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Son autobiographie

Après le film biopic Rocket Man, qui connaît un succès planétaire, voici l’autobiographie qui prouve la sincérité du regard d’Elton John sur lui-même, sans filtre! Un livre qui émeut et fait rire !

En 1972

Peu importe les légendes qui circulent sur lui. Elton John balaie tout de sa plume d’auteur pour se raconter comme il ne l’a jamais fait, avec une sincérité époustouflante. De fait, on découvre l’homme qui se cache derrière le guignol, avec ses complexes sur son physique, ses doutes sur sa sexualité, ses addictions diverses, ses rapports passionnels avec sa mère au caractère incandescent, ses problèmes de santé, son bonheur d’être marié et père et la raison récente de faire actuellement une longue tournée mondiale d’adieux à la scène.

Avec la Reine Elisabeth

Né en 1947 dans une famille prolétaire, Reginald Dwight, est certes devenu aujourd’hui Sir Elton Hercules John, ayant été anobli par la Reine d’Angleterre, mais à 72 ans, ce désormais Chevalier de l’Empire Britannique n’a rien oublié de toutes les étapes de sa vie, qu’il décrit avec un humour ravageur, irrésistible même, avec les échecs, les doutes, les rencontres essentielles, les ravages et les bonheurs de la célébrité, et même l’étonnement permanent de se demander ce qui est arrivé encore et encore au petit garçon qui ne s’aimait pas ! Il dépeint aussi parfaitement bien son lien d’amitié platonique avec celui qui a toujours été le complice d’écriture de tous ses succès, à savoir Bernie Taupin.

Elton John et Bernie Taupin

Aujourd’hui, Elton John, s’il a décidé de quitter la scène, a toutefois le dessein d’écrire des comédies musicales, des musiques de films, d’ enregistrer de nouveaux albums, peut-être avec d’autres artistes. Ce livre de toute une vie n’est pas une fin, mais un coup d’oeil en arrière avant de regarder vers d’autres horizons… A bientôt, Sir !

Grégoire Colard

Moi, Elton John/ Albin Michel/ 425 pages/ 22,90 euros

Attachée de presse, Yanou Collart a su faire briller les carrières de très nombreuses personnalités du monde artistique et de la gastronomie. Et elle a follement partagé une passion secrète avec Lino Ventura. Elle raconte…

Eddie Barclay, Sylvie Vartan, Yanou Collart, Johnny Hallyday.




Le métier d’attaché de presse est ingrat, dans la mesure où il s’agit d’être, dans l’ombre, au service de stars afin d’attirer toute la lumière sur elles, de mettre leur travail et leur image en valeur auprès des médias et du public. Il faut forcer les portes, avoir du bagout, insister, trouver des arguments convaincants, organiser des premières, des fêtes, des soirées , des dîners, des voyages, et savoir aussi refuser des propositions médiatiques jugées pas assez brillantes pour leurs clients. Yanou Collart décrit parfaitement son parcours de vie, aux côtés de Paul Mc Cartney, Jerry Lewis, Jeanne Moreau, Johnny Hallyday et de dizaines et dizaines d’autres, mais aussi de grands chefs comme Paul Bocuse, Guy Savoy, Roger Vergé, Gaston Lenôtre, etc… Un tourbillon qu’elle a su maîtriser, même si son coeur n’a battu que pour un seul homme, Lino Ventura.

Un coup de foudre suivi par dix ans d’une passion compliquée par le secret qu’exige Lino, voulant préserver sa propre famille. Pas ou peu de photos, des rendez vous, des week ends, des voyages tenus au silence médiatique. Tout le métier est au courant mais chacun se tait car Yanou Collart, dont le travail consiste habituellement à faire parler les journalistes, réussit ce tour de force de leur clore le bec ! Ce livre sincère est donc celui d’une femme, qui a toujours mis tout son coeur au service des autres, mais qui ne l’a finalement véritablement consacré qu’à un seul.

