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Figure emblématique et populaire de la télévision, et voix dynamique des plus grandes radios, Jérôme Anthony sort un album unique, avec des reprises de chansons qui ont marqué sa vie. Un rêve de toujours pour lui, enfin réalisé, parfait pour combler vos jours de confinement.

Dean Martin, Sammy Davis Junior et Frank Sinatra

Né à Nancy en 1968, Jérôme Anthony a très vite été passionné par le monde de la musique. Enchanté par les disques que ses grand parents avaient engrangé chez eux, notamment ceux du fameux Rat Pack d’Hollywood, composé de Frank Sinatra, Sammy Davis Junior, et Dean Martin . » Ils avaient été des chanteurs aux voix certes glamour, mais qui dégageaient surtout un humour entre eux irrésistible. Ils respiraient ensemble un bonheur de vivre évident.  » A la maison, Gigi, sa maman, adore chanter et est d’ailleurs une élève de la mythique Mireille et de son Petit Conservatoire de la chanson. Grâce à Gigi, il découvre en grandissant le monde des yéyés, dominé pour lui par Claude François, dont il connaît les chansons par coeur. C’est décidé. Un jour, il fera chanteur !

Jérome Anthony à 20 ans sur TF1

En attendant , le jeune garçon se lance à la radio en tant qu’animateur, sur Radio Rockin’ Chair , à Nancy, à 14 ans et commence une carrière médiatique qui l’amènera vite à la télévision, lors d’une carrière qui perdure encore aujourd’hui, le rendant extrêmement populaire. Mais son rêve de chanter est toujours là, et justement, aujourd’hui, il délivre un album composé de chansons qu’il a toujours adorées, créées entre autres par Christophe, Mort Shuman, Michel Delpech, Karen Cheryl, Moustaki, et, bien sûr… Claude François! Avec même un titre inédit de Gilbert Bécaud écrit spécialement pour lui, avec ces mots:  » Je serai ainsi ton parrain dans la chanson!« . La grande originalité voulue par Jérôme dans cet opus, ce sont les arrangements musicaux, revisitant ces chansons populaires des années 60 et 70 sous la forme du swing , ce fameux rythme irrésistible du temps du « Rat Pack » ! La boucle est bouclée ! Jérôme Anthony, toujours à la radio et à la télévision, est devenu un chanteur original, qui reprendra ses concerts sur scène, avec des musiciens « swing », évidemment, dès que le confinement sera terminé… »Chanter en public, c’est mon exercice préféré !« . En attendant, pour patienter, procurez vous déjà ce CD ! Régalez vous!

Grégoire Colard

En vente et en streaming sur toutes les plates-formes.

Le chanteur Tim Dup

Encore inconnu ou presque du très grand public, mais déjà adulé par les médias, Tim Dup publie son deuxième album, « Qu’en restera t’il? « , qui devrait consacrer son talent et son originalité.

Nouvel album de Tim Dup

Si ses yeux sont cachés sur sa pochette, c’est sûrement le symbole de ce qu’il ne voudrait pas voir, lui qui a beaucoup voyagé, notamment aux Etats Unis et au Japon, à savoir l’auto-destruction du monde, les migrations dues aux changements des climats, les feux de forêts et la détérioration de la planète. D’où le titre:  » Qu’en restera t’il ? ». Il est de cette génération de jeunes, comme Greta Thunberg ou la chanteuse belge Angèle, avec son « Balance ton quoi? » et ses interviews, qui manifestent leurs inquiétudes et tiennent à alerter la conscience de chacun.

Né à Rambouillet il y a vingt-cinq ans, Tim Dup, de son vrai nom Timothée Duperray a commencé ses gammes au piano à 7 ans et monté un groupe avec des copains de lycée à 13. Se faisant remarquer dès leur tout premier concert, ils ont enchaîné depuis nombre de prestations scéniques, avec des sonorités allant parfois jusqu’à l’électro acoustique et le hip hop, quand Tim délaisse un moment sa solitude au piano. Et quand il chante, sa voix assure une certaine confidentialité avec ses magnifiques accents graves, et une certaine détresse, comme un cri d’alarme, dans les aigus. Impossible d’y être insensible!

