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Son autobiographie

Après le film biopic Rocket Man, qui connaît un succès planétaire, voici l’autobiographie qui prouve la sincérité du regard d’Elton John sur lui-même, sans filtre! Un livre qui émeut et fait rire !

En 1972

Peu importe les légendes qui circulent sur lui. Elton John balaie tout de sa plume d’auteur pour se raconter comme il ne l’a jamais fait, avec une sincérité époustouflante. De fait, on découvre l’homme qui se cache derrière le guignol, avec ses complexes sur son physique, ses doutes sur sa sexualité, ses addictions diverses, ses rapports passionnels avec sa mère au caractère incandescent, ses problèmes de santé, son bonheur d’être marié et père et la raison récente de faire actuellement une longue tournée mondiale d’adieux à la scène.

Avec la Reine Elisabeth

Né en 1947 dans une famille prolétaire, Reginald Dwight, est certes devenu aujourd’hui Sir Elton Hercules John, ayant été anobli par la Reine d’Angleterre, mais à 72 ans, ce désormais Chevalier de l’Empire Britannique n’a rien oublié de toutes les étapes de sa vie, qu’il décrit avec un humour ravageur, irrésistible même, avec les échecs, les doutes, les rencontres essentielles, les ravages et les bonheurs de la célébrité, et même l’étonnement permanent de se demander ce qui est arrivé encore et encore au petit garçon qui ne s’aimait pas ! Il dépeint aussi parfaitement bien son lien d’amitié platonique avec celui qui a toujours été le complice d’écriture de tous ses succès, à savoir Bernie Taupin.

Elton John et Bernie Taupin

Aujourd’hui, Elton John, s’il a décidé de quitter la scène, a toutefois le dessein d’écrire des comédies musicales, des musiques de films, d’ enregistrer de nouveaux albums, peut-être avec d’autres artistes. Ce livre de toute une vie n’est pas une fin, mais un coup d’oeil en arrière avant de regarder vers d’autres horizons… A bientôt, Sir !

Grégoire Colard

Moi, Elton John/ Albin Michel/ 425 pages/ 22,90 euros

Objectif: caméra!

  • Dans cinema Livres
  • Le 16 Oct 2019
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  • Luc Besson, le producteur-réalisateur des plus célèbres du cinéma français, est aujourd’hui rattrapé par différentes affaires, mais son autobiographie qui s’arrête en 1988 révèle un homme dont le seul rêve était de faire du cinéma et qui est arrivé à la force de son non-conformisme.

    Quelle carrière couronnée de succès! Le combat dans l’Ile, Subway, Le Grand Bleu, Nikita, Léon, Le Cinquième élément, Arthur et les Minimoys, pour ne citer qu’eux, tous signés Luc Besson, sont d’immenses films couronnés de triomphes en France et dans le monde. Pour en arriver là, ce qu’il raconte avec talent et émotion dans ce livre, c’est qu’adolescent, même s’il n’y connaissait rien au départ, qu’il n’avait aucune culture, il découvre le cinéma, et sent une force en lui, celle d’écrire des scénarii, encore et encore, et de vouloir les mettre en images. Il n’a pas d’argent, de matériel, rien, mais il a des idées, de l’énergie. Il ne connaît pas les codes du cinéma ? Peu importe ! Il fonce, les apprend sur le terrain et arrive à convaincre d’abord des copains, puis, à force d’acharnement et de tâtonnements des artisans du métier, des comédiens, des stars, puis des maisons de production et des banquiers. Rien ne l’arrête et sa force de conviction finit par l’emporter, avec la fantastique adhésion du public.

    Luc Besson

    C’est qui est frappant dans ce livre, c’est que cet homme, qui dirige tout sur un plateau, qui a tout imaginé, tout pensé, tout écrit, dominé même les éléments ( « Le Grand Bleu « ), a su séduire et engager les plus grandes stars, comme Jean Reno, Isabelle Adjani, Bruce Willis, Jamel Debbouze, Robert de Niro, Scarlett Johansson, Gary Oldman, Anne Parillaud, etc… Même Sting avait accepté de tourner pour lui, mais son planning de star mondiale l’en avait empêché. Par contre, le sensible compositeur Eric Serra s’est laissé séduire pour développer sa propre et inoubliable inspiration, notamment dans « Le Grand Bleu« . Bien sûr, l’homme, mais aussi le professionnel, qu’est Luc Besson, a des défauts, un sacré caractère, déteste les limites. Il ne se ménage pas dans ce livre qui est un auto-portrait sans complaisance. Au lecteur de se faire une idée….

