Tapage Culture

Ils ont la plume aérienne, le riff mordant et mélodieux. C’est une bande qui s’est choisie, un band qui s’affirme. En route vers les étoiles, c’est Hãlley.

Il y a comme ça parfois des ébauches riches de promesses, des petits matins incertains qui laissent entrevoir des beaux soirs. Encore tout jeunes, encore bien lisses, ces cinq-là ont pourtant déjà trouvé leur son et tracent leur voie sans trembler. Sûrs de rien sinon que le voyage est de toute façon plus beau que sa destination finale, on se dit, dès les premiers temps de la rencontre, que prendre le temps d’un bout de route avec eux n’est pas le perdre.

©Jean-Marie Marion
Embarqués sur la même comète, il y a Clara au chant, Baptiste à la guitare électrique, Gaël aux claviers, Jules à la batterie et Loïc à la basse. Ils se sont pour la plupart rencontrés sur les bancs de l’école, pas de la communale mais plutôt ceux de l’école Atla du côté de Pigalle, et ont su nourrir leur collectif de leurs influences individuelles. Et ça s’entend. Et c’est bon de l’entendre. Parce que sans se faire des noeuds au cerveau, sans chercher à tout prix à se démarquer, ils se sont simplement trouvés, ajoutant leurs propres couleurs, et elles sont belles, à un paysage musical qui pourtant n’en manque pas.

« Chaque chanson a un climat différent », confie Clara, « on aime la lumière, on aime les ombres. On recherche les dualités, les oppositions. On tourne beaucoup autour du rêve, du voyage et de la quête de quelque chose qu’on n’atteint pas. Nos images sont simples, peut-être un peu naïves mais accessibles. Les thèmes sont très métaphoriques, très oniriques mais en même temps, on les combine avec une énergie très rock… en fait, on raconte des histoires en faisant du rock ! »

Le fait est que lorsque Clara chante et que les garçons envoient le son, le ciel tout d’un coup s’éclaire et même s’embrase. C’est l’effet que ça fait, Hãlley.

« Plus on s’approche de la comète, plus on prend conscience de sa grandeur, de son incandescence, de sa puissance », poursuit Jules, « c’est ce qu’on essaie de transmettre. Ce qui est intéressant, je trouve, c’est l’ambivalence entre les aspects mélodieux, avec des vraies cadences d’accords assez travaillées, c’est pas juste un riff qui tourne, et parfois cette puissance notamment sur la partie rythmique basse-batterie. Ce que composent Clara et Baptiste et la partie de Gaël me fait penser à quelque chose de très cosmique. Avec Loïc à la basse et moi à la batterie on essaie d’être davantage dans l’énergie, d’apporter une sorte de puissance, plus directe, qui va équilibrer le tout ».

Et puisque c’est sur scène que tout se donne vraiment, que tout se vit enfin, Hãlley en concert se joue de la gravité, décolle et s’envoie alors au ciel. Peut-être bien même le 7é et sans passer par l’entresol.

« Derrière mes claviers, ce tableau de bord géant,  j’ai l’impression de piloter un vaisseau spatial », explique Gaël, « je ne peux pas vraiment bouger, alors je suis un peu dans ma bulle. Je suis connecté aux autres mais je me sens comme un sorcier avec ses bâtons d’encens… (rires) ». « On est dans une trans consciente générale », raconte Loïc, « même si on a beaucoup travaillé avant pour être très pros sur scène, on est tous un peu dépassés, aspirés par la musique qu’on envoie ». « Moi, je regarde Loïc bouger, il est bestial (rires), ça me donne envie de bouger aussi », témoigne Baptiste, « cette adrénaline, ça me met dans un état que je n’arrive jamais à retrouver ailleurs… et avoir Loïc et Clara à mes côtés et Jules qui tamponne derrière, toute cette énergie qu’ils dégagent, moi ça me met vraiment… sur une autre planète ». Et Clara ? « Moi, j’essaie d’éviter les coups !! (rires) J’ai de plus en plus de mal à rester statique, ce que je faisais plus avant. Maintenant quand je sors de scène, je suis vidée ! » « J’essaie d’être le plus énergique possible », ajoute Jules, « pas tout le temps non plus. Il faut suivre les dynamiques à fond mais clairement je le fais cent fois plus, je suis beaucoup plus alerte à ça, en concert que lorsque on est en répètes… en concert, tout prend une dimension multipliée ».

©Jean-Marie Marion
À fond, à bloc. Sincères, impliqués. Et connectés entre eux autant qu’avec leur public, ils avancent ainsi les cinq d’Hãlley. Jules le résume bien :

« Je ne me vois pas faire autre chose à ce point là, avec autant de temps et d’intentions, autant d’interêt… Il n’y a pas une autre chose sur terre qui me plaise à ce point là. Ce n’est pas un choix, ça m’est tombé dessus… Comment, pourquoi on tombe amoureux d’une personne plus que d’une autre ? Ça ne s’explique pas. C’est la vie. Moi je suis tombé amoureux de la musique ! Et je ne me vois pas faire autre chose ». 

Il y a des chemins de vie moins excitants. Celui de Clara, Baptiste, Gaël, Jules et Loïc nous donne comme une envie irrésistible de faire confiance à la lune et de tirer des plans sur la comète. Enfin !

O.D

Hãlley sera en concert ce samedi 28 avril à 23 heures au Bus Palladium

Avant comme après vous découvrez In Moon We Trust, leur premier double EP, Ici !!

Et parce que c’est vous et que Tapage Culture vous aime :

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