En studio, Véronique Sanson et Tim Dup

Ce n’est pas étonnant que Véronique Sanson ait justement craqué pour lui et l’invite à chanter avec elle « Toute une vie sans te voir » dans son album « Duos volatils« , et que Louane insère deux titres étonnants dans son propre répertoire, écrits et composés par lui, « Non sens » et « Blonde » (… Tout au bout du monde, j’entends les bombes…).

Tim Dup et Louane

Il est donc conseillé à tous d’écouter ce nouvel album de Tim Dup, qui est de toute évidence appelé à compter dans cette chanson française de qualité qui revient enfin frapper à nos oreilles et à nos coeurs, tout en se nourrissant de l’évolution du monde, avec l’amour en bandoulière.

Grégoire Colard

Billie Eilish

A 18 ans, cette artiste américaine, qui vient de remporter 5 Grammy Awards, est encore peu connue en France, mais c’est l’une des chanteuses les plus influentes du monde musical actuel. Spéciale, elle est très spéciale! A découvrir !

Billie Eilish

Son vrai nom est Billie Eilish Pirate Baird O’Connel , et elle est arrivée comme une bombe en 2016, à 15 ans, avec son premier single, Ocean eyes, produit par son frère, Finneas, explosant les oreilles de plus de 87 millions de followers. Et depuis, elle multiplie les ventes, les disques d’or et les récompenses, notamment avec son premier album  » When we all fall asleep, where do we go? ( Quand nous nous endormons, où allons nous « ). Déjà star, aux Etats-Unis, elle a été numéro un au Canada, en Australie et au Royaume Uni où elle fait un malheur. Si son style est très pop et électro pop, donc joyeux, ses textes, eux, évoquent la dépression, la toxicomanie, la santé mentale, l’amour ( forcément compliqué) et le suicide. Elle refuse en interview d’avouer si ces thèmes sont les reflets de ses propres obsessions. Ses influences? Lana Del Rey , Amy Winehouse, Avril Lavigne. Que des caractères ! Et elle en a elle-même, du caractère, n’hésitant pas à s’afficher en photos, dans ses clips et même à la télévision avec sa mygale apprivoisée, qui fait peur à tout le monde.

Justin Bieber et Billie Eilish


Pourquoi cette photo avec Justin Bieber ? Parce qu’il a toujours été son idole et qu’il a craqué pour son talent, au point d’enregistrer un duo avec elle , « Bad Guy » et que d’autres sont en prévision. Il adore son côté iconoclaste et son inspiration déjantée, autant pour la musique que pour les paroles. D’autant plus que Billie est une super musicienne, jouant aussi bien de la guitare que du piano , et même parfaitement du Yukulele ( avec lequel elle interprète notamment « I Will » , des Beatles.  » Enfant, raconte t’elle, je refusais d’aller au lit sans faire de la musique! ».

Et pourquoi cette photo avec Stromae? Parce qu’il a eu envie, en 2018, de co-réaliser avec son frère et Billie son clip « Hostage« . Ce qui est évident, c’est qu’on va entendre parler de cette chanteuse bien entourée et à l’aube d’une gloire mondiale, dont sûrement aussi en France. Ecoutez la, découvrez la, si ce n’est déjà fait ! Vous ne vous ennuierez pas!

Grégoire Colard

Gorge Profane, Florian Montas, Martin Poppins, Fanta Touré( D.A. de « Madame Arthur), Charlie Voodoo, Odile de Mainvile

Starmania, le célèbre opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon, créé sur scène à Paris en 1979, est célébré pour son 40 ème anniversaire par la troupe du Cabaret Madame Arthur. Un grand moment !

Michel Berger, qui, on ne le sait pas trop, avait beaucoup d’humour et possédait, on le sait parfaitement, le sens de la scène et du spectacle, avait déjà créé, pour Starmania, un personnage plus qu’ambigü, Ziggy, à l’image de David Bowie, et une chanson , « Travesti« , interprètée alors par Nanette Workman. Il serait sûrement honoré de voir l’hommage que « Madame Arthur« , le plus célèbre cabaret de travestis, justement, vient d’offrir à un public composé surtout de jeunes adultes, hommes et femmes, aussi déchaîné d’enthousiasme que celui lors de la création de l’oeuvre originale devenue mythique. Un hommage orchestré par le metteur en scène et comédien Florian Montas ( qui se dénude aussi sur scène pour le bonheur de toutes et de…tous! ).