    Grégoire Colard

    Enfant Terrible/ Luc Besson: XO Editions/ 19,90 Euros

    La journaliste du Monde, Raphaëlle Bacqué, auteure de best-sellers (Les Strauss-Kahn, Le dernier mort de Mitterrand) signe une biographie passionnante de ce couturier connu du monde entier, mais que personne ne connaissait vraiment.

    Qui était vraiment Karl Lagerfeld? Le savait-il lui-même, alors qu’il délivrait des confidences contradictoires aux reporters, à la télévision et dans ses propres livres, sur sa date de naissance, son pays d’origine, ses amours, sa sexualité, sa fortune ? Ce grand faiseur de mode, ce créateur unique qui a porté aux nues la maison Chanel, mais aussi simultanément d’autres marques de mode, a tout fait pour préserver son moi intime, se cachant derrière son personnage de marionnette portant cheveux poudrés, lunettes noires, barbe blanche et catogan.

    ARCHIVES – INES DE LA FRESSANGE ET LES MANNEQUINS DE KARL LAGERFED LORS DU DEFILE CHANEL COLLECTION AUTOMNE HIVER 1988

    Autant par son travail de styliste, il a été le reflet de son époque, mettant les femmes au coeur du monde, leur proposant la liberté d’être elles-mêmes et de s’affirmer, autant il s’est toujours refusé de participer à la décadence ambiante de son époque, repoussant toute drogue et tout alcool, ne buvant que du Coca. Même le sexe ne l’intéressait pas ! Il a aimé, heureusement, mais jusqu’à en perdre presque la raison. Il a haï, aussi, notamment par jalousie, professionnelle et personnelle, Yves Saint-Laurent. Ce n’était pas un saint, mais il a beaucoup aidé, donné, partagé, sans compter.

    Raphaëlle Bacqué, l’auteure de ce livre remarquable, n’a pas fouillé dans les poubelles, mais ressuscité les qualités, les faiblesses et les contradictions d’un créateur à la personnalité énigmatique, d’un homme de légende qui a toujours vécu avec sa maman…Ecrit avec un style vif et enlevé, « Kaiser Karl » se lit comme on regarde une boule à facettes. Cela brille de mille feux !

    Kaiser Karl, Editons Albin Michel, 19,90 £

    Grégoire Colard

    Ce livre est un grand livre. Tout simplement.Pourquoi détonant, parce que, selon le dictionnaire, il peut entraîner de vives réactions. Il dérange, il émeut, il scandalise, mais il ne laisse pas indifférent ! Il pourrait même être le sujet d’un film ou d’un télé-film.

    L’auteur Michel Zaccaro, est inconnu de tous, publiant seulement aujourd’hui son premier livre, « Je suis tel que vous m’avez défait« . Mais il ne devrait pas le rester, car, la cinquantaine passée, il se délivre à travers ces pages des tourments de sa vie, le tout écrit avec une plume mêlée de sang et de douleurs, au rythme d’un coeur meurtri par une famille  particulièrement  ignoble vis à vis de lui. Jour après jour, année après année. Tout commence quand il naît, qu’on l’arrache à terme au ventre de sa mère. Toute sa vie, il aura le sentiment de ne jamais pouvoir se remettre de cette séparation pourtant naturelle d’avec ce cocon chaud, protecteur, de ce bonheur intense. Il cherche partout sa maman, qui est là, toujours, mais qui ne le regardera jamais comme il le souhaiterait tant.

