Clodette for ever:   19 octobre Berre l’Etang/ 20 et 21 octobre Marseille/ 23, 24, 25 octobre Cugnaux, 16 décembre Viry Châtillon/  31 décembre Saint Quentin.

Montand le French Lover: du 17 juin au 19 août au Théâtre Lucernaire

 

Le photographe Tony Frank n’a jamais été un paparazzo voleur d’images. Respecté et aimé des stars depuis les années 70, il était souvent invité par elles à s’immiscer dans leur intimité, comme chez Serge Gainsbourg,  au 5 bis rue de Verneuil. Un grand privilège…

Tony Frank a commencé sa carrière de photographe à 15 ans ( !) avec le magazine de jeunes  Salut les Copains, créé par Daniel Filippachi. Au fil des années, ayant le même âge que les vedettes yéyés de l’époque, il a su créer avec elles une proximité amicale grâce à sa bonhomie et sa jovialité naturelles. Impossible de résister à son sourire et de ne pas lui faire confiance. C’est ainsi qu’Eddy Mitchell, Véronique Sanson, Johnny Hallyday, Michel Berger, France Gall, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Nathalie Baye, mais aussi les Who et Bob Dylan, pour ne citer qu’eux, ont toujours apprécié son oeil d’artiste.  C’est lui qui  créa la fameuse affiche  de Michel Polnareff avec ses fesses nues, ou, par exemple, la pochette de Melody Nelson, avec Jane Birkin, illustrant cet album écrit par Serge Gainsbourg.

Tony Frank 

Ah, rue de Verneuil, entre Serge et Tony,  là, c’est l’histoire de toute une vie partagée, avec des fêtes, des bons mots, des repas et des bonnes bouteilles, des séances de travail, et des pauses  dans la quiétude  de cet antre aux murs noirs de la rue de Verneuil,  découvert par l’artiste avec Brigitte Bardot. Un habitat baroque  aux fenêtres toujours fermées, où Maître Serge alignait avec minutie dans un ordre que nulle spontanéité ne devait déranger, pas même celles de  ses enfants, des objets, des bibelots précieux et fétiches des tableaux, des stages, des poupées anciennes collectionnées par Jane.  Sans oublier des médailles, des diplômes,  des décorations, et des trophées qu’il remportait. Sa cuisine était tout aussi ordonnée. « La spécialité de Serge, raconte Tony Frank, était de mitonner des plats marinés et de concocter des cocktails,  comme le Gibson, avec la précision et la dextérité d’un barman professionnel ! ». 

 

Photo Tony Frank 

Tony Frank a eu l’insigne honneur pendant des années de pouvoir prendre des photos de ce décor dont Serge Gainsbourg était si fier et dont il rapporte aujourd’hui les propos rieurs :  » Voilà, c’est chez moi. Je ne sais pas ce que c’est : un sitting room, une salle de musique, un bordel, un musée…Je ne sais pas ce qui est le plus précieux ici. Si ce sont les objets ou moi ! Qui est hors de prix ? Je pense que c’est moi ! « .  

 

Photo Tony Frank 

Le photographe a aussi immortalisé les innombrables graffitis d’admiration qui avaient complètement envahi le mur extérieur comme, déjà, une expression spontanée de street art et qui perdurent encore aujourd’hui, sans cesse recouverts par d’autres. Selon Tony Frank, Serge était ému et amusé de ce lien direct avec ses fans anonymes et repérait immédiatement  les nouveaux messages du jour .  » Ma maison est célèbre!… ».

 

Charlotte et Serge Gainsbourg/Photo Tony Frank

 

Aujourd’hui, la maison, devenue un monument artistique secret de Paris,  que Charlotte Gainsbourg rêve toujours d’en faire un musée, espérant être officiellement aidée pour cela, est restée telle quelle après la mort de Serge, en 1991, offrant pour les seuls murs noirs les trésors de toute une vie. Des trésors que Tony Frank a sublimé par ses clichés, que l’on peut détailler et admirer dans son livre et dans une exposition éclectique à la Galerie de l’Instant qui permet d’être virtuellement invité chez Gainsbourg

 

Grégoire Colard

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marie Périer, surtout connu pour avoir été « le » photographe des Yéyés, ne s’est pas arrêté aux années 60 et 70.