Florian Montas, metteur en scène dans la vie et sur scène
(photo Charlène Yves)

Avec quatre chanteurs (dont une chanteuse) aux voix exceptionnelles, l’hommage à Starmania déroule une dizaine de chansons avec lesquelles la troupe revisite de façon cocasse, sensuelle, burlesque, insensée, outrée même, cette oeuvre visionnaire, à l’époque, qui illustrait la rivalité entre les loubards d’une capitale mégapole à son dirigeant, du style Donald Trump, qui aurait voulu être un artiste, et où ces lascars kidnappaient la plus grande star de la télé. « J’aime faire rire, oser« , confie Florian Montas, qui joue son propre rôle de metteur en scène aux côtés de sa troupe déjantée. « C’est un cadeau que « Madame Arthur », et notamment sa directrice artistique, Fanta Touré, me fassent confiance. Je suis trop jeune pour avoir connu Starmania sur scène, mais toutes ses chansons m’ont toujours enchanté. »

Odile de Mainvile
(photo Charlène Yves)

« Madame Arthur » a proposé quatre soirs ce spectacle qui a affiché complet, et qui pourrait se décliner en province, si celle-ci le souhaite. Lors de la dernière représentation, Fabienne Thibeault, la cultissime créatrice à l’époque de  » Le monde est stone » et de « Les uns contre les autres« , est venue saluer sur scène le génie de cette reprise déjantée et interpréter un duo émouvant avec le pianiste à la voix d’or Charlie Voodoo. Avec quelle chanson? « Ziggy, un garçon pas comme les autres… »! Evidemment !

Charlie Voodoo et Fabienne Thibeault

Grégoire Colard

BEN

C’est à Nice que l’un des artistes français les plus connus au monde expose actuellement ses oeuvres ainsi que celles d’une centaine de créateurs généreusement invités par lui à partager le regard du public, le tout avec des concerts, du théâtre, du fooding, etc..

Exposition prolongée jusqu’au 19 octobre


Ben, qui fête cette année ses 84 ans est né à Nice et c’est là qu’il a investi jusqu’en octobre un immense espace, celui des anciens abattoirs de la ville, pour exposer quelques unes de ses innombrables oeuvres. Ben, vous le connaissez, tout le monde le connaît, même sans le savoir, notamment à travers ses petites phrases plus ou moins philosophiques peintes le plus souvent en couleur ou en blanc sur fond noir. A travers elles, il a donné toute sa vie son avis sur tout, sur la vie, le monde, le sexe, les humains, l’ethnisme, l’ego, l’actualité. Tout est souci d’inspiration pour ce créateur philosophe. Christian Estrosi, le maire de Nice, n’a pas manqué d’honorer de sa présence le vernissage de cette exposition monumentale où Ben a donné le champ libre à de jeunes créateurs issus de multiples formes d’expressions, qu’elles soient musicales, de danse, urbaines et autres.

Ce qui est remarquable, c’est que chacun de nous identifie son écriture, qu’elle soit sur ses oeuvres, mais reproduite sur aussi sur les cahiers de vos enfants, leurs cartables, leurs stylos, en graffitis sur des murs, sur des T-Shirts, partout. Ben fait partie de notre quotidien. Ce qui est intéressant aussi dans son exposition de Nice, à par ses oeuvres lettristes, ce sont les installations qu’il propose, toujours originales, quelquefois choquantes, mais jamais vulgaires. « L’art doit être nouveau et apporter un choc », affirme t’il. Dont acte!

Ben refait son lit dans sa chambre d’amour de l’exposition, rue de Turin


Exposé dans les plus grands musées du monde entier, Ben reste depuis toujours fidèle à son art personnel, et à sa maison niçoise, qui vaut aussi une approche touristique !

La maison de Ben

Grégoire Colard

Exposition  » La vie est un film » , 89 rue de Turin, Nice. Entrée gratuite.

Renseignements: 04 97 12 71 11

Le groupe BTS

Les 7 et 8 juin , le Stade de France accueillera sur son immense scène le show du groupe sud-coréen BTS, digne représentant de cette vague musicale, la K-pop, ( korean pop), partie de Séoul, qui submerge les ados du monde entier et aujourd’hui de France. Un véritable tsunami!