     

    Si la famille s’agrandit, le petit Michel reste contre vents et marées le vilain petit canard de la fratrie, toujours moqué, toujours dénigré, et quand il se lance dans la vie, sa mère embarque la maisonnée à profiter largement de chacune de ses entreprises commerciales ou autres, car le garçon est devenu un homme dynamique, pour en prendre sournoisement le contrôle, les bénéfices, menant le tout à la faillite et lui à la rue. Encore et encore. Michel repart à chaque fois à la dérive, s’auto-mutile, attrape le Sida, puis  reprend des forces, de l’énergie, ne lâche rien et revient pour se blottir contre le ventre de sa maman, qui le repousse sans ménagement. « Je suis tel que vous m’avez défait » est un livre fort, à la langue percutante, écrit de façon rabelaisienne, avec d’immenses éclats de poésie, d’espoir éperdu jamais rassasié mais toujours présent. Un livre qui ne vous laisse pas indemne, mais qui ne s’oublie pas et que TapageCulture vous recommande.

    Grégoire Colard 

    « Je suis tel que vous m’avez défait » / Michel Zaccaro/ Publishroom/ 145 pages

    Sur commande en librairie/18 euros. En téléchargement /7,99 euros.

    Rien ne va plus au sein de l’église catholique, en France et dans le monde, et le monde de la culture n’hésite plus à révéler ses démons et ses déviances sexuelles. « Grâce à Dieu« , un film français de François Ozon et un livre,  » Sodoma« , de Frédéric Martel interpellent aujourd’hui la conscience du public.

    François Ozon porte bien son nom , car dans son nouveau film, il ose dénoncer, à travers une histoire touchante et émouvante,  le sujet tabou de l’homosexualité au sein du clergé. Il illustre par des images fortes les abus sexuels effectués par des prélats sur des mineurs paralysés par la honte, voire la culpabilité et marqués à vie, et dénonce l’aveuglement volontaire des plus hauts dignitaires du clergé. A l’heure où le cardinal Barbarin, qui annonce sa prochaine démissionvient d’être condamné à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation d’agressions sexuelles, et où le pape François commence à prendre officiellement position, malgré les fortes réticences de son entourage ecclésiastique, ce film participe à la prise de conscience de chacun de nous. « Grâce à Dieu » est un film courageux, qui a failli être interdit et que Tapageculture recommande à chacun, quelque soit son obédience spirituelle.

    Au même temps, l’actualité nous propose aujourd’hui  « Sodoma« , un livre, incroyable brûlot, écrit par le journaliste Frédéric Martel, publié simultanément en huit langues dans une vingtaine de pays. Après une enquête de terrain qui a duré plus de quatre années, aidé par 80 enquêteurs, l’auteur a auditionné en tête à tête plus de 1500 personnes au Vatican et dans trente pays, dont 41 cardinaux, 52 évêques et des centaines de prêtres. Ce qu’ils ont révélé aurait été indicible il y a encore quelles années, alors que la démission de Benoît XVI et la volonté de réforme du pape François contribuent enfin à libérer la parole. Ce qu’on découvre dans Sodoma, avec ses cinquante nuances de gay, dépasse l’entendement, laisse le lecteur pantois, mais contribue à un fantastique espoir : que nos fils, nos frères, nos cousins, soient enfin protégés !!!!

    Grégoire Colard 

    « Grâce à Dieu » , de François Ozon, avec Melvil Poupaud et Denis Menochet et Swann Arlaud.

    « Sodoma« , de Frédéric Martel, Editions Robert Laffont, 630 pages, 23 euros.

    Michel Drucker a aujourd’hui 76 ans et être en aussi bonne santé est pour lui une source d’inquiétude permanente. Un contresens! Une aberration!

    On le dit hypocondriaque, mais ce n’est pas le bon mot, car un hypocondriaque est un malade imaginaire. Ce qui inquiète Michel Drucker, c’est d’avoir la forme!  Il fait du vélo, on le sait, du sport à domicile , il n’a aucun symptôme de quoi que ce soit , mais pour lui, ce n’est pas normal. Il y a forcément un vice, un virus, quelque part. Alors, il lui faut consulter tous les grands spécialistes de son entourage, qui lui expliquent que, désolés, il n’a rien de rien, ce qui ne rassure pas ce patient -qui ne l’est pas!- qui retourne les voir dès qu’il le peut, toujours aussi incrédule.

    Alors, Michel se surveille, se tâte, se palpe , fait attention. Déjà , il se pèse deux fois par jour, parfois trois, suit un régime draconien, dont il publie dans cet ouvrage le menu de tous ses repas de la semaine, ne fume pas, ne boit pas , s’endort avant minuit, et se demande s’il ne va pas se faire injecter, comme le lui avait confié Claude François, un anti vieillissement à base de testicules de taureau de Roumanie!