Son objectif s’est reflété dans les yeux de Johnny Hallyday, de Michel Berger, de Claude François, de Sylvie Vartan, de Sheila et de tous les rois et reines des hits -parade et notamment dans le regard amoureux de Françoise Hardy, un temps sa compagne. Jean-Marie Périer avait l’art et l’imagination de les shooter dans des cadres idylliques ou improbables, dans des tenues, voire des déguisements, qu’il était le seul à pouvoir leur faire endosser le temps d’un clic-clac merci Kodak.

 

Jean Gaul Gaultier / Photo Jean-Marie Périer 

Aujourd’hui, il expose son travail de capteur d’images prises de la Fashion Galaxy  des années 90, que ce soit auprès de Jean-Paul Gaultier, d‘Azzedine Alaïa, de Viviane Westwood, d’Issey Miyaké, d’ Yves Saint-Laurent, de Karl Lagerfeld, de Thierry Mugler mais aussi de mannequins restés cultissimes tels Carla Bruni, Jerry Hall ou Monica Bellucci.

« Dans les années 60-70, les chanteurs étaient les figures emblématiques d’une nouvelle ère, celle de la libération de la jeunesse, et, ensuite, ce sont les grands couturiers qui ont porté à leur tour la flamme de cette émancipation, de faire exploser avec leurs aiguilles les codes vestimentaires.  Cela m’a follement amusé, par exemple, de mettre Kenzo Tagada sur un éléphant, de monter un studio avec Viviane Westwood habillée en  Marie Antoinette, accompagnée à ma grande surprise d’un garçon entièrement nu ! Pour moi, cette décade a été une parenthèse glorieuse dans nos vies »

 

Viviane Westwood / photo Jean-Marie Périer  

 

C’est à la demande de sa soeur Anne-Marie Périer, alors rédactrice du magazine « Elle », que toutes ces photos de mode ont été alors réalisées et sont aujourd’hui exposées à la galerie Photo 12, magistralement tenue dans le Marais par Valérie-Anne Giscard d’Estaing,  qui nous  confie :

« Je suis heureuse  d’avoir pu mettre en valeur une autre facette de l’art de Jean-Marie Périer, tout aussi  éblouissante que celle que l’on connaît tous de son époque yéyé, mais moins connue.  Avec cette série sur la mode, il laisse une empreinte poétique très significative sur chacun de ses clichés, mêlée à une inspiration très personnelle. Son regard est à la fois artistique et sociétal »

 

Valérie-Anne Giscard d’Estaing / Photo Jean-Marie Périer 

 

Grégoire Colard

Fashion Galaxy, à découvrir en ce moment à la Galerie Photo 12, 14 rue des Jardins Saint Paul, Paris IVé.

 

COMIQUE , IMITATEUR , CHANTEUR, L’ARTISTE ICONOCLASTE ET POPULAIRE GÉRALD DAHAN  A LE NEZ FIN  ( MAIS ROUGE) POUR METTRE EN VALEUR LE TALENT DES AUTRES SUR SON BATEAU THEÂTRE LE NEZ ROUGE , UN NOUVEAU LIEU INCONTOURNABLE DE LA SCÈNE PARISIENNE.

 

Depuis vingt ans, Gérald Dahan, né à Cognac, a beaucoup navigué dans les eaux tumultueuses du show-business, s’amarrant  tout d’abord aux Mini Keums, jetant l’ancre ensuite aux côtés de du capitaine  Laurent Ruquier dans Rien à cirer, sur France Inter,  de rejoindre enfin le commandant Michel Drücker dans l’émission Vivement Dimanche, en tant que chroniqueur et imitateur acerbe,  et de mener son propre équipage  de drôles de flibustiers au Festival d’Avignon,  en 2009, avec la Bande à Dahan, pour Radio Star.  A part quelques débarquements forcés de quelques médias  pour avoir outrepassé le cap de la bienséance, il a gagné ses galons  de popularité avec notamment ses 500 canulars outrecuidants dont  certains devenus mémorables,  n’hésitant pas à se faire passer au téléphone pour Jacques Chirac, ou encore Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, et piégeant Nicolas Sarkozy qui avait juré par Neptune qu’il ne se ferait jamais avoir. Touché, coulé!