Loin du rap et de la musique urbaine dans lesquels baignent actuellement nos chanteurs les plus successful, ce sont des ados sud-coréens qui déferlent chez nous pour déchaîner nos enfants pré-pubères! Préparez vos économies: le groupe BTS, qui sera à guichets fermés à Paris cette semaine a vu au marché noir le prix des places s’envoler à 4.500 euros! On a du mal à y croire! Les BlackPink (quatre jeunes filles) avaient déjà fait un ravage au Zénith de Paris en mai dernier, et l’annonce de la venue en octobre d’un autre kid’s band, G O T 7, chatouille déjà l’enthousiasme de nos plus jeunes.

Les BTS

Les BTS comptent 4 milliards de vues et sont inscrits au Guiness des records sur Twitter et leur tout nouveau titre « Boy with luv » a été visionné 78 millions de fois en 24 heures! Leur troisième album « Love Yourself: Answer » a été classé 1er au Billboard américain ! Ils ont même pris la parole en septembre à ONU! Leur style? Sucré, pop , très « yéyé »‘ des années 60, formaté à mort, adapté aux tracas quotidiens des ados: l’acné juvénile, les flirts, etc… mais qui prône aussi l’estime de soi et l’amour des autres. Ils sont d’ailleurs affiliés à l’Unicef. Ces jeunes, que ce soient des groupes de filles ou de garçons, sont recrutés vers 15 ans, et doivent être parfaitement beaux, androgynes, habillés flashy. Engagés par un « slave contract » ( contrat d’esclave) de 7 ans, ils doivent rembourser intégralement l’argent engagé en cas de non-renouvellement ! L’alcool, la drogue et le sexe sont formellement interdits ! Une ambiance tellement militaire que ces jeunes artistes appellent leurs fans une…armée ( « army »). Ce n’est pas étonnant que le dictateur de la Corée du Nord, Kim Jung-Un les apprécie, paraît -il, au point qu’il a autorisé dans son propre pays la formation d’un girl’sband , le Moranbond Band, où toutes les filles sont des …militaires !

Le groupe nord-coréen Moranbong Band

Grégoire Colard

 

Pour ses vingt ans, Solidays, le festival organisé par Solidarité Sida, a rassemblé le week-end dernier à Longchamp 220.000 spectateurs. Un record.  

Avec l’aide de 3.000 bénévoles, une organisation d’enfer, des structures gigantesques pour accueillir nombre de groupes et de chanteurs, un village solidaire accueillant une centaine d’associations, une sécurité à la fois inflexible et discrète, Solidays propose chaque année une vraie fête musicale et des centres d’information sur les immenses prairies vertes de Longchamp, le long du Bois de Boulogne.

Le public, composé pratiquement uniquement de jeunes gens, sait parfaitement pourquoi il est présent, certes pour s’amuser, mais aussi pour soutenir des causes , s’investir, s’engager et aider. La cause est entendue et il est impressionnant de ne rencontrer que des milliers de visages aimables et souriants ! Il est vrai qu’avec ses 20 millions d’euros de bénéfices récoltés depuis sa création, Solidays a pu les reverser équitablement à différentes sources d’entraide.

« Je me dis qu’on a eu raison de faire confiance à la jeunesse pour changer le monde », assure Luc Barruet, le directeur fondateur de Solidays. « Sensibilisation de tous, engagement, soutien au tissu associatif, autant de satisfactions pour moi au fil de ces années. Le fléau est malheureusement loin d’être éradiqué, et a muté, mais la solidarité est là, toujours plus forte. Nous avons pu réduire quelque peu la détresse humaine face au virus. » 

 

 

Cette année, Brigitte Macron a tenu le premier jour à venir longuement témoigner de son intérêt, sans son mari, occupé ailleurs. Peut-être viendra-t-il l’année prochaine ? François Hollande, on s’en souvient, a été le seul président en exercice, en 2014, à faire acte de présence pendant quatre heures, ne cachant pas son plaisir d’être làne manquant pas non plus d’aller visiter non seulement le village solidaire mais aussi l’exposition érotique Happy Sex, de Zep, proche du pavillon « Sex in the City »!  Il n’avait en revanche pas essayé le préservatif à taille humaine !