Grégoire Colard

Les étoiles de ma vie/ Editions l’Archipel/ 20 £

Au 75 rue des Martyrs, à Montmartre, n’hésitez pas à pousser la porte du cabaret Madame Arthur, dont la troupe de travestis vient d’enchanter le Festival Off d’Avignon.

C’est en effet dans la salle magnifique et rococo du Délirium, en Avignon, que des foules de spectateurs se sont régalés et ont « déliré » chaque soir pendant deux heures devant la prestation artistique d’une troupe ébouriffante de talent, celle de « Madame Arthur« , ce cabaret parisien ouvert à Montmartre en 1946. Cet endroit de fête décalée, mais visible pour tous, a toujours fait sensation, et encore aujourd’hui, car les artistes chanteurs et musiciens sont tous des hommes déguisés en femmes, fardés de façon excessive avec des faux cils vertigineux , des perruques multicolores et des faux diamants. Ils interprètent en direct des chansons anciennes ou actuelles, de façon comique troupier, accompagnés par Charly Voodoo, pianiste virtuose, et par L’oiseau Joli, un accordéoniste au torse nu très musclé, portant virilement un kilt écossais ou une jupe en tulle de plusieurs mètres de circonférence, avec toujours un seul oeil orné de plumes bigarrées!

L’oiseau joli

Evidemment, on explose de rire devant les improbables facéties de tous ces artistes, au nombre d’une vingtaine se renouvelant suivant les soirs, portant des noms évocateurs comme Patachtouille, La Vénus de 1000 Hommes, Brenda Mour ou Gorge Profane ! Ils rendent régulièrement des soirées hommages à de grands noms comme Véronique Sanson, Michel Berger, France Gall, Barbara, Queen, Madonna, Bashung, Mylène Farmer et même Gainsbourg qui fut un temps pianiste du lieu, dans les années 50 ( et qui écrivit plus tard « Love on the beat« , ricanant sous cape de son jeu de mots !). Les prochaines soirées spéciales seront du 28 au 31 août, autour de Starmania. Cela va être chaud ! N’hésitez pas à réserver ! Vous serez chaleureusement reçus par Fanta Touré, la programmatrice artistique de cette salle bonbonnière. Une vraie femme ! Et qu’on n’oublie pas !!!

Fanta Touré

Grégoire Colard

Madame Arthur , 75 rue des Martyrs, Paris 75018

Réservations: divandumonde.com

Le groupe BTS

Les 7 et 8 juin , le Stade de France accueillera sur son immense scène le show du groupe sud-coréen BTS, digne représentant de cette vague musicale, la K-pop, ( korean pop), partie de Séoul, qui submerge les ados du monde entier et aujourd’hui de France. Un véritable tsunami!

Loin du rap et de la musique urbaine dans lesquels baignent actuellement nos chanteurs les plus successful, ce sont des ados sud-coréens qui déferlent chez nous pour déchaîner nos enfants pré-pubères! Préparez vos économies: le groupe BTS, qui sera à guichets fermés à Paris cette semaine a vu au marché noir le prix des places s’envoler à 4.500 euros! On a du mal à y croire! Les BlackPink (quatre jeunes filles) avaient déjà fait un ravage au Zénith de Paris en mai dernier, et l’annonce de la venue en octobre d’un autre kid’s band, G O T 7, chatouille déjà l’enthousiasme de nos plus jeunes.

Les BTS

Les BTS comptent 4 milliards de vues et sont inscrits au Guiness des records sur Twitter et leur tout nouveau titre « Boy with luv » a été visionné 78 millions de fois en 24 heures! Leur troisième album « Love Yourself: Answer » a été classé 1er au Billboard américain ! Ils ont même pris la parole en septembre à ONU! Leur style? Sucré, pop , très « yéyé »‘ des années 60, formaté à mort, adapté aux tracas quotidiens des ados: l’acné juvénile, les flirts, etc… mais qui prône aussi l’estime de soi et l’amour des autres. Ils sont d’ailleurs affiliés à l’Unicef. Ces jeunes, que ce soient des groupes de filles ou de garçons, sont recrutés vers 15 ans, et doivent être parfaitement beaux, androgynes, habillés flashy. Engagés par un « slave contract » ( contrat d’esclave) de 7 ans, ils doivent rembourser intégralement l’argent engagé en cas de non-renouvellement ! L’alcool, la drogue et le sexe sont formellement interdits ! Une ambiance tellement militaire que ces jeunes artistes appellent leurs fans une…armée ( « army »). Ce n’est pas étonnant que le dictateur de la Corée du Nord, Kim Jung-Un les apprécie, paraît -il, au point qu’il a autorisé dans son propre pays la formation d’un girl’sband , le Moranbond Band, où toutes les filles sont des …militaires !