Gérald Dahan aime innover, inventer, déranger, souvent dans l’insolence, jamais dans l’indécence. C’est sa marque de fabrique. Et son rêve de toujours a été de vivre sur un bateau. Il s’est d’ailleurs marié voici deux ans sur une  péniche et il en a découvert ensuite une autre, mise en vente par le comédien Michel Galabru, conçue autrefois comme le premier bateau-théâtre navigant parisien, avec un bandeau écarlate peint sur l’étrave, comme un nez rouge. Quelques travaux de rénovation plus tard, une nouvelle salle de spectacles parisienne d’une centaine de places archi confortables était née !

 

Quelques jeunes artistes autour de Gérald Dahan dont le groupe Lucas Gang et David Bacci 

 

Gérald Dahan a décidé d’en faire un lieu laboratoire, parrainé par le mime Julien Cottereau et la comédienne Firmine Richard, permettant à de jeunes talents de venir faire leurs armes devant un public de 100 personnes, que ce soient des humoristes, des chanteurs, des musiciens,  sans distinguo de genre particulier.  » J’ai eu la chance qu’on me fasse confiance alors que j’étais débutant, et je n’ai jamais oublié cela. Je vais à beaucoup de spectacles, je m’informe sur Internet,  j’écoute des CDs, je visionne des vidéos, et quand je repère  une perle rare, je lui propose de se produire au Nez Rouge, non seulement une fois, mais éventuellement régulièrement, en suivant l’évolution de son travail. Et il peut m’arriver de devenir le producteur de l’une de ces jeunes pousses, comme je l’ai fait pour Max Bird, aujourd’hui devenu très populaire, et actuellement pour un groupe détonant,  Lucas Gang. J’ai découvert une chanteuse  québécoise, Madmoiselle, venue pour un soir, que j’ai  immédiatement réinvitée et je suis régulièrement les performances du chanteur David Bacci. Mickael Jones, Jean-Félix Lalanne, Charlotte Valandrey, Fabienne Thibeault, Slimane et l’incroyable Victoria Petrosillo, des 3 Mousquetaires et du Roi Soleil,  

 

Victoria Petrosillo

 

sont venus enchanter le plateau,  comme Renaud Hantson, avec son « Hommage à Michel Berger », un spectacle devenu au fil des mois une institution maison. Pierre Santini va venir bientôt chanter du Paolo Conté, ainsi que Marcel Amont, prévu pour quatre soirs !  Original, non? Et je suis à la trace certaines  carrières, comme celles d’Elodie Poux, Hélène Arden , Mémé Casse Bonbons. Je ne peux pas citer tout le monde, mais le Nez Rouge est devenu une pépinière artistique familiale ! » 

 

Gérald Dahan et Renaud Hantson 

 

C’est  en effet en famille que Gérald Dahan  mène sa barque, ou plutôt sa péniche, avec sa femme Claire et sa maman Michèle, proposant aussi les après midi de vacances scolaires des spectacles pour enfants. Il se produit aussi régulièrement au Nez Rouge entre deux spectacles personnels en province avec ses imitations, ses sketches désopilants, seul ou accompagné de la délicieuse humoriste et imitatrice Sandrine Alexi. Tout ce qu’on peut souhaiter à Gérald Dahan, c’est d’être un capitaine au long cours !

 

Grégoire Colard 

 

Le Nez Rouge, 13 quai de l’Oise,  Paris 19eme

 

Enfin un peu de jeunesse sur France 2 !  L’animatrice Daphné Bürki a fait le buzz en présentant les Victoires de la Musique, une émission habituellement ennuyeuse à mourir,  devenue grâce à elle un moment totalement ludique, potache, insolent et déjanté, sur un faux-semblant de n’importe quoi……

 

 

REUTERS/Christian Hartmann

 

A 38 ans, Daphné Bürki pourrait être sage, posée, ne serait ce que pour donner l’exemple à ses deux petites filles.  D’autant plus qu’à la télévision, elle aligne déjà un beau palmarès en tant qu’animatrice et que sa verve naturelle et sa nature espiègle devraient avoir été limées par la lourdeur de nos chaînes institutionnelles. De nombreuses années passées sur Canal Plus lui ont en fait permis d’exercer sa liberté de parole naturelle, notamment dans le Grand Journal ( où elle n’a hésité à dévoiler un de ses seins à un Manuel Valls ébaubi)   mais aussi dans l’émission Les Maternelles et C à vous sur France 5. Actuellement, depuis août 2017, elle enflamme l’Audimat de  France 2 en menant d’une main de maîtresse l’émission « Je t’aime » chaque après midi sur France 2, à 15 heures, un horaire normalement désertique !  Et soudain, le temps d’une soirée exceptionnelle, la voici bombardée, par Delphine Ernotte, seule aux commandes de la présentation des Victoires de la Musique. Cela aurait pu être la fin de tout pour elle, mais sa prestation a été une telle réussite que sa carrière devrait exploser.