 

 

La plus grande attraction de Solidays, dont Antoine de Caunes est le président d’honneur, est évidemment celle de la musique, propulsée sur d’immenses scènes érigées ça et là, avec des prestations artistiques de tous styles, dont cette fois-ci  celles de David Guetta  et de  Juliette Armanet, en passant par Eddy de Pretto, Jain, Nekfeu, Shaka Ponk, Big Flo et Oli, Amadou et Mariam, Feu! Chatterton, Iam, etc… sans oublier la découverte passionnante du  groupe électro, Polo & Pan, produit par Raphaël Hamburger, et qui compte déjà une dizaine de millions de vues sur les réseaux sociaux !

 

Polo & Pan 

 

Des moments émouvants aussi, avec notamment l’assemblage sur la pelouse  de dizaines de patchworks  confectionnés par des proches de disparus du SIDA;  avec l’apparition folle-dingue des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, un mouvement militant LGBT créé en 1979 à San Francisco, et avec les hommages rendus aux militants africains, asiatiques, maghrébins, du Moyen Orient, de France et d’Europe.

 

Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence

 

Pour ceux qui ont connu comme nous dans les années 90 la montée du SIDA, avec les premières actions d’Act Up, une association dont le seul but était d’alerter l’opinion, de dénoncer l’indifférence des laboratoires et de bousculer les esprits chagrins gouvernementaux et médiatiques, avec, entre autres,  des projections de  sang ( de la peinture rouge) sur des monuments ou des bâtiments administratifs, et en recouvrant l’Obélisque d’un préservatif géant, il est réconfortant de voir les nouvelles générations afficher en musique leur solidarité. Bravo Solidays !

 

 

Grégoire Colard 

 

Pour vous engager ou vous informer sur les actions de Solidarité Sida, c’est Ici !

Hélène Arden, née à Marseille, est actrice, chanteuse et danseuse. Fan de Claude François, elle lui rend hommage dans un one woman show, « Clodette for ever ».  

Claude François, disparu en 1978, aurait fêté ses 80 ans le 1er février 2019 ! Lui qui avait si peur de vieillir et qui prenait tant de soin de lui, il n’aurait sûrement pas supporté de devoir affronter les outrages du temps. Dans le coeur de ses fans de toujours, et dans l’esprit du public multi-générationnel qui, jusqu’à aujourd’hui,  continue à danser et à faire la fête sur ses tubes comme s’il était toujours là, il n’a pas pris une ride. Une jeune artiste talentueuse, Hélène Arden,  lui rend hommage à travers  un spectacle,  ‘ »Clodette for ever« , qu’elle a écrit avec une plume caressant des souvenirs imaginaires avec lui.

 

Dès l’âge de 5 ans, Hélène a été éblouie par Cloclo, qu’elle voyait danser et chanter sur le petit écran de ses parents. Elle reprenait en choeur les paroles de ses chansons qu’elle connaissait sur le bout des lèvres et reprenait ses chorégraphies dans sa chambre en écoutant ses CDs dans son mange–disques . Elle était fascinée par les danseuses  qui entouraient son idole et affirmait à ses parents, amusés: « Un jour, plus tard, je ferai Clodette ! ». Déterminée, elle a obtenu d’eux de pouvoir prendre des cours de danse et de chant et à se produire dans des petits spectacles ici et là. Montée à Paris pour ses 20 ans, elle a enregistré un disque,  » Toi et moi« ,  avec Claude Engel, l’un des anciens musiciens de Michel Berger et à commencé à se produire régulièrement sur la scène du cabaret parisien Les Trois Maillets, où elle a plongé vocalement dans les répertoires de d’Edith Piaf, de Barbara, de Jacques Brel et de Patricia Kaas. Des reprises, certes , mais pas celles de son idole !

 

A la suite d’une rencontre inopinée avec Félix Bussy, ancien collaborateur artistique  d’Yves Montand, l’idole de son père,  elle lui confie son désir d’être non seulement chanteuse à part entière mais aussi comédienne, et se penche sur des biographies de l’interprète des « Feuilles mortes« . Elle  écrit un premier spectacle musical, «  Montand le French Lover« ,  dans lequel elle interprète la soeur présumée du chanteur, racontant les amours de celui-ci avec Edith Piaf et Marylin Monroe, dont elle interprète des titres, et avec Simone Signoret. Donné déjà plus de 200 fois, et actuellement au Théâtre Lucernaire, ce show original, soutenu par ses sous-titres en anglais pour le public international de cette star mondiale, remporte l’adhésion du public et celles de Carole Amiel, la dernière femme  d’Yves Montand et de leur fils Valentin…!