    Sa plus grande peur a été récemment celle d’être viré de la télévision. Il n’en est pas passé loin. Lui, le fauve apparemment invincible, il en a véritablement tremblé, la sueur au front, face aux grands pontes de sa direction. Pour lui, on le mettait à mort. Alors, il a réagi, rugi publiquement, remportant finalement de nouveaux contrats. « Mon rêve, mon idéal, est de déclencher plus tard la mode « Vieille », avec par exemple non plus l’élection des Miss France, mais des Miss Centenaires! Oui, je me vois centenaire sur un plateau de télévision. Pour le moment, finalement, je suis encore beaucoup trop jeune!!!! ».

    Un livre étonnant, d’une franchise déconcertante.

    Grégoire Colard

    Michel Drucker: Il faut du temps pour rester jeune. Editions Robert Laffont/ 21,50 euros

    On peut se dire: « Encore un livre  sur Johnny!!! ». C’est vrai qu’actuellement il en sort au moins un, sinon plus, par semaine. Et trop, c’est trop. Sauf que celui-ci s’affranchit des ragots actuels et des rumeurs nauséabondes pour illustrer de façon abécédaire, à travers des textes brillants et dignes du journaliste Alain Morel et des photos de Patrick Carpentier, dont beaucoup inédites, toutes les facettes de la légende de l’artiste et du quotidien de l’homme.

    Dans ce livre très exhaustif de 160 pages, il est facile de s’y retrouver car les chapitres se retrouvent grâce aux 26 lettres de l’alphabet, suivant l’urgence de votre intérêt: A comme amours, C pour cinéma, H comme Harley, M pour motos ,T pour Tatouages, V pour voitures ou  Vegas, etc….D’autres sont plus inattendues, comme le F, qui annonce des Facéties! Oui, Johnny adorait faire des farces à son entourage, à ses amis, comme Michel Drucker qu’il appelait pour rien plusieurs fois la nuit, juste pour  lui demander s’il dormait bien!  « J’ai toujours fait mon métier sérieusement, mais après le salut final, dès qu’on me laisse oisif, je déconne « confia t’il à  Alain Morel, alors grand reporter au Parisien, qui l’a suivi durant de très longues années. Et l’on découvre que c’est surtout avec Jean-Paul Belmondo qu’il a le plus vécu comme un  fou. Celui-ci raconte: »Avec Johnny, nous avons fait les 400 coups et même les 400 cents coups de poing ! On partageait le goût du danger, et un appétit pour le plaisir assez insatiable!« .

    Beaucoup de confidences accordées à Alain Morel au fil de toutes ces années définissent mieux le séducteur que Johnny a pu être: »Je n’ai pas de type de femme, encore que, de Catherine Deneuve à Sylvie, en passant par Nathalie et, maintenant, Laeticia, il doit bien y avoir un petit côté BCBG qui m’attire fortement, avec des idées saines dans la tête, mais l’oeil disons…malicieux!« . Par contre, l’homme qu’il était a toujours été loin d’être séduit par les Guignols de l’Info, sur Canal plus, dont la poupée à son effigie mais au nez gigantesque ( qu’il a coupé un jour  avec une paire de ciseaux en direct sur le plateau! ) professait des textes débiles qui le faisaient passer pour un sombre crétin et que la France entière reprenait en riant « Ah que coucou ! ». D’autant plus que Laura, sa fille en souffrait affreusement à l’école, harcelée par les moqueries de toutes les élèves. Et ça, ce n’était pas supportable pour Johnny.

    Dans ce livre, tous les clichés sont de Patrick Carpentier, photographe de la star pendant près de quarante ans ( dont plus de 20 ans officiellement) et refont surgir un Johnny intime, avec sa famille, ses femmes de coeur, ses enfants, ses amis, ses maisons, mais aussi le show man avec ses guitares, ses musiciens, ses looks, ses fans et bien sûr sur scène, ce qui n’est pas chose aisée et même tout un art quand il faut se jouer des lumières stromboscopiques, des projecteurs, des lasers et des nuages de fumigènes ! Le résultat est là, avec plus de 300 photos, dont beaucoup jamais vues, illustrant la vie et l’âme de notre Johnny national. De A à Z !

