Tapage Culture

Les temps sont gris, le froid est revenu, même Johnny est parti. Et si on oubliait juste un soir le triste blues qui nous guette ? Chiche ? Alors, Youpi !

Une ouvreuse qui aurait voulu faire danseuse et qui jacte comme Arletty, une cantatrice sur la pente qui glisse et teigneuse comme un ténia, un pianiste qui yodle comme un coucou suisse, une danseuse qui confond pas de deux avec moi-toute-seule, une star une vraie, des beaux garçons mais juchés sur des talons hauts et puis une régisseuse qui veut bien faire mais qui ferait mieux de se taire… on en oublie, il y a aussi une poule, voilà l’improbable casting de la plus jubilatoire revue qu’on ait pu voir à Paris depuis longtemps. La dernière fois, certains s’en souviennent avec émotion, c’était déjà avec eux.

Et à eux toutes et tous, ils forment une bande comme on s’en souhaite tous les jours de la vie. Ils sont chanteurs, danseurs, comédiens, auteurs, compositeurs, musiciens. Ils ont tous les talents. Ils ont surtout celui de pouvoir tout se permettre sans jamais se prendre au sérieux. Ils s’amusent comme des fous, ce qui fait déjà plaisir à voir. Ils vous embarquent dans leur sillage joyeusement délirant, ce qui est encore mieux. Rien que d’y penser, on en rigole toujours.

 

Pour la plupart d’entre eux, c’est au Piano Zinc qu’ils se sont connus il y a vingt-cinq ans. Le beau nid d’anges de la rue des Blancs Manteaux au coeur du Marais, quand il battait fort. C’est ici qu’ils ont commencé à cultiver le goût de la déconne ensemble. De l’irrévérence et de l’ironie vis à vis d’à peu près tout, à commencer par eux-mêmes. En n’oubliant jamais de laisser son égo au vestiaire, pour que les talents s’additionnent encore mieux.

 

« On est comme ça », souligne Caroline Roëlands qui signe la mise en scène de la revue, tout en lui imprimant son sens aigu du « 74é degré »,   « c’est ça le secret, c’est généreux naturellement.  Si on fait une bouffe à la maison, ça va être pareil, il y a un piano et on vous fait un Youpi !. Et les trois premiers, c’était des soirées où on se voyait juste la veille chez moi tous ensemble et hop ! »  Et c’était parti! Et jusqu’au 18 décembre, à la Nouvelle Eve, c’est même reparti !

 

La bande, en chemin, ne s’est pas perdue de vue. Elle s’est même étoffée. Caroline a retenu au vol quelques beaux oiseaux croisés sur d’autres productions ainsi qu’une perle rare que sa légende précède, Nicole Croisille. Elles se sont toutes les deux rencontrées à l’opéra de Toulon il y a cinq ans lors de la création en France de Follies de Stephen Sondheim,  dont Caroline assurait la chorégraphie.

Elles se sont retrouvées ensuite pour le Casino de Paris de Nicole. Et la chorégraphe a immédiatement pensé à l’immense chanteuse lors du nouveau numéro de la revue. L’immense chanteuse, qui commença d’abord par danser à la Comédie Française et fut la meneuse de la revue des Folies Bergères à Broadway, ne cache pas son bonheur. La voir et l’entendre chanter l’inoxydable  » Fever  » de Peggy Lee va faire le vôtre.

Des plumes, des chansons et des bas résille, de la danse, de l’humour et de la poésie, on aura donc raison d’aller un prochain lundi soir retenir la nuit pour rire et s’émouvoir à la Nouvelle Eve avec la bande de Caroline Roëlands. Il y a comme ça parfois des spectacles qui vous donnent envie de dire enfin clairement, simplement les choses… Youpi !!!

 

O.D

Youpi C’est reparti !

Ourdi et mis en jambes par Caroline Roëlands

à la Nouvelle Eve

les lundi 11 et 18 décembre

 

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