Le groupe nord-coréen Moranbong Band

Grégoire Colard

On a tous en nous un titre de Christophe: Aline, Les Marionnettes, Paradis Perdus, Succès Fou, Señorita et, bien sûr, Les Mots Bleus. Il les réinvente aujourd’hui dans un nouvel album à travers des duos inattendus et très inspirés.

Né en 1945, Christophe a toujours été un jeune homme à part et il l’est resté, influencé par les vies et le talent d‘ Elvis Presley et de James Dean, impressionné par l’inspiration de Lou Reed et de Pink Floyd. Les Ferrari, les Lamborghini, vivre la nuit, dormir le jour, les excès, les succès, Christophe a tout connu, se protégeant du soleil et et de l’éclat éblouissant de la gloire. Sa passion: rester chez lui, torturer et caresser des sons, créer des atmosphères, chercher, créer, et, cette fois ci, reprendre ses grands succès avec la complicité d’autres interprètes.  » J’ai toujours eu horreur des duos et là, j’en ai eu envie! J’aime me surprendre moi-même !« 

Et, du coup, ce n’est pas un album de duos qu’il sort, mais deux, dont l’un ces jours-ci , « Christophe etc.. », et l’autre en septembre prochain! Quelle énergie pour un oiseau de nuit! Dans l’opus que l’on peut déjà découvrir, il s’est acoquiné avec le rappeur Nusty, avec les punks de Panik LTDC, mais aussi avec son vieux pote Eddy Mitchell, et d’autres, comme Raphaël, Sébastien Tellier, Etienne Daho, Camille, la chanteuse libanaise Yasmine Hamdan. Un choix éclectique, le tout pour revisiter ses tubes avec de nouvelles atmosphères musicales et des voix aux couleurs complètement différentes. A découvrir absolument!

Grégoire Colard

Starmania, créé en avril 1979 au Palais des Congrès de Paris aurait 40 ans cette année! Fabienne Thibeault a été au coeur de ce lancement triomphal dont elle a été un élément essentiel et porteur, et raconte dans un livre émouvant et intéressant les dessous compliqués de cette oeuvre à laquelle personne ne croyait et qui a fait le tour du monde ! (suite…)

Raphael Mezrahi est un clown triste. La tristesse, c’est son truc. Alors, il en a fait le bitume de sa route artistique. Au point même d’organiser depuis six ans « La nuit de la Déprime », devenue un must pour les célébrités qui se ruent pour y participer et pour le public qui s’y agglutine.

Cette 6eme Nuit a été la plus réussie, produite dans un Casino de Paris archi bondé où des hôtesses et des hôtes accueillaient chaque spectateur en le prenant dans leurs bras pour lui faire un hug, « Oh, ce n’est pas grave, cela va bien se passer ! », lui glissant même quelques mouchoirs en papier ! Le ton était donné…Quand le spectacle commence, présenté par un Mezrahi qui a l’air de se demander ce qu’il fait sur scène, cherchant apparemment ses mots:  » Ah vous êtes là? Voilà…  Ben moi aussi. Voilà … Bon, et ben on va y aller…Voilà!.. », c’est parti , on rit de son pseudo amateurisme et on l’adore, comme toujours depuis ses cultissimes vraies-fausses interviews de stars qui ont fait sa gloire. Cela commence par  la projection d’un court dialogue, forcément sans intérêt, entre lui et un Patrick Bruel comme on ne l’a jamais vu, défait, abattu, les yeux tristes. Et la salle est morte de rire.