 

Sting, parrain de la soirée, et Daphné Bürki

        C’est d’une voix enjouée, avec un ton toujours empreint d’une ironie redoutable que Daphné a fait allègrement défiler tour à tous les artistes récipiendaires de ces Victoires tant désirées, jamais à court d’un bon mot, parfois même d’un gros mot, n’hésitant pas à se jeter de la scène sur les bras levés du public, telle une slammeuse déchaînée ou un Claude François débraillé. Ce n’est pas Michel Drucker qui aurait fait cela! (Michel, si tu m’entends!). Et, que ce soit avec Sting, Orelsan, Mc Solaar, Big Flo et Oli, Charlotte Gainsbourg, Gaêl Faye, Camille, etc.., elle s’est montrée totalement en phase avec eux, n’hésitant pas à improviser quand une panne technique trouble la fête durant de longues minutes et qu’elle prend sur elle d’aller chercher des sandwiches en coulisses pour les distribuer à des spectateurs pas du tout affamés, mais éberlués.

 

Orelsan et Daphné Bürki, en pyjama.

        Daphné Bürki, qui a commencé sa carrière télévisuelle en présentant les tendances de la mode et qui a une taille mannequin (1m82 ), a aussi joué de son physique avec des tenues des plus chics aux plus déconcertantes (un pyjama),  affichant une féminité épanouie qui n’a pas dépareillé aux côtés de  celle d’Iris Mittenaere,  Miss France 2016 et Miss Univers 2017. Bref, Daphné Bürki,  née sur la pelouse d’un hôpital parisien, est désormais promise à un champ de gloire médiatique. Peut être même au cinéma, qui  a déjà fait appel à elle…

 

 Iris Mittenaere et Daphné Bürki.

 

Grégoire Colard 

 

 

Dans son livre « Mes étoiles 1980 » (Editions Pygmalion), Olivier Kaefer,  que  Patrick Timsit incarne brillamment dans les films Stars 80 1 et 2, est le créateur fondateur de la fameuse tournée de nos idoles d’antan et mitonne pour nos papilles avides moult croustillants et succulents secrets comme on les aime ! Des moments heureux, des joies scéniques, mais aussi de la jalousie entre artistes,  des caprices  hallucinants, des coups de théâtre …

 

A dix ans, Olivier Kaefer, qui a grandi en se dandinant devant l’écran de la télévision familiale, fasciné par les shows des Carpentier, où apparaissaient toutes les stars de l’époque,  comme Johnny Hallyday, Sheila, Claude François, Nana Mouskouri, Joe Dassin, mais aussi par les émissions de variétés de Guy Lux, a eu son heure de gloire dans les fêtes familiales en entonnant, déguisé, la « Bonne du curé », d’Annie Cordy.  Devenir chanteur ? Non, il ne l’a jamais désiré. Mais les approcher, les connaître, leur parler, faire partie de leur monde, oui! Peu importe les études, qu’il considère comme une perte de temps alors qu’il pourrait écouter l’émission d’Europe 1  « Salut les copains » ! Encore adolescent, il commence à faire de la radio libre dans sa ville natale de Blois, où tout de suite , on lui confie des interviews de chanteurs. Très vite , il monte à Paris, travaille au sein de Radio Solidarité, qui soutient Jacques Chirac, quand on lui propose de s’occuper des intérêts artistiques de Lova Moor, issue du Crazy Horse Saloon, et d’Eric Morena ( « Oh mon bateau »), issu de la prêtrise ! S’ensuivent d’autres vedettes  de l’époque comme Patrick Juvet, particulièrement  capricieux, et Amanda Lear, particulièrement….star, avec des prétentions abracadabrantes. Il s’en souvient avec humour. Olivier Kaefer est un gentil, qui aime les artistes. A la folie.