    Grégoire Colard 

     

    Inoubliable Johnny Hallyday, de A à Z.  /Editions l’Archipel/ 18 euros

    Photos de luxe de Johnny, signées et numérotées sur www.patrickcarpentier.fr 

     

     

    Jane Birkin est une actrice et une chanteuse populaire, applaudie, vénérée, adulée. Et pourtant, on sait peu de choses sur elle. Elle a toujours préservé sa vie privée et, dans le premier tome de ses mémoires, « Munkey Diaries », qui vient de paraître, elle se met à nu beaucoup plus intensément qu’elle ne l’a fait sur grand écran ou dans les textes de ses chansons.

     

    Une autobiographie, c’est souvent un peu romancé, édulcoré. Il est difficile de tout mettre sur papier de ses failles, de ses faiblesses, de ses ratés. On préfère célébrer ses propres qualités et ses plus grandes réussites. Jane Birkin, qui a toute sa vie tenu la nuit un journal intime, livre aujourd’hui, non sans audace, une sorte de bilan détaillé de son parcours de jeune fille, de femme et de mère de famille. Avec ses doutes, ses maladresses, ses bonheurs aussi, bien sûr, mais le tout avec cette impression continuelle de ne pas être à la hauteur. Pas professionnellement, avec plus de 90 films tournés en cinquante ans de carrière, et une vingtaine d’albums, même si son succès populaire ne laisse pas aujourd’hui encore de l’étonner, mais personnellement.

     

    Jane Birkin et John Barry 

    Dans ce premier tome, après avoir relaté sa merveilleuse enfance dans son Angleterre natale, elle revient notamment sur son premier mariage, à moins de 20 ans, avec le déjà célébrissime compositeur de films John Barry. Elle est alors encore innocente, follement amoureuse, et sent vite coupable, terriblement coupable, que son mari n’honore son corps que très rarement. Elle pleure. Elle tombe quand même enceinte, met au monde Kate, mais son mariage n’a d’autre solution qu’elle ne le dissolve au bout de deux ans. Jane, le bébé sous le bras, déprimée, alors que pourtant devenue célèbre Outre Manche après sa participation au film d’Antonioni, « Blow Up« , primé Palme d’Or à Cannes, se réfugie en France d’où des propositions de travail lui sont parvenues.

     

    Jane Birkin et Serge Gainsbourg.

    A Paris, un casting, notamment, l’attend, pour un film,  » Slogan« , où elle doit donner la réplique en français, qu’elle ne parle pas, à un acteur qu’elle ne connaît pas, un certain Serge Gainsbourg , qui se montre particulièrement désagréable avec elle. Elle perd ses moyens, bredouille, éclate en sanglots, mais est finalement engagée! Horripilé, Gainsbourg lui tourne le dos! On connaît la suite, mais ce que Jane Birkin livre aujourd’hui, c’est donc le quotidien de cette une union folle et passionnée qui a duré douze ans. Et on comprend qu’au fil du temps, la jeune femme, au départ soumise, dépendante, parfois maltraitée, au point de tenter de se jeter un soir dans la Seine, a su peu à peu prendre le pouvoir sur cet homme particulier, génial certes, mais compliqué, presque invivable, en l’aidant à dominer au mieux ses démons, à croire en lui-même et à accomplir son oeuvre géniale. Elle lui donne une fille, Charlotte, qui le fait fondre d’amour et devient l’intendante de sa vie, le débarrassant de toutes les contingences quotidiennes, et quand elle l’a finalement quitté  pour un autre homme, le réalisateur  de films, Jacques Doillon, qui a dû patienter de longs mois, cela a été pour finir sa mue, sortir de sa propre chrysalide et devenir enfin une femme à part entière. Seule responsable de sa propre vie. Tout en restant l’amie et la confidente de Serge, qu’elle a continué à défendre de lui-même.

     

    Jane Birkin et Jacques Doillon 

    Dans « Munkey Diaries« , Jane est terriblement émouvante et passionnante. On connaissait très bien l’artiste, pas la femme, et pas ses désirs les plus tendres. Elle glisse entre les pages quelques poèmes personnels et beaucoup de dessins faits au crayon de sa vie familiale. Si la vie et les hommes ne l’ont pas toujours ménagée, elle ne paraît plus leur en vouloir. Sauf, et c’est une révélation, vis à vis de Claude François, qui l’aurait plus qu’atteinte et rabaissée en lui faisant une proposition indigne, ce qu’elle précise avec la seule rage présente dans cet ouvrage que TapageCulture recommande vivement. En attendant le second tome, à paraître en 2019.