 

S’ensuivent près de trois heures de spectacle où défilent sur scène nombre de chanteurs interprétant des titres plutôt lugubres, comme Nicoletta, Chimène Badi, Jean Luc Lahaye, Nolwenn Leroy, avec des moments de très haute voltige avec Christophe, Natalie Dessay et surtout Richard Cocciante, qui ne s’était pas produit en France depuis quinze ans, trop occupé à superviser la carrière mondiale, en toutes les langues, de « Notre Dame de Paris ».

 

Si le public est aussi enchanté de cette « Nuit de la Déprime », c’est pour son côté différent, son ton original mais aussi pour l’humour décalé non seulement de Raphaël Mezrahi, mais de chacun des intervenants qui se prêtent au jeu, sans oublier celui de Laurent Baffie qui fait monter sa maman adorée sur scène pour l’insulter copieusement! Enfin, il y a le talent mondialement reconnu du trompettiste Ibrahim Maalouf, parrain de la soirée, qui intervient régulièrement avec son instrument, soit en solo ou en complément de l’orchestre mené par Jean-Félix Lalanne.  Un enchantement. Ne ratez pas la prochaine « Nuit de la déprime« , dans un an!

 

 

Grégoire Colard 

 

Diffusion de « La 6 ème nuit de la déprime  » sur C8 en mars 2019.

Il y a des jours comme ça où vous allez sans grand enthousiasme à un concert où se produisent plusieurs artistes ou groupes encore inconnus, et là, le choc ! C’est ce qui est arrivé pour Tapage Culture, invité au O’Sullivan de la Place Pigalle, où le groupe Flavie et les Garçons, en quelques sept ou huit titres en français et en anglais a déchaîné un public qui ne le connaissait pas. Une vraie révélation, à suivre de près ! Nous avons rencontré la chanteuse…

Flavie et deux de ses trois Garçons sur la scène du O’Sullivan

« Flavie, on vous découvre sur scène, mais qui êtes vous ?

Flavie:  Je suis quelqu’un de passionné par la musique. J’ai dix-neuf ans, et je chante depuis ma plus tendre enfance. Je pense musique, je respire musique, et même si je poursuis des études de droit pour rassurer mes parents et leur faire plaisir, je ne me vois pas faire autre chose que de la musique ! Cela dit, le droit ne me sera pas peut-être pas inutile dans ce métier où j’aurai, on ne sait jamais, à discuter de milliers de contrats (rire)! On peut toujours rêver!

-D’où vient cette passion ?

Flavie: Toute petite, j’ai eu à subir le divorce de mes parents, la maladie de ma tante et c’est à travers les chansons de Christophe Maé que j’adorais, que j’arrivais à extérioriser mon mal être, en changeant souvent les paroles de ses textes, pour  y inclure mes mots à moi! Serge Gainsbourg aussi m’a influencée, surtout quand il affirmé un jour  » Je dérange, mais je le sais « .  J’ai compris que j’étais une petite fille qui dérangeait aussi, mais cela m’a déterminée jusqu’à maintenant . Je sais où je vais. 

-Et où allez vous ?

Flavie : Je vais à la rencontre du public, je veux faire de la scène, encore et encore, avec mes trois Garçons, des musiciens que je connais depuis plusieurs années. Je me suis produite à 13 ans pour la première fois en public à la Fête de la Musique. A 15 ans, j’ai commencé à enregistrer des titres avec eux, et aujourd’hui nous avons un premier CD. 

Vous écrivez vos textes et vous composez?

Flavie: Pour le moment, je ne joue d’aucun instrument, mais quand j’écris mes textes dont certains avec Alain Morel, écrivain et journaliste,  j’ai déjà une idée de ce que ce pourraient être le rythme, en général pop rock,  et le style de la future chanson. Ce que je dis dans mes titres, c’est souvent assez personnel, car j’ai subi des troubles émotionnels et physiques durant mon adolescence, à cause des émois familiaux, donc, mais aussi à la suite de harcèlement sexuels et d’une tentative de viol. Aujourd’hui, je suis devenue forte, sensible au mouvement Me Too , et ma dernière chanson « Ne me touche pas « , avec le clip qui vient d’être réalisé et qui est sur U Tube, est le reflet  de ma détermination à m’affirmer en tant que femme, chanteuse et en tant que personne solidaire, à l’écoute des autres.