Photo Paul Evrard 

 

Mais si le succès a du bon, Hélène Arden est toujours taraudée par son rêve d’enfant, celui de danser et de chanter sur du Claude François! « Suivant le Principe de Peter, c’était devenu avec le temps une évidence! ». C’était maintenant ou jamais ! Je me suis remise à la barre, j’ai lu des biographies sur Claude, je suis allé visiter son Moulin de Dannemois, et je me suis dit qu’il aurait adoré mon côté enthousiaste et accepté ma démarche. Ce qu’a d’ailleurs fait son fils, Claude François Junior« .

 

Et voici Hélène Arden enfin devenue  Clodette !  Elle  danse, bien sûr, ressuscitant parfaitement les chorégraphies légendaires, mais entonnant aussi avec grand talent les tubes de son idole de toujours, narrant quelques anecdotes sur sa personnalité et sa vie, le tout dans un vrai spectacle de variétés, mis en scène par Valéry Rodriguez, qui aurait assurément plu à Cloclo, et qui ravit non seulement le public, mais aussi les fans qui ont elles vraiment connu le chanteur et aussi les vraies et anciennes Clodettes venant retrouver avec bonheur leur jeunesse extraordinaire …Donné récemment plusieurs fois au Théâtre Trévise, qui affichait complet, « Clodette for ever » va sillonner la France avant de revenir à Paris, le tout à des dates dont nous vous informerons au fur et à mesure…

 

Grégoire Colard 

Clodette for ever:   19 octobre Berre l’Etang/ 20 et 21 octobre Marseille/ 23, 24, 25 octobre Cugnaux, 16 décembre Viry Châtillon/  31 décembre Saint Quentin.

Montand le French Lover: du 17 juin au 19 août au Théâtre Lucernaire

 

Le photographe Tony Frank n’a jamais été un paparazzo voleur d’images. Respecté et aimé des stars depuis les années 70, il était souvent invité par elles à s’immiscer dans leur intimité, comme chez Serge Gainsbourg,  au 5 bis rue de Verneuil. Un grand privilège…

Tony Frank a commencé sa carrière de photographe à 15 ans ( !) avec le magazine de jeunes  Salut les Copains, créé par Daniel Filippachi. Au fil des années, ayant le même âge que les vedettes yéyés de l’époque, il a su créer avec elles une proximité amicale grâce à sa bonhomie et sa jovialité naturelles. Impossible de résister à son sourire et de ne pas lui faire confiance. C’est ainsi qu’Eddy Mitchell, Véronique Sanson, Johnny Hallyday, Michel Berger, France Gall, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Nathalie Baye, mais aussi les Who et Bob Dylan, pour ne citer qu’eux, ont toujours apprécié son oeil d’artiste.  C’est lui qui  créa la fameuse affiche  de Michel Polnareff avec ses fesses nues, ou, par exemple, la pochette de Melody Nelson, avec Jane Birkin, illustrant cet album écrit par Serge Gainsbourg.

Tony Frank 

Ah, rue de Verneuil, entre Serge et Tony,  là, c’est l’histoire de toute une vie partagée, avec des fêtes, des bons mots, des repas et des bonnes bouteilles, des séances de travail, et des pauses  dans la quiétude  de cet antre aux murs noirs de la rue de Verneuil,  découvert par l’artiste avec Brigitte Bardot. Un habitat baroque  aux fenêtres toujours fermées, où Maître Serge alignait avec minutie dans un ordre que nulle spontanéité ne devait déranger, pas même celles de  ses enfants, des objets, des bibelots précieux et fétiches des tableaux, des stages, des poupées anciennes collectionnées par Jane.  Sans oublier des médailles, des diplômes,  des décorations, et des trophées qu’il remportait. Sa cuisine était tout aussi ordonnée. « La spécialité de Serge, raconte Tony Frank, était de mitonner des plats marinés et de concocter des cocktails,  comme le Gibson, avec la précision et la dextérité d’un barman professionnel ! ». 