     

     

    Grégoire Colard 

     

     

    Jane Birkin/ Munkey Diaries/ Editions Fayard/ 351 pages/ 22, 50 euros.

     

     

     

     

     

    Dans son livre « Tu t’appelais Maria Schneider« , sa cousine germaine, Vanessa Schneider, offre un regard affectueux mais sans retouche sur la vie tumultueuse et explosive de celle qu’elle considérait comme sa soeur, jamais remise de son viol par Marlon Brando dans le film mythique « Le dernier tango à Paris ».

     

     

    Le « Dernier tango à Paris », tourné par le cinéaste Bernardo Bertolucci, avec Marlon Brando, 47 ans, et Maria Schneider, 19 ans, est sorti en France en décembre 1972 et ensuite pratiquement dans le monde entier, sauf là où il a été interdit, déchaînant tous les désirs et tous les scandales. Un déchaînement  qui aurait dû porter aux nues la toute jeune actrice qui n’avait jusque là interprété grâce à Alain Delon qu’un tout petit rôle dans « Madly« . Elle a certes été consacrée star du jour au lendemain, mais surtout elle est devenue celle que les gens insultaient dans la rue, lui crachaient au visage, et même la giflaient quand ils le pouvaient, sans oublier, en ville, les rires stridents quand, à table, un convive demandait narquoisement à sa voisine « Passe moi le beurre« !  Et jusque dans les écoles où les garçons lançaient cette phrase aux petites filles ! Une horreur qui la marquera et lui fera perdre ses repères pour toujours. Pourquoi tant de déchaînements?  A cause de cette fameuse scène où Marlon Brando l’écrase par terre et la viole, s’aidant effectivement d’une motte de beurre.

     

     

    Et pourtant, ce viol n’a jamais existé en vrai, seulement simulé pour les caméras, mais il en a été un quand même, dans la mesure où cette scène n’existait pas dans le scénario qu’avait lu Maria Schneider, mais que les deux hommes, Bernardo Bertolluci et Marlon Brando, se concertant secrètement, avaient prévu de lui imposer sans qu’elle puisse la refuser, et lui affirmant faussement ensuite que les images en seraient détruites. Ne les croyant plus, folle de rage, humiliée, Maria avait alors tout cassé sur le plateau. Elle ne leur a jamais pardonné et n’a plus jamais fait confiance ensuite à même de très grands réalisateurs, qui l’ont engagée, le plus souvent pour des rôles dénudés, forcément, comme Vadim, Antonioni, René Clément, Jacques Rivette, Comencini, Enki Bilal, Zefirelli , Bertrand Blier et d’autres, ni à aucun homme. Ni en personne. Jusqu’à la fin de sa vie, en 2011, à l’âge de 59 ans, Maria a dû porter cette image sexuelle comme un tatouage, au point d’errer dans les méandres de la drogue et de l’alcool, dénigrant cette gloire internationale que « Le dernier tango à Paris « , devenu cultissimene cessait de coller à sa peau à travers les décennies. A son décès, une autre star autrefois sulfureuse, Brigitte Bardot, qui l’avait hébergée chez elle avec une certaine compréhension après son burn out à la sortie du « …Tango« , a écrit un message qu’Alain Delon a lu sur la tombe, et Bernardo Bertolucci a fait part publiquement de ses excuses. Enfin! Mais trop tard…

     

    Vanessa Schneider a posé une plume affectueuse sur la mémoire de sa cousine dans un livre qui décrit enfin la vraie Maria Schneider, star mondiale du sexe malgré elle, éternellement à la recherche de l’affirmation de son vrai Moi.

     

    Grégoire Colard 

     

    Vanessa Schneider: Tu t’appelais Maria Schneider 

    Editions Grasset/ 250 pages/ 19 euros

     

     

    Anny Duperey entame avec émotion une nouvelle carrière, celle de photographe, comme l’était son père, dont elle ose enfin exposer avec fierté des clichés enfouis dans un tiroir depuis sa disparition, en 1955 !