Pour vous, la chanson est une arme ?

Flavie:  Grâce à elle, je me solidifie pour combattre. Là, je reviens de Mongolie où j’ai pratiqué un voyage équitable en traversant la steppe, en parlant et chantant avec les gens, en partageant leur quotidien. L’été prochain, j’irai à Madagascar pour aider des enfants à travers une association, « Nosy Komba ». Je suis très sensible à l’actualité du monde, qui me révolte et me met dans une rage folle. La chanson est un vecteur pour aller à la rencontre des autres et, si possible, les aider.   

Quels sont vos modèles artistiques?

Flavie: Ce sont presque toujours des femmes fortes (rire)! Comme Lady Gaga, Adèle. Et même Amy Winehouse.  Chez les garçons, Stromae. 

 

Physiquement, vous ressemblez à Lady Gaga dans A star is Born !

Flavie: Ah oui? Je prends cela comme un compliment! Merci! Le moins que l’on puisse  dire, c’est que c’est quelqu’un qui ose ! Sa carrière de chanteuse, et maintenant de comédienne, est hallucinante. Elle peut m’inspirer, en toute modestie, mais ce qui est sûr, c’est que je suis quelqu’un de déterminé! Je vis et j’irai en tous cas au bout de moi-même. Et vers les autres. Et vers l’amour. C’est déjà ça! Non? 

 

 

Grégoire Colard

 

Flavie et les Garçons, en concert le 12 janvier au Flow/ 4 Port des Invalides Paris 7eme/ 01 44 05 39 50

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

On peut se dire: « Encore un livre  sur Johnny!!! ». C’est vrai qu’actuellement il en sort au moins un, sinon plus, par semaine. Et trop, c’est trop. Sauf que celui-ci s’affranchit des ragots actuels et des rumeurs nauséabondes pour illustrer de façon abécédaire, à travers des textes brillants et dignes du journaliste Alain Morel et des photos de Patrick Carpentier, dont beaucoup inédites, toutes les facettes de la légende de l’artiste et du quotidien de l’homme.

Dans ce livre très exhaustif de 160 pages, il est facile de s’y retrouver car les chapitres se retrouvent grâce aux 26 lettres de l’alphabet, suivant l’urgence de votre intérêt: A comme amours, C pour cinéma, H comme Harley, M pour motos ,T pour Tatouages, V pour voitures ou  Vegas, etc….D’autres sont plus inattendues, comme le F, qui annonce des Facéties! Oui, Johnny adorait faire des farces à son entourage, à ses amis, comme Michel Drucker qu’il appelait pour rien plusieurs fois la nuit, juste pour  lui demander s’il dormait bien!  « J’ai toujours fait mon métier sérieusement, mais après le salut final, dès qu’on me laisse oisif, je déconne « confia t’il à  Alain Morel, alors grand reporter au Parisien, qui l’a suivi durant de très longues années. Et l’on découvre que c’est surtout avec Jean-Paul Belmondo qu’il a le plus vécu comme un  fou. Celui-ci raconte: »Avec Johnny, nous avons fait les 400 coups et même les 400 cents coups de poing ! On partageait le goût du danger, et un appétit pour le plaisir assez insatiable!« .

Beaucoup de confidences accordées à Alain Morel au fil de toutes ces années définissent mieux le séducteur que Johnny a pu être: »Je n’ai pas de type de femme, encore que, de Catherine Deneuve à Sylvie, en passant par Nathalie et, maintenant, Laeticia, il doit bien y avoir un petit côté BCBG qui m’attire fortement, avec des idées saines dans la tête, mais l’oeil disons…malicieux!« . Par contre, l’homme qu’il était a toujours été loin d’être séduit par les Guignols de l’Info, sur Canal plus, dont la poupée à son effigie mais au nez gigantesque ( qu’il a coupé un jour  avec une paire de ciseaux en direct sur le plateau! ) professait des textes débiles qui le faisaient passer pour un sombre crétin et que la France entière reprenait en riant « Ah que coucou ! ». D’autant plus que Laura, sa fille en souffrait affreusement à l’école, harcelée par les moqueries de toutes les élèves. Et ça, ce n’était pas supportable pour Johnny.