 

Amanda Lear

 

Un jour, il  a l’idée, avec avec un ami, Hughes Gentelet, de monter une tournée de chanteurs français et internationaux  sur le déclin après avoir connu une gloire certaine. Il crée une maison de production, démarche tous les appuis possibles, qu’ils soient financiers ou médiatiques. Personne n’y croit. « J’étais le ringard qui voulait faire chanter des has been ! ». Il loue le Zénith de Paris, s’endette de 120.000 euros,  et c’est un triomphe. Il s’agit alors de la « RFM Party », qui deviendra plus tard « Stars 80« . Un succès qui perdurera jusqu’à aujourd’hui, même si Olivier est maintenant personnellement passé à autre chose, produisant notamment les New Poppys et une pièce de théâtre à succès, « Bouquet final« , à la Comédie Caumartin.

 

Lio

 

Mais les souvenirs restent, très vifs, sur toutes ces années, avec tant d’anecdotes sur Lio, au caractère dévastateur, Plastic Bertrand ( vrai chanteur ou pas ? ), Jean Schultheis  à l’humour ravageur, Jean Luc Lahaye, systématiquement en retard,  Désireless marmonnant en coulisses des onomatopées incompréhensibles, cherchant chaque soir ses chaussures que le reste de la troupe lui a cachées pendant qu’elle chante pieds nus sur scène. Au fil des pages, on retrouve gaiement Patrick Hernandez, Gilbert Montagné, Larusso, Ophélie Winter, les Worlds Apart, Cookie Dingler, Peter et Sloane, et tous ceux qui ont un jour rejoint la bande. Par contre, non sans une certaine amertume, Olivier évoque le conflit d’intérêts qui l’oppose actuellement au producteur de cinéma Thomas Langmann, à propos des deux films Stars 80.

Dans ce livre épatant se mêlent beaucoup de tendresse et  un peu de vacherie acidulée, et Olivier Kaefer y délivre au final  un beau message d’amour pour la chanson, considérée par les esthètes comme un art mineur : « Je suis un homme populaire qui a des goûts populaires. Le public me fait vivre. Il me porte. Je dois lui dire merci. C’est pour lui que je continuerai  à mettre dans la lumière ceux qui savent nous faire rêver: mes amis les artistes ».

 

Grégoire Colard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A 86 ans, Michou publie sa première autobiographie, truculente en diable, « Prince bleu de Montmartre« , aux Editions du Cherche Midi, préfacée par Anny Duperey.

Michou est un homme modeste, et s’il se définit comme un prince dans le titre de son livre, il est plutôt considéré à Montmartre, où trône son célèbre cabaret, comme le roi de ce petit territoire! Pas de jour sans qu’il n’arpente en fin de journée les rues de son royaume en saluant de la main comme la reine d’Angleterre, le sourire habillé de dents éclatantes, son éternel habit bleu d’apparat rutilant sous les réverbères!

Il a d’ailleurs une chaise royale à son nom dans une brasserie de la rue des Abbesses, où il reçoit les hommages de son peuple d’amis et d’admirateurs venus des quatre coins de la France, sinon du monde. Oui, Michou, est considéré par les Français et par les touristes prêts à mille selfies comme un monument historique ( il s’amuse à se prétendre « monument hystérique! » ) de Paris!

Depuis 60 ans, il anime chaque soir en effet de façon unique son cabaret  » Chez Michou » où des artistes masculins, qu’il appelle ses Michettes, se produisent tour à tour avec un talent prodigieux en travestis, imitant à s’y tromper France Gall, Céline Dion, Edith Piaf, Brigitte Bardot, Line Renaud, Nana Mouskouri, Chantal Goya, Sylvie Vartan , Véronique Sanson, Marylin Monroe et tant d’autres…La phrase la plus entendue venant des clients qui se pressent à chaque spectacle est  » On dirait la vraie! C’est fou! « . Un compliment qui a valeur d’Oscar pour Michou. Surtout aujourd’hui pour le nouveau numéro d’un Stromaé époustouflant de vérité. Un chef d’oeuvre à découvrir absolument. Bluffant!

Ce qui enchante aussi notre Michou,   c’est d’avoir reçu non seulement la visite des véritables stars imitées, mais de tout le gratin de ces dix dernières décennies, qu’il soit du cinéma, comme hier Alice Sapritch ou Sophia Loren, et récemment Belmondo et Delon, de la littérature comme Françoise Sagan, mais encore Joséphine Baker, Diana Ross, Bette Midler. Sans oublier tant de ministres, d’hommes et femmes politiques et tous les Présidents de la République ( dont Jacques Chirac, avec une une Légion d’Honneur à la clef ) qui s’inclinent devant ce soldat connu de la nuit.