 

Photo Tony Frank 

Tony Frank a eu l’insigne honneur pendant des années de pouvoir prendre des photos de ce décor dont Serge Gainsbourg était si fier et dont il rapporte aujourd’hui les propos rieurs :  » Voilà, c’est chez moi. Je ne sais pas ce que c’est : un sitting room, une salle de musique, un bordel, un musée…Je ne sais pas ce qui est le plus précieux ici. Si ce sont les objets ou moi ! Qui est hors de prix ? Je pense que c’est moi ! « .  

 

Photo Tony Frank 

Le photographe a aussi immortalisé les innombrables graffitis d’admiration qui avaient complètement envahi le mur extérieur comme, déjà, une expression spontanée de street art et qui perdurent encore aujourd’hui, sans cesse recouverts par d’autres. Selon Tony Frank, Serge était ému et amusé de ce lien direct avec ses fans anonymes et repérait immédiatement  les nouveaux messages du jour .  » Ma maison est célèbre!… ».

 

Charlotte et Serge Gainsbourg/Photo Tony Frank

 

Aujourd’hui, la maison, devenue un monument artistique secret de Paris,  que Charlotte Gainsbourg rêve toujours d’en faire un musée, espérant être officiellement aidée pour cela, est restée telle quelle après la mort de Serge, en 1991, offrant pour les seuls murs noirs les trésors de toute une vie. Des trésors que Tony Frank a sublimé par ses clichés, que l’on peut détailler et admirer dans son livre et dans une exposition éclectique à la Galerie de l’Instant qui permet d’être virtuellement invité chez Gainsbourg

 

Grégoire Colard

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marie Périer, surtout connu pour avoir été « le » photographe des Yéyés, ne s’est pas arrêté aux années 60 et 70.

Son objectif s’est reflété dans les yeux de Johnny Hallyday, de Michel Berger, de Claude François, de Sylvie Vartan, de Sheila et de tous les rois et reines des hits -parade et notamment dans le regard amoureux de Françoise Hardy, un temps sa compagne. Jean-Marie Périer avait l’art et l’imagination de les shooter dans des cadres idylliques ou improbables, dans des tenues, voire des déguisements, qu’il était le seul à pouvoir leur faire endosser le temps d’un clic-clac merci Kodak.

 

Jean Gaul Gaultier / Photo Jean-Marie Périer 

Aujourd’hui, il expose son travail de capteur d’images prises de la Fashion Galaxy  des années 90, que ce soit auprès de Jean-Paul Gaultier, d‘Azzedine Alaïa, de Viviane Westwood, d’Issey Miyaké, d’ Yves Saint-Laurent, de Karl Lagerfeld, de Thierry Mugler mais aussi de mannequins restés cultissimes tels Carla Bruni, Jerry Hall ou Monica Bellucci.

« Dans les années 60-70, les chanteurs étaient les figures emblématiques d’une nouvelle ère, celle de la libération de la jeunesse, et, ensuite, ce sont les grands couturiers qui ont porté à leur tour la flamme de cette émancipation, de faire exploser avec leurs aiguilles les codes vestimentaires.  Cela m’a follement amusé, par exemple, de mettre Kenzo Tagada sur un éléphant, de monter un studio avec Viviane Westwood habillée en  Marie Antoinette, accompagnée à ma grande surprise d’un garçon entièrement nu ! Pour moi, cette décade a été une parenthèse glorieuse dans nos vies »

 

Viviane Westwood / photo Jean-Marie Périer  

 

C’est à la demande de sa soeur Anne-Marie Périer, alors rédactrice du magazine « Elle », que toutes ces photos de mode ont été alors réalisées et sont aujourd’hui exposées à la galerie Photo 12, magistralement tenue dans le Marais par Valérie-Anne Giscard d’Estaing,  qui nous  confie :

« Je suis heureuse  d’avoir pu mettre en valeur une autre facette de l’art de Jean-Marie Périer, tout aussi  éblouissante que celle que l’on connaît tous de son époque yéyé, mais moins connue.  Avec cette série sur la mode, il laisse une empreinte poétique très significative sur chacun de ses clichés, mêlée à une inspiration très personnelle. Son regard est à la fois artistique et sociétal »

 

Valérie-Anne Giscard d’Estaing / Photo Jean-Marie Périer 

 

Grégoire Colard

Fashion Galaxy, à découvrir en ce moment à la Galerie Photo 12, 14 rue des Jardins Saint Paul, Paris IVé.