Dans ce livre, tous les clichés sont de Patrick Carpentier, photographe de la star pendant près de quarante ans ( dont plus de 20 ans officiellement) et refont surgir un Johnny intime, avec sa famille, ses femmes de coeur, ses enfants, ses amis, ses maisons, mais aussi le show man avec ses guitares, ses musiciens, ses looks, ses fans et bien sûr sur scène, ce qui n’est pas chose aisée et même tout un art quand il faut se jouer des lumières stromboscopiques, des projecteurs, des lasers et des nuages de fumigènes ! Le résultat est là, avec plus de 300 photos, dont beaucoup jamais vues, illustrant la vie et l’âme de notre Johnny national. De A à Z !

Grégoire Colard 

 

Inoubliable Johnny Hallyday, de A à Z.  /Editions l’Archipel/ 18 euros

Photos de luxe de Johnny, signées et numérotées sur www.patrickcarpentier.fr 

 

 

Charleville-Mezières serait-elle  la cité couveuse d’insubordonnés ? Arthur Rimbaud y est né, comme Jérémy Ferrari, et chacun d’eux a quitté à dix-sept ans sa ville natale, le premier pour mettre le feu à la poésie traditionnelle qu’il trouvait trop ampoulée, le second à l’humour actuel qu’il juge sage et formaté.

En effet, à 33 ans, Jérémy Ferrari, sur scène, n’a peur de rien ! Devant les milliers de spectateurs qui remplissent tous les Zénith de France, et aussi de très grandes salles en Belgique, en Suisse, au Québec et même récemment aux Etats Unis, il balance son humour ravageur sur les défauts et les méfaits de notre société. Dans son dernier spectacle « Vends 2 pièces à Beyrouth« , qui été acclamé par plus de 300.000 spectateurs, le hissant aux toutes premières places des humoristes les plus populaires de France, il n’hésite pas à incarner les terroristes et les spectateurs du Bataclan et à dénoncer les dérives budgétaires de certaines associations caritatives. Ferrari est un bulldozer qui aime écraser toutes les idées reçues, et s’il le fait volontairement de façon clownesque, c’est pour mieux nous convaincre de sa lucidité.  Notre rire irrésistible est une acceptation de ce qu’il ose dire et que nous n’aurions jamais osé formuler.

Alors, Jérémy Ferrari dérange nos médias, que ce soit la télévision ou la radio. Il n’est pas blackisté, non, mais il n’est pas invité, ce qui revient au même. Ce n’est pas un bon « client »,  un béni-oui-oui ! En 2016, il s’est d’ailleurs fait remarquer sur le plateau de « On n’est pas couché », reprochant au premier ministre d’alors, Manuel Valls, la récupération politique des récents attentats. Cela n’a pas plus aux instances dirigeantes….Pourtant, Ferrari  n’est pas un anarchiste va-t-en guerre  ! C’est juste et surtout un homme qui affirme ce qui le révolte avec force et drôlerie, comme le faisaient à leur manière Guy Bedos, Desproges et Raymond Devos

Pourtant, samedi prochain, le 24 novembre prochain, la chaîne C8 va lui consacrer une soirée spéciale, en diffusant à 21h la captation de son spectacle donné au Zénith de Lille, et, à 23h30 « Emporté par fougue« , un magnifique reportage, réalisé par Thierry Colby, qui l’a suivi pendant un an à travers ses pérégrinations scéniques. Pour l’avoir vu, TapageCulture peut vous assurer que ce document est un évènement car on y découvre au quotidien un Jérémy Ferrari attachant, humain, sensible, presque timide, mais qui ne baisse jamais les yeux face à vous ou au spectacle du monde actuel…

Grégoire Colard