Les années passent, Michou se souvient avec bonheur de tout dans son livre et prépare avec précision son départ: un cercueil bleu, un caveau bleu, des hortensias bleus, les poulbots de Montmartre, et les invités portant du bleu. Une vraie fête à la Michou, qui n’a jamais cessé de voir la vie en …bleu !

G.C.

On aime bien placer les artistes dans des catégories, pas que les artistes d’ailleurs, les étiquettes, ça nous rassure. Bon, avec Mélanie de Biasio, la tâche s’annonce difficile.

L’envoûtante musicienne et chanteuse belge de 39 ans nous balade du blues au jazz, du trip hop à l’électro et réalise avec « Lilies » un album au sommet de son talent.

 

 

Le résultat est un album magnétique. On se retrouve comme suspendu aux lèvres de Mélanie de Biasio. Son phrasé est unique, sa voix feutrée peut se faire caresse ou orage.
Aérienne, elle vient se poser en toute délicatesse sur une mélodie où chaque silence et chaque respiration comptent.

Première écoute, j’interromps la musique, puis me regarde dans le miroir, mes pupilles sont complètement dilatées, je ne suis pas en train d’écouter un disque de jazz, je suis sous le coup d’un sortilège. Qui me fait osciller dans un courant ambivalent entre jardin d’Eden et rivages désolés.

Mélanie de Biasio se mue en prêtresse vaudou et étire ou rétrécit nos têtes à l’envi, tout comme ses notes qu’elle distend à l’infini, sans jamais les faire retomber. Elle les dilue dans le silence. Un silence qui ronge les morceaux et les magnifie, nous maintient en apesanteur tout au long de l’album comme si on était dans du coton.

Le disque commence très fort, avec en ouverture « Your Freedom is the end of me » (sous-titre “the arena of failed obsessions” = l’arène des obsessions déchues”), un morceau entre jazz et trip hop, où Mélanie, sous une apparence de douceur, témoigne de ses angoisses et affiche une sensibilité torturée, l’angoisse de perdre l’être aimé.

Le second morceau « Gold Junkies » , plus rythmé, est une réminiscence du planant morceau de 20 minutes « Blackened Cities », sorti en 2016.
Lillies montre une osmose parfaite avec le piano. Sa voix est poussière, sa voix est soupir. La note maintenue de piano grave fait l’effet d’un bourdonnement où la voix ose à peine se poser.
La note finale qui perdure met en lumière le contraste infime entre le silence et le chant.

Avec « Let me love you » , Mélanie exprime sa fureur dans l’amour. Elle l’avait fait avec la même énergie dans le puissant « I’m gonna leave you » de l’album No Deal en 2013. Une fureur sombre qui prend sa source dans la souffrance « Made of sorrows that follow me all the time ».

Suivent deux blues minimalistes, « Sitting in the stairwell » , dont le dénuement extrême rappelle dans l’émotion le blues des plantations.
Et le splendide « Brothers« , un blues ethéré, presque une prière.

Sa version d’ « Afro Blue » touche au sacré, et pourtant on en a connu des versions réussies, dont la très sensuelle interprétation d’Erykah Badu, mais là, l’émotion est profonde, proche et humide.

Puis, on imagine Mélanie traîner du côté de Bristol, qui a vu naître le trip hop à la fin des années 90. La fin de l’album se liquéfie dans une certaine ivresse des profondeurs, avec l’ambiance sous-marine d’ « All my worlds » et de « And my heart goes on » .

Cette fin n’en n’est pas une. Elle nous invite à suivre les longues notes à travers les montagnes d’octaves et dans les profondeurs océaniques.

Mélanie est une artiste rare dont le talent éclate aujourd’hui dans toute sa splendeur. Oui, elle a l’élégance d’une Nina Simone, et son jeu admirable sur les sons met en valeur la grâce de sa voix.
Elle règne sur un univers où les notes sont libres, de leur durée, de leur fréquence, et les instruments sont les piliers de son royaume.

* interview extraite du magazine Jazz News de septembre 2017

* pro tools est un logiciel de production musicale qui permet d’enregistrer sa musique sur différentes pistes et de la retravailler (mixage-effets-volumes).

 

 

Mylène Aroul