Tapage Culture

Du désordre apparent naissent parfois d’étranges harmonies. Fortes et singulières, les oeuvres du plasticien François Bouriaud nous ont saisis.

Des noirs lumineux, des crépuscules solaires, des déchirures sensuelles et des assemblages organiques, ses toiles attirent l’oeil autant qu’elles captivent l’esprit. Peinture, collages, photos, papier journal, plastique fondu, vernis et acrylique, les matières et les couleurs sombres le plus souvent se superposent, s’opposent et s’enlacent dans une orgie passablement bordélique et résolument jubilatoire.

 

 

A la rigueur géométrique de l’académisme, l’artiste, c’est son parti pris, préfère les jeux du hasard et de la coïncidence. Son travail de création ne s’ancre ainsi dans aucun schéma prédéfini. Comme si seule comptait l’aventure de l’expérimentation. « Ce que j’ai en tête au départ n’est jamais la fin. Je travaille trois ou quatre toiles en même temps, ce que je peux décoller de l’une, je peux le coller sur l’autre. Mais je me rends compte que, quand je commence à calculer, ça ne marche pas. Si je construis dès le début, ça ne marche jamais. »

Presque une catharsis pour ce designer-graphiste devenu directeur artistique et passé par l’école des Arts Modernes, dont les figures que lui imposent son job lui interdisent le plaisir gratuit du vagabondage créatif. « C’est intéressant la cassure, la rupture. C’est maîtrisé mais avec des accidents. C’est de la vie. Je me mets au service de la toile qui va donner ou pas un truc, c’est un peu elle qui décide en fait. »

 

©François Bouriaud

 

Des mots parfois jaillissent de certaines des toiles de François Bouriaud, empruntés à des titres de coupures de presse, comme des slogans taggés sur un mur venant gueuler leur colère et interpeller celui qui regarde. « Ce sont des murmures, des bruits du monde mais rien n’est politique, juste la vie. C’est parfois de la  brève de comptoir, c’est parfois dramatique mais sur la toile, c’est cocasse. Et puis même si on ne lit pas, la typographie, l’écriture viennent donner un rythme au tableau. »

Et si un trait de couleur vive surgit quelque fois du clair obscur dominant, il n’est qu’anecdotique. Bouriaud a très jeune été happé par les grands maîtres hollandais et flamands, il croit dans la force du sombre qui demande de savoir regarder. « Ce qui est suggéré est plus fort que ce qui s’offre dès le premier coup d’oeil. »

En parlant de regard, son travail mérite le vôtre. Et ne vous perdez pas en chemin car l’artiste est prolixe mais l’homme finalement peu friand de se montrer. Une timidité qui n’est en rien une posture. Juste la sincérité de celui qui cherche: « J’aimerais bien faire des expositions… mais sans mes tableaux. »

O.D

 

Jusqu’au 10 novembre chez Wanda Naceri,

au Café des Arts

3 rue Proudhon

93210 la Plaine Saint-Denis

 

Et le reste du temps ici !

 

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