     

    Du 14 juillet au 19 août, à Saint Hilaire-Lac, en Corrèze, se tiendra une double exposition de photos, l’une dans l’église, avec celles de Lucien Legras, le papa d’Anny, et dans le Carré du Fournil, un bâtiment tout juste restauré, les prises de vues de la belle comédienne.

    Brume/ photo Anny Duperey 

    « A la mort soudaine et dramatique de mes parents alors que je n’avais que huit ans et dont j’ai parlé dans mon livre « Le voile noir », j’ai été comme frappée d’amnésie, avec aucun souvenir de ma petite enfance ni d’eux. On m’a dit qu’ils étaient photographes, et, quand j’ai commencé au cours de ma vie à m’intéresser à la photo, apprendre à développer en chambre noire, à cadrer et à faire des tirages, j’ai pris cela comme juste un hobby personnel. Je n’avais aucune idée des oeuvres de mon père. Ni de son visage. C’était un inconnu, pour moi… Il a fallu des années pour je découvre ses traits sur papier glacé, et avec moi ».  

    LUCIEN LEGRAS ET ANNY DUPEREY 

    En effet, chez elle, dans un tiroir qu’elle n’osait jamais ouvrir, dormaient des classeurs dont elle savait bien qu’ils renfermaient la mémoire et l’âme de ses géniteurs. Mais, de la même façon qu’elle n’a jamais pu aller sur leur tombe, elle a laissé les années s’écouler, sa carrière de comédienne s’épanouir, ses amours l’entourer, ses enfants naître et grandir, l’écriture l’inspirer. La vie quoi ! Avancer !

    Ginette, la maman d’Annie Duperey, qui n’en avait aucun souvenir/Photo Lucien  Legras

    « Un soir, pourtant, avec ma soeur, nous avons ouvert une boîte, qui renfermaient des photos de paysages, belles, mais donc impersonnelles. Et ensuite, d’autres, des portraits que je ne pouvais pas identifier et, alors tremblantes, nous avons vite tout remis dans le tiroir. Pour des années encore. J’en parlai un  jour à un ami qui proposa de tout emporter chez lui et qui me fit part ensuite de son émerveillement, m’assurant de la qualité et de la beauté du travail de mon père. « C’est une oeuvre véritable ! ». Ainsi, peu à peu, j’ai pris la dimension de son talent et la connaissance de ce passé dont je n’avais aucune image dans ma tête, dont celle de mon père, mort à  30 ans. Et j’ai été saisie par la similitude incroyable entre certains sujets saisis par lui, comme des arbres émergeant de la brume, par exemple, et les miens ! J’avais aussi flashé sur un certain escalier en pierre. Comme lui ! Des années et des années après, sans le savoir! ». 

    Photo Lucien Legras 

    Aujourd’hui, après une carrière de comédienne récompensée par un César, 5 Molière, et deux Sept d’Or, un chemin d’écrivaine best-seller balisé de multiples prix, dont celui de l’Académie Française, pour L’admiroir,  Anny Duperey est aujourd’hui une artiste archi populaire, d’autant plus depuis 14 ans, avec la série cultissime « Une famille formidable« , dont elle tourne actuellement de nouveaux épisodes. Femme discrète, protégeant le plus possible sa vie privée et ses intimes, elle est aussi connue pour être généreuse de son temps, soutenant sans faillir des associations comme, entre autres, « Sos Papa« ,  » Sos Villages d’Enfants » et… »Les amis de Saint Hilaire-Lac », et élevant publiquement sa voix contre certains maux de la société, comme la violence conjugaleMais, cet été, ce sont des portraits et aussi une part de sa mémoire enfin reconstituée qu’elle va exposer, à côté des clichés pris par son père, dévoilant non sans émotion la liaison artistique et héréditaire entre leurs propres inspirations. Comme un air de famille. Une famille…formidable !

    « Isabelle Adjani, 18 ans et un gros rhume des foins » / Photo Anny Duperey

     

    Grégoire Colard 

     

    Exposition du 14 juillet au 19 août. De 14 à 19 heures.

    Eglise et Carré du Fournil/ Saint Hilaire-Lac/Corrèze.